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Retour sur l’affaire Karim Tabbou

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Le régime se venge du hirak et de Karim Tabbou

La confusion qui entoure le dossier de Karim Tabbou est la conséquence d’un acharnement judiciaire sans précédent dans l’histoire de la justice algérienne.

Karim Tabbou est poursuivi dans 2 affaires pour les mêmes chefs d’inculpation en contradiction avec le code de procédures pénales qui stipule : « Toute personne ne peut être poursuivie, jugée ou punie, deux fois, à raison des mêmes faits, même pris sous une qualification différente ». Du point de vue de la loi, il ne peut pas être poursuivi et encore moins condamné une seconde fois.

Lire : Affaire Karim Tabbou : Amnesty international interpelle Belkacem Zeghmati

Malheureusement, dans ce dossier, la constitution, la loi et les conventions internationales ratifiées par l’Algérie ont été ignorées, comme si Karim Tabbou était soumis à une loi d’exception dans laquelle tous ses droits seraient bafoués. Pour présenter les deux affaires, cela nécessite un retour en arrière.

La première affaire

Le 11 septembre 2019, Karim Tabbou est interpellé par des agents de la police politique et conduit vers le centre Antar. Pendant 48 heures, il est soumis à un interrogatoire musclé (insultes, menaces, violence…).

Lire : La justice condamne Karim Tabbou alors qu’il était à l’infirmerie pour AVC !

A l’issue de cet interrogatoire, il est présenté devant le procureur de la République qui décide de son transfert devant le juge d’instruction. Suite à cela, Karim est mis sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison de Koléa et mis en isolement total.

Le 25 septembre 209, Karim est mis en liberté conditionnelle. Le 23 mars 2020 à la demande de ses avocats, le procès dans cette affaire est renvoyé au 6 avril 2020. Le 6 avril 2020 une nouvelle fois et faisant suite à la demande de ses avocats, son procès est renvoyé au 27 avril.

La deuxième affaire

Le jeudi 26 septembre 2019, moins de 24 heures après sa mise en liberté conditionnelle dans la première affaire, Karim est une nouvelle fois arrêté par les agents de la police politique dans les mêmes conditions qui ont présidé à sa première interpellation.
Il retourne en prison toujours dans l’isolement total et inhumain.

Lire : Graves accusations contre Hamzaoui, le juge qui a condamné Karim Tabbou !

Le 04 mars 2020, Karim comparait devant le tribunal de Sidi M’Hamed. Pendant que des milliers de personnes sont rassemblées devant le tribunal pour exprimer leur soutien à Karim, des dizaines d’avocats se relaient pour démontrer que le dossier est vide et fabriqué de toutes pièces. Lors de son temps de parole, Karim affirme : « Je rejette en bloc comme dans le détail les accusations qui sont portées contre moi, car c’est l’homme politique qui est visé ». En évoquant les conditions de son arrestation, il déclare à la barre : « J’ai subi les comportements les plus odieux. On m’a agressé, insulté, humilié. Je mets au défi le ministre de la justice d’ouvrir une enquête sur les conditions de mon arrestation et de mon interrogatoire ». A 4 heures du matin, la juge lève la séance et renvoie le verdict au 11 mars.

Le 11 mars 2020, le verdict est tombé : un an de prison ferme, dont 6 mois avec sursis. Ayant déjà purgé cinq mois et demi de cette peine, Karim devait être libre le 26 mars.

Lire : Détenus du hirak : des juristes interpellent les instances internationales, dont l’ONU

Faut-il rappeler que ce jour de verdict, Karim est entré dans la salle d’audience, marchant avec difficulté et un gros pansement sur le nez. Inquiets, les avocats avaient demandé à le voir pour s’enquérir de son état de santé : Refus catégorique ! Il fallait attendre le lendemain pour apprendre qu’il a été victime d’un accident de la route lors de son transfert de la prison vers le tribunal.

Les conditions dans lesquelles s’est produit cet accident restent mystérieuses !
Le 24 mars 2020 et à 2 jours seulement de sa sortie, Karim est conduit à la cour d’Alger (Ruisseau), pour un procès en appel à la demande du procureur général d’Alger sans que ses avocats, ni sa famille n’en soient informés. Karim se retrouve seul face à son bourreau déguisé en juge. Usant de ses droits, il refuse d’être jugé sans la présence de ses avocats et demande le report de ce procès. Le juge lui dénie ce droit avec un cynisme sans borne, sous la pression Karim est pris d’un violent malais qui le fait tomber par terre, la mâchoire et les membres paralysés. Karim est évacué vers l’infirmerie du tribunal dans un état très préoccupant.

Lire : Procès de Karim Tabbou : le communiqué du Parquet général

Alertés par les réseaux sociaux, les avocats arrivent au tribunal et demandent à voir Karim pour s’enquérir de son état de santé. Le juge refuse cette demande et rejette la demande de report du procès.

Avec la même impudence et la même cruauté, le juge-bourreau prononce le verdict sans aucune plaidoirie et sans la prise de parole accordée à tout prévenu à la fin de tout procès, même aux pires criminels. Le verdict est révisé à la hausse, passant de 6 mois à un an de prison ferme. Il a été prononcé en l’absence de Karim qui se trouvait toujours à l’infirmerie dans un état préoccupant.

La justice aux ordres a programmé ce procès scandaleux dans le seul but d’empêcher Karim Tabbou de sortir de prison. Par son caractère arbitraire et inique, ce procès dans lequel tous les droits étaient systématiquement bafoués a suscité un grand émoi dans l’opinion publique nationale et internationale. De nombreuses organisations nationales et internationales condamnent avec une extrême vigueur l’acharnement judiciaire à l’encontre de Karim et exige sa libération immédiate et inconditionnelle.

C’est ainsi qu’on peut lire dans une déclaration de l’OMCT (Organisation Mondiale Contre la Torture) : « Le gouvernement algérien porte l’entière responsabilité, en vertu de la Convention des Nations Unies contre la torture, de l’intégrité physique et du bien-être psychologique de Karim Tabbou. Nous appelons à sa libération immédiate ».

L’humanité entière est confrontée à une grave crise sanitaire qui fait appel à la sagesse, et à la solidarité. Partout, les Etats prennent des mesures d’apaisement et de clémence. En Algérie, le pouvoir, dans une indifférence sournoise et inhumaine, multiplie les arrestations et les condamnations en dehors de tout cadre légal. Il a ouvert la porte à tous les abus. Le peuple et le Hirak s’en souviendront !

Abbes Hamadene

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ATHBOUYAHIA
ATHBOUYAHIA
5 mois plus tôt

Plaidoyer pour que tous les détenus politiques et d’opinions soient libérés

ATHBOUYAHIA
ATHBOUYAHIA
5 mois plus tôt

Le libérer

Dalila
Dalila
5 mois plus tôt

فرنسا و ما دير ارهابي يحوسوا يخرجوه من الحبس تهمة لو كان في فرنسا لكان غبر بصح عندنا كاين
الزواف حباب فرنسا راحوا يبكوا لأمهم في فرنسا ما يقبلوش واحد يعاير الجيش بصح في الجزائر نورمال و حقوق الانسان العالمية ما شافتش فرنسا كي طردوا الجزائريين من المستشفيات هذا شيء عادي و الحقوقيون ما كانش لي يهدر بصح فيروس الزواف اخطر من فيروس كورونا عنده الصح الامير عبد القادر كي قال مالهم الزواوة مع فرنسا نقطة الى تلسطر

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