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Un McDo « réquisitionné » pour les démunis à Marseille

La Rédaction

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McDo réquisitionné

Des pâtes et des légumes à la place des hamburgers : avec la crise du coronavirus, le « McDo » marseillais de Saint-Barthélémy, épicentre d’un long conflit social et définitivement fermé depuis décembre, a été « réquisitionné » pour centraliser l’aide alimentaire à destination des plus démunis.

« Il y avait non-assistance à personnes en danger », assume Salim Grabsi, militant du syndicat des quartiers populaires de Marseille, à la base de cette initiative avec plusieurs autres collectifs citoyens.

Responsable de laboratoire au lycée Diderot et habitant de ce quartier populaire du nord de la ville, il avait suivi la lutte des salariés de ce restaurant pour sauver leurs emplois. Jusqu’à la liquidation judiciaire, le 12 décembre.

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Avec d’anciens employés, dont Kamel Guemari, le syndicaliste à la base du combat largement médiatisé des « McDo de Saint-Barth », il a eu l’idée de reconvertir momentanément le site pour aider « ceux qui meurent de faim » : « Avec le Covid, cette misère saute désormais aux yeux, expliquait-t-il vendredi, sur place, à l’AFP. Les petits boulots ont disparu, et pour eux il n’y a pas de chômage partiel ».

Par un mail, le 3 avril, il a officiellement demandé aux dirigeants de McDonald’s France l’autorisation d’utiliser ce restaurant, « pour une opération humanitaire à caractère urgente ». Sans résultat. « Pourtant même le liquidateur était d’accord », témoigne Me Blindauer, l’avocat des salariés.

« D’où cette réquisition », revendique M. Grabsi. Autour de lui, vendredi, ils sont une dizaine de bénévoles, gantés et masqués. Dans la chambre froide, les cageots s’entassent : bananes, ananas, yaourts… Dans une autre pièce, les produits secs. Sur les tables de l’ancien fast-food, des « paniers repas » sont préparés: « de quoi tenir 2-3 jours, matin, midi et soir, pour une famille de quatre », explique Julie.

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A l’extérieur, des camionnettes déchargent les dons: Emmaüs apporte une cargaison de la banque alimentaire, l’association la Caillasse livre les invendus récupérés au Marché d’intérêt national de Marseille. A l’opposé, au guichet du « drive », d’autres chargent cette marchandise pour l’amener dans les cités.

Busserine, Font Vert, Rosiers, Micocouliers : sur une affiche scotchée au mur, les noms de ces grands ensembles déshérités de Marseille. A côté, les prénoms des référents chargés de centraliser les besoins : Djamila, Farouk, Florence, Isabelle ou Kevin. Sur la 3e colonne: le nombre de colis nécessaires.

« On se débrouille par nos propres moyens », sourit l’un d’eux, Djamal, venu avec la camionnette du football club de la Busserine pour récupérer pâtes, lait ou tomates cerises. Mais aussi des oeufs en chocolat pour les enfants, week-end de Pâques oblige.

« Pas des professionnels de la misère »

« Nous ne sommes pas des professionnels de la misère, cette opération a aussi pour but d’interpeller les pouvoirs publics », insiste Salim Grabsi, regrettant que les collectivités locales aient tardé à intervenir.

Lire : Quelques leçons de la crise du coronavirus

Le maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin s’est exprimé sur les réseaux sociaux à partir du 24 mars. Un comité d’action face à l’urgence s’est réuni pour la première fois jeudi.

Depuis ce jour, la municipalité a multiplié les communiqués pour expliquer son action en terme de solidarité, avec 1 500 à 2 000 repas servis chaque jour dans des restaurants sociaux, grâce aux stocks des écoles, et 500 à 600 repas quotidiens délivrés par le Samu social. De même, une mesure d’aide financière a été annoncée pour les quelque 2 000 enfants qui bénéficiaient de la gratuité de la cantine scolaire.

Du côté de la métropole Aix-Marseille-Provence, dirigée par Martine Vassal, la candidate LR à la succession de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille, des mesures d’urgence pour les personnes en grande précarité ont également été annoncées vendredi.

5.300 paniers de fruits et légumes locaux ont ainsi été distribués dans la journée au sein des quartiers prioritaires des 16 villes du territoire. En plus de cette opération, qui sera renouvelée chaque semaine, la métropole va distribuer 50 000 euros de bons alimentaires chaque semaine, jusqu’à la fin du confinement.

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