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Menaces de mort contre la journaliste Salima Tlemçani

La Rédaction

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Menaces de mort contre la journaliste Salima Tlemçani

La journaliste du quotidien algérien El Watan, Salima Tlemçani, fait l’objet de menaces de mort et de harcèlement après la publication par son journal d’un article sur les biens des enfants du général Ahmed Gaïd Salah. Témoignage.

Depuis la publication par le journal d’un article, sur les enfants du défunt chef de l’Etat major de l’Anp, Ahmed Gaid Salah, je suis traitée de tous les noms et sobriquets, jetée à la vindicte populaire, et même menacée de mort.

Cela me rappelle les années 90, lorsque les groupes islamistes armés diffusaient leurs « fetwas » contre ceux qui ont refusé de se plier à leur sentence : le cercueil ou l’exile. A l’époque, j’ai choisi le cercueil, étant convaincue que le rendez-vous avec la mort ne pouvait être fixé que par Dieu.

Lire : El Watan suspend le journaliste Mohand Aziri pour une publication sur Facebook

J’ai choisi le cercueil étant convaincue que le témoin que j’étais durant cette décennie de sang et de dévastation, vécue par le peuple algérien en général et les professionnels des médias en particulier, qui comptabilisait quotidiennement les nombreuses victimes du terrorisme intégriste, tombées en martyres sous les balles assassines, égorgées, décapitées et déchiquetées, doit apprivoiser la mort et l’avoir comme compagnon, en comptant sur les prières de ma défunte mère, pour m’en sortir vivante.

Mon « Hirak » à moi, n’a pas commencé un 22 février 2019

J’ai fait le choix malgré moi, de prendre un nom d’emprunt, afin de continuer à lutter pour le droit d’exister et de faire entendre les voix des familles des victimes du terrorisme. Ma carrière je l’ai faite dans le sang. Mon « Hirak » à moi, n’a pas commencé un 22 février 2019.

Lire aussi : Solidarité avec le journaliste d’El Watan Mohand Aziri : pétition

La collection d’El Watan-depuis les années 90 à ce jour-est là pour ceux qui veulent lire les enquêtes, les reportages et les articles, sur la corruption, les bavures, les atteintes aux libertés, au moment où rares sont les voix qui s’élèvent.

Mon « Hirak » à moi, n’a pas commencé un 22 février 2019. Durant les vingt ans du règne de Bouteflika, le nombre d’articles et d’enquêtes sur les pratiques maffieuses de rapine et de bradage fonds publics se comptent par centaines.

Ceux qui lisent régulièrement El Watan, doivent s’en rappeler. Ils doivent savoir que je défends toujours les mêmes principes : une Algérie républicaine et une justice indépendante. Ils sont les mêmes et le resteront quelque soient les circonstances. Je continuerais à offrir aux lecteurs une information la plus crédible possible, sans tomber dans l’insulte, la diffamation ou l’intox.

Il n’est pas de mes habitudes de répondre aux attaques haineuses de mes adversaires, qui se comptent parmi les intégristes, leurs alliés planqués à l’étranger, vivant au frais d’officines qui rêvent de faire de l’Algérie « un khalifat »

Cependant, ces post violents, diffamatoires et menaçants qui ont subitement inondé les réseaux sociaux me reprochent le contenu d’un article d’un de mes collègues relatif aux affaires des enfants du défunt vice ministre de la Défense, Ahmed Gaid Salah qui ne sont ni un secret de défense, ni une opération d’intox et encore moins, dirigée contre une quelconque institution.

Les auteurs de cette campagne malveillante vont jusqu’à publier mon identité, comme si le lecteur est plus intéressé par la personne du journaliste que par l’information qu’elle lui donne. Cette campagne s’apparente à une opération bien organisée par une armée de mouches électroniques qui, sous le sceau de la protection de la mémoire du défunt Gaid Salah, tente vainement de porter atteinte au journal d’El Watan en général et à ma signature en particulier.

Cette vile entreprise ne réussira pas à assécher mon stylo. Au nom des confrères que j’ai vu mourir, au nom des milliers de victimes du terrorisme que j’ai compté dans les morgues, au nom des algériens spoliés par les corrupteurs et ceux réduits à l’exile, au nom des citoyens lambda qui viennent frapper à la porte de mon bureau pour parler du despotisme dont ils font l’objet, au nom de toutes ces femmes privées de leurs droits et qui souffrent dans le silence, et au nom de ces innombrables lecteurs et lectrices qui m’ on exprimé leur soutien, je continuerais à être la simple journaliste, qui fait son métier, rien que son métier, en dépit de tous les snipers embusqués qui la guettent…
Salima Tlemçani

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garoui saad
garoui saad
12 jours plus tôt

Bravo madame vivelea liberté d’expression d opinion culturelle linguistique religieuse pour une Algérie état de droit de justice et démocratie laïc vive le hirak abas les assassins et voleurs de tout camp

Fadila
Fadila
10 jours plus tôt

La corruption, le terrorisme, le diktat, l’appétit féroce des richesses de ce pays ont gangrené tout le pays. Vivement la normalité, la paix, la prospérité et un État de Droits pour toutes les citoyennes Algériennes et tous les citoyens Algeriens.

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