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Hirak : maintenir le cap et rester vigilant

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Malgré les tentatives de brouiller le message du mouvement populaire (hirak), à travers quelques mises en scène et autres prises de position maladroites , la mobilisation est restée intacte en ce premier acte de la deuxième année de la révolution citoyenne.

Le régime aux abois, après une année d’immobilisme politique marquée par la stratégie du pourrissement, persiste dans ses louvoiements. En effet, au lieu de faire des propositions à même d’aider à trouver une solution à la crise, le pouvoir s’est englué dans des manœuvres et des stratagèmes afin d’affaiblir le Hirak. Une année de ruses, d’entourloupes avec comme unique objectif sauver le système à tout prix et tenter de le régénérer.

Maintenir le cap malgré tout

Le régime algérien est à la recherche d’une légitimité que la dernière mascarade électorale ne lui a pas apportée. Les derniers déplacements de Tebboune en Arabie Saoudite et Chengriha aux Émirats rentrent dans ce cadre.

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D’ailleurs, ont-ils été convoqués pour être sommés de mettre un terme à ce Hirak qui représente un véritable danger pour leur hégémonie dans la région ? Rappelons que ces deux pays cherchent à prendre la tête d’un nouvel ordre où seul l’argent et l’hégémonisme comptent d’où la guerre atroce qu’ils mènent au Yemen et leur ingérence en Libye, avec évidemment la bénédiction des puissances impérialistes qui ne veulent pas se salir les mains.

Attendons-nous à ce que le pouvoir redouble d’ardeur pour diviser le Hirak et l’affaiblir. Certaines mises en scène dans les manifestations algéroises où apparaissent des slogans djihadistes des années 90 et des hommes en tenues afghanes rentrent dans ce cadre. À côté de cela, pullulent des offres de service de la part de partis comme Hamas ainsi des initiatives se réclamant du Hirak. Cela a pour but de créer un climat anxiogène à même de servir de repoussoir à une bonne partie du mouvement. Sans oublier la visite rendue par quelques animateurs du Hirak à Ali Belhadj qui a suscité des débats houleux. La concomitance de tous ces faits ne peut être le fruit du hasard, et cela crée de la suspicion et soulève une inquiétude légitime. Certains voient, là, la main des services.

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Le pouvoir ne cède sur rien, donnant ainsi l’impression de maîtriser la situation, mais la persistance du Hirak et le risque de radicalisation de ses troupes l’inquiètent au plus haut point. C’est en tenant compte de tous ces éléments qu’on peut faire une lecture objective de la situation.

Le Hirak doit tenir le cap en restant uni et ouvert au débat, mais vigilant face aux intrusions et aux assauts des forces hostiles à la victoire de la révolution et à la libération du peuple.

Que faire pour contraindre le pouvoir ?

L’autre acquis majeur du Hirak, en plus de la mise hors d’état de nuire de Bouteflika, consiste en sa propre survie ainsi qu’en sa capacité à poursuivre le combat. Pour parer à toute éventuelle dérive ou manipulation, il faut que le Hirak établisse une plate-forme de revendications minimales et se doter d’une direction. Ainsi, les futurs représentants du Hirak devront se tenir à ces revendications et travailler sous le contrôle populaire pour les réaliser. Il n’y a rien à craindre d’une organisation du mouvement tant que la mobilisation continue.

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Il y a urgence à prendre en charge cet aspect, car il y va de la cohérence et de la survie du mouvement populaire. D’ailleurs, c’est de cette façon que l’on peut résister aux attaques du régime et de ses satellites qui iront crescendo dans les jours et les semaines à venir.

Les marches pacifiques bihebdomadaires sont un moyen de pression utile qu’il faut préserver, voire même amplifier. Mais, force est de constater que leur efficacité est, pour le moins, relative. Il est urgent de radicaliser le mouvement et la décision de faire du samedi un autre jour de manifestations va dans la bonne direction.

Pour déloger la Issaba, il faut aller plus loin. Il faut envisager de frapper là où cela fait mal à savoir bloquer l’économie par la grève générale. Ce moyen radical et efficace ne peut réussir sans direction du mouvement et l’implication des syndicalistes honnêtes. Elle exige un travail de fond de toutes les forces agissantes du Hirak. L’occupation de lieux publics et une marche nationale d’ampleur sont également à envisager sérieusement.

Les forces parasitaires du Hirak

Tout le monde sait que le Hirak est traversé par tous les courants politiques et idéologiques et c’est plutôt sa force et non, comme le considèrent certains, un frein ou un obstacle. Les Algériens sont fiers de retrouver une unité longtemps malmenée par le pouvoir et certains courants réactionnaires. Ils veulent, à tout prix, la sauvegarder et c’est tout à fait louable. Cela étant dit, rien n’empêche de rester vigilant et d’agir afin débusquer les forces qui cherchent à décrédibiliser le mouvement. Dans cette catégorie, on peut inclure certains cercles proches du pouvoir et des services, mais aussi ceux qui veulent s’imposer en tentant de faire une OPA sur le mouvement. En effet, certains islamistes impliqués dans le drame national de la décennie noire tentent d’utiliser le Hirak pour se refaire une virginité, quitte à mettre en danger la survie du Hirak.

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Al Magharibia une chaîne très proche du courant islamiste qui diffuse en permanence un discours révisionniste visant à disculper les dirigeants de l’ancien FIS de leur part de responsabilité dans la tragédie nationale participe objectivement à amplifier le climat de suspicion. Certains agitateurs à l’instar de Zeytout, de part les discours qu’ils véhiculent et les ragots de toutes sortes qu’ils relayent n’aident en rien le Hirak, mais tendent à l’entraîner dans des directions sans issue. La vie privée des personnes ne nous intéressent guère et les supputations nauséabondes de tous ordres visent essentiellement à dépolitiser les gens et cela peut s’avérer un danger mortel pour la suite du mouvement. Il est urgent de contrecarrer leur influence sur une jeunesse en mal de perspectives.

En définitive, l’unité effective n’empêche pas le débat et les divergences. C’est pour cela qu’il faut sans tarder clarifier certains concepts développés dans le Hirak et discuter de la transition que nous voulons. N’ayons pas peur d’aborder la laïcité et la place de la religion, de discuter de l’égalité effective entre les hommes et les femmes et de la notion notion de liberté, de la répartition des richesses et du type d’économie que nous voulons. Cela permettra de lever les équivoques et d’accélérer la décantation. Ainsi le Hirak ne se portera que mieux.

Mohamed Arroudj

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Nanita
Nanita
1 année plus tôt

Je me demande si ce site est un site d’information neutre ou si c’est un site propagandiste à la solde de tout ce que l’Algérie compte comme ennemis qui ne veulent pas d’une régularisation de la situation! C’est encore kabyles et compagnie , c’est encore le Mak, le drapeau du Juif Bennet !!! BEURK

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