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Les universitaires appellent à la libération des journalistes et à l’arrêt de la censure

La Rédaction

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Tabbou, Drareni

La Coordination nationale des universitaires algériens pour le changement (CNUAC) appelle, dans le communiqué ci-dessous, à la libération des journalistes et à l’arrêt de la censure des médias.

Le droit à l’information est garanti constitutionnellement en Algérie. L’article 50 de la Constitution amendée de 2016, stipule que la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et sur les réseaux sociaux d’information est garantie et qu’elle n’est restreinte par « aucune forme de censure préalable ». Ce droit est davantage exacerbé en période de crise, comme celle que nous vivons actuellement, il doit accompagner et permettre l’exercice d’une responsabilité citoyenne. 

Lire : Liberté pour les détenus d’opinion !

Conscients de la nécessité, pour chacun et chacune, d’agir à partir d’une connaissance de la crise sanitaire que nous traversons, les enseignants-chercheurs, membres de la CNUAC, tiennent à dénoncer fermement la répression qui s’abat sur les organes de presse et les journalistes. Il s’agit surtout de l’expression de la volonté du pouvoir de maîtriser autoritairement l’information. Porter atteinte à la liberté d’expression ne peut que contribuer à exacerber la méfiance des citoyens à l’égard de l’information « autorisée ». Cela  n’est pas de nature à créer les conditions de conduite responsable nécessaire en cette période. 

Le monde entier combat la pandémie du Coronavirus en tentant de fédérer les différentes énergies dans un même élan. En Algérie, le pouvoir en place intensifie la répression, notamment contre les médias et les journalistes. En réalité, il profite des circonstances douloureuses que nous traversons pour réprimer les différentes catégories d’acteurs du Hirak : militants, journalistes. Ces agissements envoient un message clair et inquiétant à la société, qui n’est pas de nature à permettre un apaisement de la situation et qui fait peser de graves menaces sur toutes les libertés, y compris la liberté de la presse et le droit à l’information. 

A lire : CNLD : la liste des détenus d’opinion en Algérie

Ainsi, il est porté atteinte au fonctionnement de nombre d’organes de presse. Les autorités refusent aujourd’hui aux Algériennes et Algériens l’accès au libre choix en matière d’information, en muselant Maghreb Émergent et Radiom.info au sein de l’espace internet  national, et ce, sous des prétextes fallacieux visant à tromper l’opinion publique. Cette mesure a déjà touché, rappelons-le, d’autres titres, à l’exemple de Tsa en 2017, 2019 et 2020, et ce, sachant que d’autres mesures de censure ont été exercées par le passé.   

Nous avons également assisté, ces derniers mois, à une intensification, sans précédent, des arrestations et des emprisonnements de journalistes pour avoir exercé leur mission d’information. A l’instar de Khaled Drareni – directeur de Casbah Tribune, présentateur de CPP de Radio M-, de Sofiane Merrakchi – journaliste indépendant -, de Said Boudour – journaliste et militant des droits de l’Homme – de Mustapha Bendjama – rédacteur en chef du journal Le Provincial -, et la liste est encore bien longue. 

Lire : Collectif Libertés Dignité Citoyenneté : lettre ouverte au procureur général d’Alger

D’ailleurs, c’est face au musellement de la presse que le porte-parole officiel de la Présidence de la république  s’est permis d’attribuer au Hirak la propagation de l’épidémie du Codiv-19 en Algérie. Puis, dans un message laconique – pour recadrer ses propos – il s’est évertué à distinguer les Hirakistes nationalistes des Hirakistes non nationalistes face à la pandémie !  

L’accaparement autoritaire des médias télévisés étatiques et privés, l’étouffement de la presse critique, l’emprisonnement de journalistes porteurs de l’idéal du Hirak,  ne sont que la reproduction à l’identique de la politique du temps de Bouteflika. Les conditions ont changé en Algérie, comme partout, dans le monde. Le régime politique actuel ne peut plus continuer à penser gérer dans l’opacité la plus totale la société, refusant tout débat critique et libre concernant la crise sanitaire, politique et économique à laquelle est confronté notre pays. Seule une opinion informée peut être en mesure d’affronter l’épidémie actuelle. 

Lire : Graves accusations contre Hamzaoui, le juge qui a condamné Karim Tabbou !

C’est en toute conscience que les militants du Hirak, volontairement et collectivement, ont décidé de l’arrêt des marches et des manifestations. Le confinement, le respect des règles comme le couvre-feu, le port de masque etc., ne peuvent être le fait que d’une population pareillement consciente, donc informée et dotée du droit à l’exercice de la citoyenneté. C’est pourquoi, les membres de la CNUAC dénoncent fermement l’intensification de l’offensive contre la liberté d’expression par les autorités en ces temps de pandémie. Ces agissements ne font qu’attiser la colère d’un peuple qui aspire à la liberté d’expression et bafouent les obligations de l’Algérie au titre du droit international qui garantit la liberté d’expression. 

Nous réitérons notre soutien indéfectible aux journalistes persécutés et/ou emprisonnés et aux médias censurés, et appelons à la libération immédiate et sans condition, de toutes les personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et manifesté leur aspiration à une citoyenneté pleine et entière. 

Pour une Algérie libre et démocratique.  

Alger, le 14 avril 2020

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HAMANI Amar
HAMANI Amar
4 mois plus tôt

Les journalistes sont-ils au dessus de la loi ? Ou on laisse travailler la justice en exigeant des procédures transparente et un accès à la défense des plaignants ou c’est la rue qui fait office de juge, de jure et de boureau. En d’autres termes, une justice à plusieurs vitesses…..
En ce qui me concerne, je préfère une justice begayante à l’anarchie.

Izou
4 mois plus tôt

Donc, même quand il s’agit de traîtres !?…cette foutue liberté d’expression est censée être permise jusqu’au point de porter atteinte à la sécurité du pays et l’honneur de ceux au pouvoir toutes personnes confondues ? Yaou fakou !

Mellah hocine
Mellah hocine
4 mois plus tôt

La presse est un DROIT FONDAMENTALE dans une République Démocratique. Sauf si cette république est bananiere, auquel cas le droit d’expression est muselé. Des lois scélérates sont votées par un parlement croupion ,sans légitimité ni valeur intellectuelle à des fins de muselement de toute voix discordante. Vouloir traiter de harkis toutes ces voix qui ne sont pas d’accord , c’est vouloir que le seul message qui doit passer c’est celui du seul pouvoir. Mohammed Khemisti -Allah irahmou- est déjà passé par là , il a payé cash ses idées d’opposition. Il n’est pas le seul, puisque Hocine Ait Ahmed avait… Lire plus »

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