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Victoire historique du peuple chilien contre le capitalisme et le néo-libéralisme

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Victoire historique du peuple chilien contre le capitalisme et le néo-libéralisme

Le militant et syndicaliste Nouredine Bouderba revient dans cette contribution sur la victoire du peuple chilien qu’il qualifie d’historique. Lecture.

1- Le vote en faveur d’un changement de Constitution au Chili est arrivé largement en tête dimanche 25 octobre avec environ quatre « oui » pour cinq « votants ».

2- Selon une dépêche de l’AFP de ce jour (26 octobre 2020), « pour les partisans de l’« Apruebo » («J’approuve »), essentiellement dans l’opposition du centre et de gauche, une nouvelle Constitution lèvera un obstacle essentiel à de profondes réformes sociales dans un pays parmi les plus inégalitaires d’Amérique latine. »

Lire : Chili : des Assemblées constituantes improvisées pour le changement

3- Toujours selon cette dépêche de l’AFP (26 octobre 2020), « remplacer la Constitution héritée de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) était une des revendications des manifestations lancées à partir du 18 octobre 2019 afin de réclamer une société plus juste. La Loi fondamentale actuelle limite fortement l’action de l’État et promeut l’activité privée dans tous les secteurs, notamment l’éducation, la santé et les retraites. ».

Il faut rappeler à ce sujet que le FMI et la Banque mondiale, relayés par des thinks tanks et autres experts libéraux algériens, n’ont pas cessé de nous présenter le modèle chilien comme une réussite à imiter.

Lire : Manifestations des communautés indigènes en Colombie, au Chili et en Bolivie

4- Le vote de ce jour est l’aboutissement d’un mouvement de contestation sociale qui secoue le Chili depuis le 18 octobre 2019, le plus important depuis 1990. Une lame de fond, il est important de le rappeler, qui avait pour raison essentielle les très fortes inégalités sociales. D’ailleurs, « une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale avait été le détonateur de cette fronde sociale inédite contre le gouvernement chilien. Malgré la suspension de la mesure, le mouvement s’est amplifié, nourri par le ressentiment face à l’injustice sociale.

5- Les Chiliens n’ont pas cessé de protester contre les inégalités qui règnent dans un pays à l’économie prospère mais où l’État est selon eux défaillant dans les domaines de l’éducation, de la santé et des retraites (20 min.fr du 03/12/2019).

Lire également : Septembre 1973 : Coup d’Etat au Chili et tentative d’assassinat de la poésie

6- Après la révolte des Chiliens, le gouvernement chilien, par des mesures désespérées, a tenté, en vain, de résoudre la crise sociale sans précédent. Il décida, face à la montée galopante du chômage, de créer 100 000 emplois supplémentaires en augmentant de 9,8 % des dépenses publiques en 2020 par rapport à 2019. Le gouvernement avait déclaré, par ailleurs, travailler sur un « plan de santé universel » et notamment œuvrer à la baisse des prix des médicaments. Un plan qui devait, selon ce dernier, bénéficier aux 14,5 millions de Chiliens qui fréquentent le secteur public de la santé et aux plus de trois millions de patients du secteur privé. Ce plan prévoyait notamment de « baisser le prix des médicaments » et d’étendre les autorisations données aux cliniques privées de soigner les usagers du secteur public.

Pour ce faire, il décida que la participation de l’État dans l’achat de médicaments serait augmentée, en promettant une « baisse allant jusqu’à 60 % du prix » des traitements des maladies chroniques comme l’hypertension et le diabète. Le Chili est un des pays de la région où les médicaments coûtent le plus cher et le système de santé est une des principales préoccupations des Chiliens qui manifestent depuis octobre contre les inégalités sociales.

7- Ces plans de rattrapage sont, à eux seuls, une preuve qu’une autre politique, plus juste, était possible et qu’il suffisait de savoir chercher l’argent où il se trouve.

Mais c’était trop tard, les Chiliens avaient décidé de prendre leur destin en main en changeant la Constitution qui plombait les inégalités sociales et l’injustice.

Oui le changement de ce jour en Chili est un changement grandiose qui ne peut se limiter aux promesses floues d’une « transition démocratique » dont les Chiliens ont déjà fait l’amère expérience dans un passé non lointain.

La Constituante que le peuple chilien a, aujourd’hui, imposée n’est qu’un moyen pour édifier les instruments qui vont lui permettre de renforcer le rôle de l’État dans l’économie et sa réglementation et d’abolir les inégalités sociales, la pauvreté ainsi que les inégalités hommes-femmes qui sont la véritable finalité de leur révolution.
Et ils n’ont pas attendu ce jour pour définir cette finalité et les moyens pour y parvenir.

Synthèse : Nouredine Bouderba
Sources : Presse internationale

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