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Chaima est morte : sommes-nous encore vivants ?

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Chaima est morte : sommes-nous encore vivants ?

Le drame de la jeune Chaima kidnappée, violée et brûlée par son bourreau vient rappeler les souffrances des femmes dans une société misogyne où elles sont coupables d’être femmes.

Ce soir, je ne trouve pas le sommeil.

Je ne cesse de penser à Chaïma.
Il y a 3 ans, ce petit ange est victime d’une tentative de viol.
Chaima se rend à la Police, dépose plainte mais celle-ci n’est pas prise au sérieux.
Son futur assassin est pourtant connu des services de sécurité, repris de justice, multi-recidiviste.
Le criminel restera libre et Chaïma suspecte.
Au pays des misogynes, le violeur est légitime, la violée est présumée coupable.

Lire : Chaima a été kidnappée, violée et brûlée par son bourreau

Ce soir, je ne trouve pas le sommeil.

Il y a quelques jours, Chaïma sort de chez elle pour recharger son téléphone.
Elle croise son assassin, il la force à le suivre, il la viole, lui coupe les veines, l’égorge puis la brûle.
Chaïma sera retrouvée calcinée dans une station-essence.

Il y a 3 ans, la police classe sans suite une tentative de viol car au pays des misogynes, les Chaïma ont toujours tort.
Tort de n’avoir pas mis le Hidjab, tort d’avoir été provocante, tort d’être sortie de chez elle, tort d’avoir des formes, tort d’être belle, tort d’exister, tort d’être une Femme.
Au pays des misogynes, les violeurs ont souvent raison.

Lire : Violée, égorgée et brûlée : justice pour Chaima

Ce soir je ne trouve pas le sommeil.

Chaïma laisse une maman inconsolable dans
une société qui a la mémoire courte,
une société qui minimise le crime pour justifier le pire,
une société qui cultive l’oubli pour échapper à la honte,
une société qui refuse le reflet de son miroir pour ignorer le fléau, masquer la vérité et faire l’économie de son procès.
Une société qui trouve des excuses à l’assasin, criminalise la victime, victimise le coupable.

Lire : Algérie : halte aux violences contre les femmes !

Ce soir, je ne trouve pas le sommeil,

parce que la Police a fermé les yeux,
parce que la justice a fermé ses oreilles,
parce que la société a fermé sa bouche.
Jusqu’à quand ?

Ce soir, Chaïma est morte.
Ce soir, nous sommes tous morts.

Plus Jamais ça !

Sofiane Benyounès

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Alain
Alain
1 année plus tôt

Ce que vous avez écrit est tellement vrai et touchant. Je ne peux pas comprendre comment il est possible que la justice hésite à protéger ce qu’elle a de plus précieux ; c’est-à-dire son propre sang, ses enfants! C’en est est finie pour cette jeune femme, partie dans d’horribles souffrances, son corps bafoué, sa vie gâchée et volée par une ordure. Pourquoi? Normalement cette jeune femme aurait dû être protégé par la justice lorsqu’elle était déjà adolescente. Quelle perte et quelle tristesse. Elle est maintenant avec les anges.

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