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Du coronavirus à la « pandémie » du chômage

Samir Larabi

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Travailleurs coronavirus chômage

La pandémie du coronavirus est une crise sanitaire qui guette l’humanité entière a des conséquences immédiates sur nos économies et sur le « marché » du travail, au regard du chômage que cela va engendrer.

Coronavirus rime désormais avec chômage. A cause de cette pandémie, des millions de travailleurs ont déjà perdu ou vont perdre leurs emplois suite aux licenciements économiques et à la mise en arrêt de plusieurs unités industrielles et des services. Les salariés des PME-PMI sont les plus touchés, notamment celles liées avec des contrats de sous-traitance avec les grandes entreprises.

Lire : Quelques leçons de la crise du coronavirus

La globalisation libérale et son interdépendance aura un effet domino sur les emplois, notamment précaires. Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), « 25 millions de personnes pourraient se retrouver au chômage et prévoit une baisse du revenu des travailleurs allant jusqu’à 3 400 milliards de dollars. Cependant, il apparaît déjà clairement que ces chiffres puissent sous-estimer la force de l’impact ».

La « pandémie » du chômage touchera essentiellement le secteur de la restauration, hôtellerie et autres services, les premiers touchés sont les vendeurs, les serveurs, le personnel de cuisine, les bagagistes et les employés des services de nettoyage, des secteurs durement frappés par la propagation du coronavirus.

Lire : Le hirak, le coronavirus et l’enjeu de l’auto-organisation

Devant la précarité des relations de travail et l’absence dans la majorité des cas des indemnités de chômage, ces licenciements vont plonger des millions de famille dans la plus grande misère. La propagation rapide du coronavirus va amplifier aussi la « Pandémie » du chômage, de la misère et des inégalités sociales. Pour rappel, à travers le monde, ce sont 2 milliards de travailleurs (61,2 % de la population active mondiale) qui ont un emploi informel, donc n’ayant pas de protection adéquate, révèle l’OIT.

Les travailleurs précaires, premières victimes

Dans les pays du tiers-monde aux économies fragiles et dépendantes, la situation est plus dramatique, comme c’est le cas en Algérie. Des pays où le « marché » du travail se caractérise par la prédominance de l’emploi dans le secteur privé et par la précarité.

Lire : Coronavirus : face aux égoïsmes criminels, imposons les solidarités !

En Algérie, dont la population active est estimée à 11,048 millions de travailleurs, le secteur privé emploie 6,95 millions de travailleurs, soit 63% de l’emploi total en Algérie, selon l’Office national des statistiques (ONS). Quant au secteur public, il absorbe près de 4,09 millions de travailleurs, soit 37% de la population occupée. Une enquête précédente de l’ONS démontre que plus 35% de la population active ont un statut précaire. Des travailleurs précaires concentrés essentiellement dans le secteur du BTPH, les services, agriculture et pêche, hôtellerie, journaliers… pour ne citer que ceux-là.

Ces millions de précaires sont en ce moment sans revenus et sans épargne conséquente pour affronter les semaines ou les mois à venir en raison du confinement pour faire face à la propagation du coronavirus. Si la situation perdure, on aura des millions de personne sans ressources pris entre le marteau du coronavirus et l’enclume de la misère et du chômage.

Quant aux demandeurs d’emplois, ils peuvent attendre, car le peu de postes offerts sont bloqués, y compris dans le secteur de la santé.

Face a la « pandémie » du chômage qui risque de se généraliser et de durer dans le temps, notre gouvernement ne montre aucune volonté ou intention de prendre en charge cette nouvelle donne due à cette crise sanitaire.

Le gouvernement demeure attaché à la doxa libérale qui interdit toute dépense publique conséquente pour porter secours aux victimes de son propre système économique et des ses propres choix. Il demeure attaché à cette politique d’austérité qui a paupérisé des pans entiers de la société.

Contrairement à leurs discours hypocrites, le gouvernement et le patronat ne veulent pas mettre la main dans la poche pour venir en aide à ces millions de salariés qui risquent de plonger dans la précarité totale. Sans aide, ce sont des millions de familles qui ne pourront pas s’offrir de la nourriture et un verre de lait pour leurs enfants. L’instruction présidentielle, elle, ne prend pas en considération la situation de ces travailleurs précaires, journaliers, artisans, manœuvres, serveurs, etc.

La bureaucratie locale et l’ensemble des démembrements de l’État seront incapables de faire face à cette donne, si des mesures d’urgences ne sont pas prises rapidement.

Les travailleurs du secteur formel ne sont pas à l’abri

Depuis quelques semaines suite a l’apparition du Covid-19 en Algérie, le gouvernement a pris quelques mesures pour éviter la propagation du virus dans les lieux de travail. Des centaines de milliers de salariés ont été mis en congé dans tous secteurs confondus, tout en défalquant ces journées de leur congé annuel.

Dans le secteur du BTP, beaucoup d’entreprises ont déjà mis leurs ouvriers en congé sans solde, l’ENIEM propose la même chose à ses ouvriers si le confinement continue. Dans les centres commerciaux, comme ARDIS, le patron demande de réduire le salaire des travailleurs de l’ordre de 50%. Si le confinement à cause du coronavirus perdure encore, des milliers de travailleurs seront mis en chômage technique, les contrats déterminés non renouvelés, notamment dans la PME-PMI. Ainsi, dans un pays ou l’assurance chômage n’existe pas, des centaines de milliers de travailleurs vont grossir les rangs des chômeurs.

Bien sûr, ce phénomène va toucher essentiellement les 63% de la population active qui travaille dans le secteur privé. Quel sera le sort des milliers de salariés qui travaillent dans le secteur privé dans le cadre du dispositif pré-emploi (ANEM) ? Quel est le sort des autres milliers de salariés qui travaillent dans la sous-traitance ? Les inspections du travail, déjà absentes dans le contrôle des mesures de protection pour les travailleurs en activité, sont interpellées pour assumer leur rôle dans cette phase où des licenciements massifs sont annoncés. Les mesures de confinement et de couvre-feu ne feront qu’amplifier les choses, notamment dans les régions concernées de 15h à 7h du matin.

Pas touche à mon poste d’emploi

Face à cette crise du chômage qui nous guette, face à ce risque de perte des postes d’emploi et de nos acquis salariaux, les syndicats, les travailleurs, les partis et les militants de tout bord doivent se mobiliser davantage pour interdire tout licenciement économique, le payement de l’intégralité des salaires pour les travailleurs confinés sans toucher à leurs congés annuels.

L’Etat doit payer les salaires pour l’ensemble des travailleurs journaliers, des petits artisans, saisonniers de l’agriculture, femmes de ménages indépendantes, etc. L’Etat doit aussi octroyer des d’indemnités conséquentes pour l’ensemble des travailleurs précaires, journaliers et artisans pauvres (allocation chômage pour les chômeurs et les femmes au foyer).

Quant aux patrons qui ne respectent pas les normes de prévention contre le covid19 et qui continuent à faire travailler leurs salariés dans des secteurs non essentiels, ils doivent être sanctionnés. Des sanctions qui doivent aller jusqu’à l’emprisonnement et à la nationalisation des entreprise en question et ce, pour mise en danger de vies humaines.

Samir Larabi

Source : site du Parti socialiste des travailleurs (PST)

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