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La Grèce et la Turquie se déchirent à nouveau après une médiation de l’OTAN

La Rédaction

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La Grèce et la Turquie se déchirent à nouveau après une médiation de l’OTAN

La Turquie a accusé hier la Grèce de refuser le dialogue et de mentir après que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré que des pourparlers négociés par l’Otan pour réduire les tensions en Méditerranée orientale ne pourraient avoir lieu que si Ankara cessait ses « menaces ».

« La Grèce a montré une fois de plus qu’elle n’était pas en faveur du dialogue », a déclaré hier 4 septembre à la presse le ministre des Affaires étrangères de Turquie, Mevlut Cavusoglu.

Jeudi soir, Athènes avait démenti être prête à participer à des discussions avec Ankara sur une désescalade en Méditerranée orientale, après un tweet du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

Selon ce dernier, la Grèce et la Turquie, membres de l’Alliance, étaient convenus « d’entamer des pourparlers techniques à l’Otan », avec pour objectif de prévenir tout nouvel incident en Méditerranée orientale, où un bateau sismique turc accompagné de navires de guerre se trouvent dans les eaux grecques depuis le 10 août.

Lire : Discussions Grèce-Turquie à l’Otan pour contenir la crise

Le gouvernement grec a averti jeudi que « la désescalade n’(aurait) lieu qu’avec le retrait immédiat de tous les navires turcs du plateau continental grec. »

Jens Stoltenberg est revenu sur ses propos vendredi en conférence de presse : « Aucun accord n’a été trouvé, mais les discussions ont commencé. »

« Le but de ces discussions est d’établir des mécanismes de désescalade militaire afin de réduire les risques d’incidents et d’accidents en Méditerranée orientale », a-t-il ajouté.

A Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, soutient que la Grèce avait accepté la proposition de pourparlers lorsque celle-ci avait été faite.

« Celui qui ment ici n’est pas le secrétaire général de l’Otan, c’est la Grèce elle-même », a-t-il déclaré à la presse.

Selon des médias grecs, Jens Stoltenberg a remis un « document d’une page » exposant ses idées aux représentants militaires des deux pays « lors d’une réunion de cinq minutes ».

« La situation est très volatile » –

A New York, à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à la résidence de l’ambassadeur grec auprès de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères grec Nikos Dendias a confirmé la réception de ce document mais a indiqué « n’avoir pas étudié » son contenu.

« La Grèce ne négocie pas avec la Turquie » et ne discutera avec ce pays qu’après le retrait des navires turcs des eaux grecques, a-t-il fait valoir.

Interrogé sur une éventuelle saisie du Conseil de sécurité de l’ONU du litige gréco-turc, Nikos Dendias est resté vague. C’est « un droit » pour tous les membres des Nations unies, y compris la Grèce, a-t-il dit, en précisant que l’actionner dépendait « des réalités à un moment donné ».

Selon des diplomates, aucun membre du Conseil de sécurité n’a exprimé à ce jour l’idée d’une saisine de l’instance de l’ONU.

Depuis le 10 août, Ankara a déployé le bateau sismique Oruç Reis et une escorte de navires de guerre turcs pour prospecter une zone riche en hydrocarbures, au large de l’île grecque de Kastellorizo et à 2 km des côtes turques.

La Turquie prospecte également dans la ZEE de la République de Chypre, pays de l’UE qu’elle ne reconnaît pas depuis la partition de l’île en 1974.

Fin août, la tension est montée d’un cran quand les deux pays ont effectué des manoeuvres militaires rivales, la Turquie avec les Etats-Unis puis avec la Russie, la Grèce avec la France, Chypre et l’Italie.

« Il y a une agressivité (turque), avec en réalité l’intention de prendre le contrôle de l’ensemble de la zone. (..). La situation est très volatile et inquiétante », a estimé dans un entretien avec l’AFP le président de Chypre, Nicos Anastasiades.

Il a appelé l’ONU et la communauté internationale à « accentuer la pression sur la Turquie », afin qu’elle « cesse ses activités illégales ».

L’Union européenne a menacé Ankara de nouvelles sanctions s’il n’y a pas de progrès dans le dialogue avec Athènes sur la crise en Méditerranée. Selon le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, des mesures pourraient être prises lors du Conseil européen des 24 et 25 septembre.

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