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Le hirak, le coronavirus et les urgences de l’heure

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Le hirak a contré les desseins macabres de la Issaba qui, au lieu de faire face au coronavirus et prendre des mesures en urgences, a cherché à mater le mouvement populaire. Lecture.

La crise sanitaire planétaire, avec la pandémie de coronavirus, a contraint le Hirak à suspendre ses manifestations hebdomadaires. Décision ô combien juste et rationnelle. Ainsi, le hirak a su remettre à leur place quelques apprentis sorciers , car par un populisme idiot, ils ont appelé à la poursuite du mouvement, arguant que la pandémie de coronavirus n’était qu’une ruse du pouvoir.

Lire : Malika Benarab-Attou : « A quand le confinement total et le dépistage massif du coronavirus en Algérie ? »

Le hirak a, en même temps, contré les desseins macabres de la Issaba qui voyait dans le coronavirus une occasion inespérée de mater le mouvement et le forcer à quitter la rue.

La réaction de la jeunesse du Hirak a faussé les calculs du pouvoir qui voulait célébrer une victoire sur lui.

Une gestion catastrophique de la crise

Comme à l’accoutumée, le pouvoir dont l’unique et éternel souci est de se maintenir et de préserver ses intérêts, ceux de l’oligarque nationale et des multinationales prédatrices, était aux abonnés absents.

Lire : Coronavirus en Algérie : y aura-t-il oui ou non « confinement » ?

Il a mis trop de temps à contrôler les voyageurs venant d’Europe, notamment de France où le virus faisait déjà rage et à fermer les frontières. La vie et la santé des citoyens n’a jamais été parmi les préoccupations du pouvoir. Comment cela pouvait-il en être autrement cette fois-ci ?

Les discours de Tebboune et de ses ministres, tout autant mensongers que contradictoires, cachent mal une réalité alarmante. Les cris de secours déchirants des équipes médicales de plusieurs hôpitaux démentent la réalité reluisante que tentent désespérément de vendre ces gouvernants incompétents et illégitimes qui se sont toujours servis au lieu de servir le peuple.

Ils ordonnent le confinement, mais oublient que le peuple doit continuer à se nourrir, à se soigner, à se laver, etc. Ceux qui ont perdu leur emploi doivent continuer à vivre. L’état doit mobiliser les fonds nécessaires pour garantir le salaire de tous ceux qui ont été touchés par la crise. Nul ne doit être laissé au bord du chemin.

Les millions d’Algériens démunis qui veulent échapper au virus ne doivent pas mourir de ses contrecoups. Il est urgent d’organiser et de planifier les réseaux de distributions pour mettre à la disposition du peuple tout ce dont il a besoin.

Les travailleurs des secteurs stratégiques doivent bénéficier des protections nécessaires (masques, gants, liquide hydroalcoolique…) pour continuer à travailler dans des conditions sécuritaires.

Les marchés nécessaires doivent être organisés et répartis sur plusieurs lieux pour éviter les concentrations des populations. Il faut que soient respectées les distances appropriées entre les personnes. Des points d’eau et du savon doivent être mis en place pour une meilleure hygiène. Les marchandises nécessaires doivent être disponibles pour éviter des files de dizaines de personnes, car cela favorise la propagation du virus. Les cérémonies qui regroupent plusieurs citoyens doivent être également bannies.

La secte au pouvoir ne veut pas s’occuper de cela, mais le virus n’attend pas. Aux citoyens de prendre leur destin en main, de sensibiliser à l’impérieuse nécessité de s’organiser pour contrer ce fléau ou plutôt les deux fléaux. Le pouvoir est certes illégitime, mais c’est lui qui détient la bourse. Il faut le contraindre à mobiliser les fonds nécessaires pour affronter la situation.

L’hôpital exsangue

Les politiques libérales des années 80 et 90 ont asphyxié l’hôpital public qui a vu son état se dégrader d’une année à l’autre; la guerre civile meurtrière a poussé à l’exil des milliers de médecins qui font le bonheur de bien des hôpitaux en Europe et ailleurs.

La gestion criminelle de l’ère Bouteflika a fini par transformer les hôpitaux en véritables mouroirs et ce, malgré l’argent qui coulait à flots. Ils ont préféré bâtir une mosquée qui a englouti des milliards de dollars que de mettre en place un système de santé moderne et performant. Pendant ce temps, eux et leurs familles allaient se soigner en Europe avec l’argent des Algériens.

D’autre part, ils ont permis, dans une anarchie la plus totale, la création d’un système de santé parallèle, sans règles. En effet, des cliniques privées ont vu le jour, ça et là, en quelques années, sans aucun contrôle de l’état, appliquant des tarifs hors de portée de 99 % des Algériens et sans la moindre prise en charge par les caisses de sécurité sociale. Tout y était fait pour soutirer aux patients le plus d’argent possible.

Mesures urgentes

L’hôpital crie et ceux qui détiennent les fonds, ceux qui ont volé des milliards des Algériens et ceux qui ont fait des fortunes sur le dos des malades doivent rendre des compte et restituer l’argent volé pour l’utiliser dans le combat contre la pandémie. Les comptes de tous ces bandits doivent être saisis, en Algérie comme à l’étranger, pour offrir aux équipes médicales et aux citoyens les moyens de faire face au fléau.

Il faut que la jeunesse du Hirak continue à sensibiliser les citoyens pour adopter les mesures nécessaires pour freiner la propagation du virus. Il faut que naissent les solidarités nécessaires entre citoyens dans les quartiers, les villes, les villages pour aider les laissés pour compte. Ils faut acheter en pensant aux autres. Le régime n’organisera jamais ces solidarités, il ne pense qu’à sa survie. Il est certes illégitime, mais il doit prendre les mesures qu’impose la situation. Il faut saisir les comptes de tous les bandits pour acheter l’équipement nécessaire pour les hôpitaux. Il faut nationaliser les cliniques privées et intégrer le personnel dans le secteur public. Il faut un contrôle strict de la production agricole et de l’industrie agro-alimentaire pour éviter la spéculation et les pénuries et les nationaliser éventuellement. Il faut veiller à une hygiène stricte dans la distribution du pain. Il faut créer une taxe « anti-coronavirus » provisoire que les grandes entreprises, les multinationales et les opérateurs téléphoniques doivent payer pour venir en aide aux travailleurs qui ont perdu leur emploi et à tous les démunis.

Bien d’autres mesures peuvent également être prises pour combattre la pandémie.

C’est à ce prix que l’on va juguler ce mal qui guette l’humanité et jeter les bases d’un nouveau monde qui combat les égoïsmes et bâtit les nécessaires solidarités.

Mohamed Arroudj

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