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Tunis s’oppose à une vente aux enchères à Paris d’objets de son patrimoine

La Rédaction

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Tunis s’oppose à une vente aux enchères à Paris d’objets de son patrimoine

Tunis a annoncé ce mardi 2 juin enquêter sur la sortie du pays sans autorisation d’objets du patrimoine de l’époque beylicale, dont des manuscrits du XVIIIe et XIXe siècles, mis à la vente aux enchères à Paris.

Ces objets du patrimoine mis aux enchères à Paris « n’appartiennent à aucun musée de l’Etat » : il s’agit de « propriétés privées » appartenant aux descendants d’un dignitaire beylical, a-t-il affirmé.

Il s’agit de quelque 114 pièces d’« une grande valeur historique » qui « ont été sorties dans la deuxième quinzaine de mars 2020, sans aucune autorisation officielle et en plein confinement dans le pays », a révélé ce mardi à l’AFP, Faouzi Mahfoudh, directeur de l’Institut national du patrimoine.

Sous le titre « Collection d’un dignitaire de la Cour du beylicale », l’hôtel des ventes Drouot à Paris met en vente le 11 juin des tenues d’apparat du début du XXe, des manuscrits religieux et de poésie, des correspondances officielles du XIXe.

Ces objets sont ceux de Lahbib Djellouli (1857-1957), ancien ministre de la Plume et de la Justice du bey, le souverain tunisien, puis à son fils Ahmed, décédé en 2011, et à sa famille.

On y trouve notamment un Coran ayant appartenu à Mohamed el-Moncef Bey (1881-1948), bey de Tunis destitué en 1943 et avant-dernier représentant de la dynastie husseinite.

Il y a aussi la copie originale d’un ouvrage de référence sur cette dynastie, « Ithaf Ahl al-zaman bi Akhbar muluk Tunis wa ’Ahd el-Aman » (« Présent des hommes de notre temps. Chroniques des rois de Tunis et du pacte fondamental »), rédigé par Ahmed Ibn Abi Dhiaf, un historien et homme politique tunisien (1804-1874).

« Les autorités (françaises) doivent faire le nécessaire pour arrêter cette vente, parce que ces objets ont une valeur inestimable et font partie de l’histoire du pays », a souligné M. Mahfoudh.

Selon lui, le service tunisien de lutte contre le trafic archéologique a lancé une enquête mardi, et l’Institut national de patrimoine, qui a été alerté de cette affaire dimanche, déposera « bientôt » une plainte auprès du procureur général de Tunis.

La direction de cet institut a alerté l’ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco, Ghazi Ghrairi, la Tunisie étant dépourvue d’ambassadeur en France depuis plusieurs mois.

« Je ne céderai ces objets pour tout l’argent du monde », a confié M. Mahfoudh.

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