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Trump met à prix la tête du président vénézuélien Maduro !

La Rédaction

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Le président américain Donald Trump a offert 15 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro, qu’il accuse de « narcoterrorisme ».

Alors que le monde affronte le coronavirus, le président Trump n’a rien trouvé de mieux que de mettre à prix la tête du président vénézuélien Nicolas Maduro à 15 millions de dollars pour, justifie-t-il, « narcoterrorisme ». S’il s’agit d’un nouveau levier de pression sur le président vénézuélien, les analystes n’y voient pas un facteur de sortie de la crise politique.

Voici divers scénarios envisageables au sein du pouvoir vénézuélien, au moment où la pandémie de coronavirus risque de submerger un système de santé et une économie en déliquescence.

Division ou cohésion ?

L’administration de Donald Trump compte enfoncer un coin dans l’appareil gouvernemental par le biais de l’inculpation du président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro et de 14 autres responsables, selon les analystes interrogés.

Lire : Coronavirus : l’ONU réclame un «assouplissement» des sanctions contre l’Iran, Cuba, Venezuela…

« C’est comme une partie de billard (…). La boule est mise en jeu, elle entre en collision avec d’autres boules et ces boules entrent à leur tour en collision avec d’autres boules, provoquant des réactions en chaîne », explique le politologue vénézuélien Luis Salamanca.

Les accusations de narcotrafic « mettent en jeu une nouvelle boule dans les arcanes du pouvoir », ajoute-t-il, ce qui pourrait déboucher sur des tensions internes.

Le chef de file de l’opposition Juan Guaido, qu’une soixantaine de pays reconnaissent comme président par intérim, s’emploie d’ailleurs depuis plus d’un an à fracturer l’entourage de Nicolas Maduro. En vain.

Lire : Coronavirus : le FMI rejette une demande d’aide du Venezuela

Malgré les sanctions américaines contre le Venezuela et son industrie pétrolière — qui ont notamment poussé le géant russe du pétrole Rosneft à annoncer samedi la fin de ses activités dans le pays — l’héritier politique de Hugo Chavez (1999-2013) a toujours la haute main sur les forces armées.

« Il est impossible » de prédire « s’il en ira autrement cette fois-ci », prévient Peter Hakim du centre de réflexion Dialogue interaméricain. Mais « la pression et le stress vont augmenter sur le gouvernement et les militaires », ajoute-t-il.

Justement, insiste le politologue Ricardo Sucre, cette pression pourrait renforcer la cohésion au sein du pouvoir plutôt que de le diviser.

Lire : Quelques leçons de la crise du coronavirus

Après l’annonce de son inculpation, Nicolas Maduro a tenté de projeter l’image d’un homme à poigne. « Tu es un misérable, Donald Trump ! », a-t-il lancé.

Pour l’heure, un seul accusé s’est rendu aux autorités américaines : l’ex-général vénézuélien Cliver Alcala, devenu un farouche opposant à Maduro et réfugié en Colombie depuis deux ans, selon des informations de la presse colombienne.

Le facteur militaire

Le message de Washington est destiné en premier lieu à l’état-major, clef de voûte du système politique vénézuélien.

« On est passé des menaces (de sanctions) pour obtenir un renversement à un +achat de renversement+ », souligne Ricardo Sucre. Les Etats-Unis « misent sur le fait que quelqu’un soit disposé à +vendre+ Maduro » au sein de l’état-major.

Mais vendredi, les forces armées ont réaffirmé leur « loyauté absolue » envers le pouvoir. Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, lui aussi accusé de « narcoterrorisme » par Washington, a lu samedi un communiqué à la télévision dans lequel il a assuré qu' »aucune puissance » ne le pousserait à « abandonner ».

Depuis son ascension en 2013, Nicolas Maduro a donné d’amples pouvoirs aux militaires : la compagnie pétrolière publique PDVSA, par exemple, est dirigée par un général, Manuel Quevedo.

Le président socialiste a survécu à deux vagues de protestation populaire — en 2014 et en 2017 — qui ont fait quelque 200 morts et ont été violemment réprimées par l’armée et la police.

Et l’appel au soulèvement des casernes lancé le 30 avril 2019 par Juan Guaido a fait long feu.

Négociations ?

Avec l’arrivée du Covid-19 dans un Venezuela économiquement à genoux, certaines voix au sein de l’opposition ont demandé des négociations avec Nicolas Maduro pour répondre à la crise.

Mais « accuser Maduro de narcotrafic sous-entend qu’on ne peut plus négocier avec lui, qu’il doit être évincé du pouvoir et puni », note Peter Hakim.

« Cela ne fait qu’augmenter le prix de son départ », résume un rapport du centre de réflexion Eurasia Group.

Souvenirs du Panama

Nicolas Maduro est le premier dirigeant étranger accusé de narcotrafic par les Etats-Unis depuis le Panaméen Manuel Antonio Noriega, renversé en 1989 à la faveur d’une invasion militaire.

Mais Peter Hakim croit « improbable » un scénario semblable au Venezuela. « La plupart des pays d’Amérique latine et d’Europe s’y opposeraient et Maduro a des alliés comme la Chine et la Russie dont Noriega ne disposait pas ».

Au final, souligne-t-il, la posture de Donald Trump a des motifs purement électoraux. Il veut s’allier le vote des exilés cubains et vénézuéliens de Floride, un Etat « décisif pour sa réélection ». Avec AFP

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