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Pourquoi la Constitution de Tebboune ne sera pas légitime

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Constituante coronavirus

Malgré la pandémie qui sévit dans le monde entier et qui se répand de façon inquiétante, les Algériens sont sortis par centaines de milliers pour exiger encore une fois le départ de la bande au pouvoir.

Nous ne pouvons tout de même pas ne pas rappeler les risques encourus par les manifestants et la nécessité de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter une catastrophe sanitaire, surtout lorsque nous connaissons l’état délétère dans lequel se trouve l’hôpital public.

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Le coronavirus est une réalité dont il faut sérieusement tenir compte. Les Algériens ont du mal à s’imaginer abandonner la rue et rentrer chez-eux. Cela est tout à fait légitime.

La répression continue

Le régime en panne d’idées et confronté à l’exacerbation de la crise économique perd ses nerfs. Au lieu de chercher à discuter, négocier et répondre aux revendications de la rue, il s’engage dans une fuite en avant répressive. En effet, il ne rate aucune occasion pour déployer son appareil répressif et judiciaire et maltraiter femmes, jeunes et personnes âgées qui manifestent pacifiquement.

Lire : Laâgab promet une mouture de la Constitution pour demain ou dimanche

Il continue à arrêter à tour de bras des militants et des animateurs qu’il accuse de tout et de n’importe quoi. Cela relève sa fragilité et sa peur d’une radicalisation de la lutte.

Il veut, encore une fois, imposer sa feuille de route. Comme cette Constitution de Tebboune à la rédaction de laquelle le peuple n’a pas pris part et qu’il compte faire adopter par l’APN issue des quotas de Bouteflika et soumettre ensuite à référendum.

Non à une Constitution rédigée en haut

Le régime tant décrié par la rue depuis plus d’une année ne cherche que sa propre survie. Il a usé et abusé de stratagèmes divers pour diviser, affaiblir et domestiquer le Hirak. Il n’a jamais tenté de discuter, de négocier avec la rue pour trouver une quelconque solution à la crise qui secoue le pays depuis le mois de février 2019.

Lire : Tebboune : la nouvelle Constitution sera soumise à un référendum

Le pouvoir cherche à se régénérer et sa feuille de route est en cela limpide. En effet, après avoir organisé des élections présidentielles fantoches, en dépit de la résistance farouche des masses populaires, il a décidé d’imposer une nouvelle Constitution concoctée par les officines du régime. Une Constitution de Tebboune à l’image de ce pouvoir honni, sans aucune légitimité qui va tenter de créer l’illusion de changement du régime alors que la rue exige le départ pur et simple du régime en place et refuse le replâtrage et les changements cosmétiques.

Pour une Assemblée constituante souveraine

Les Algériens veulent une transition avec un processus constituant. Un processus qui verra s’ouvrir un débat libre et démocratique au sein de la société autour des enjeux essentiels pour aller vers une société débarrassée des vieux réflexes institués par la mafia au pouvoir. Le débat ne peut être envisagé sans des médias libres et débarrassés de toutes les tutelles et sans la levée de toutes les restrictions à la liberté de manifestations, d’organisation et de circulation.

Lire : Algérie : plaidoyer pour la Constituante et contre la présidentielle

Le peuple choisira alors ses représentants lors d’élections libres et sous contrôle populaire qui siégeront dans une assemblée constituante souveraine élue à la proportionnelle intégrale. Ce mode d’élection permettra une représentation plus juste de la société et évitera l’hégémonie d’une quelconque forte minorité.

Les élus du peuple doivent intégrer dans cette nouvelle constitution les revendications du peuple relatives à la liberté, à la démocratie , à la séparation des pouvoirs et à l’égalité économique entre les citoyens.

Les droits des femmes, des minorités, le droit à une école moderne gratuite, fondée sur la science et le savoir et à un système de santé gratuit et de qualité doivent figurer dans la nouvelle Loi fondamentale.

La souveraineté du peuple sur les richesses du pays et son droit de regard sur les choix économiques doivent y être également consacrées.

Mohamed Arroudj

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