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La visite de la discorde ?

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Mustapha Bouchachi, Lakhdar Bouegaa, Ali Belhadj et Samir Belarbi

La visite que certains éléments du mouvement populaire (Bouchachi, Belarbi, Bouregaa…) ont rendue à Ali Belhadj, ancien dirigeant du FIS dissous et partisan d’un Islam radical, a suscité des débats passionnés entre, d’un côté, ceux qui estiment qu’une frontière est franchie et de l’autre, ceux qui considèrent que cela relève de la simple courtoisie et d’un soutien à un homme victime d’une répression inacceptable, n’hésitant pas à accuser les premiers d’éradicateurs. Essayons de voir un peu plus clair.

Tout le monde connaît Ali Belhadj, le numéro 2 du FIS dissous, pour son radicalisme et ses prises de positions extrémistes pour ne pas dire fascisantes. Il a été un soutien déclaré au terrorisme et à la lutte armée et il s’est réjoui publiquement de l’assassinat de l’emblématique dirigeant de la révolution algérienne Mohamed Boudiaf.

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Ceux qui veulent taire tout cela ne sont que des hypocrites. Ses discours, ses prises de position sont toujours là et tout le monde peut les vérifier aisément.

Il a été condamné et il a été libéré et par conséquent, il est devenu citoyen à part entière.
Il doit, donc, pouvoir bénéficier de ses droits. Mais on assiste à une attitude de l’Etat envers lui, pour le moins incompréhensible et inexplicable. On l’arrête régulièrement et de façon humiliante et surtout violente. Et cela est condamnable. Certes, nous ne sommes pas dans un état de droit, mais si on reproche quelque chose à ce monsieur qu’on le traduise en justice et qu’on le condamne, sinon qu’on arrête ce harcèlement. Si l’Etat continue à agir de la sorte, il fera de ce monsieur un martyr.

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Ceci étant dit, nous réaffirmons notre droit de commenter cette visite et de faire une lecture politique, même si les visiteurs jurent le contraire. Beaucoup de personnes ont exhumé les enregistrements de Belhadj pour rappeler ses propos, surtout que, nombreux sont ceux qui tentent de faire de lui une victime expiatoire et taire ses prises de position qu’il a lui-même toujours assumées.

Les prises de position publique de Ali Belhadj ont évolué, mais tant qu’il ne revient pas sur son passé, sur ses anciennes positions, nous avons le droit d’être sceptique. Ce qui n’exclue pas son droit à la libre expression.

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Les détracteurs pointeront la responsabilité des forces de sécurité dans la tragédie de la décennie noire, ce qu’il ne faut pas nier, même si la question mérite d’être regardée avec beaucoup de rigueur.

On a le droit de le dire sans être accusés d’éradicateurs, d’être à la solde du pouvoir ou de travailler à diviser le Hirak. Au contraire, nous devons pouvoir débattre de tout, de façon civilisée et avec respect en nous opposant des arguments, pas des invectives.

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Le Hirak sait qu’il est traversé par des courants politiques et idéologiques divers et cela, est en soi un acquis considérable de cette année de lutte. Nous ne pouvons faire l’économie des débats sur ce qui nous oppose, en toute liberté, en toute fraternité, mais sans concession aucune.

Il est inimaginable d’envisager l’Algérie de demain sans les libertés, toutes les libertés : d’organisation, de manifestation, de conscience, de création. On ne peut concevoir l’Algérie du futur, sans garantir l’égalité effective entre les hommes et les femmes, sans la séparation du politique du militaire, mais également sans mettre fin à l’exploitation de la religion à des fins politiques.

L’Algérie de demain doit répartir ses richesses entre tous ses enfants sans aucune distinction, doit offrir une éducation et un système de santé de qualité et garantir un travail à toutes et à tous avec un salaire qui permet de vivre dignement.

En définitive, le débat honnête sur toutes les questions ne peut jamais être un frein au Hirak, mais plutôt le ciment, pourvu que les discussions se fassent dans le respect en opposant des arguments et non l’insulte et l’anathème.

Ce qui est dangereux, c’est de repousser toutes les discussions à une fois le régime parti. Quand cette situation adviendra, on risquera l’éclatement, car nous n’avons pas cherché le moyen idoine pour fonder une nation moderne ouverte à tous ses enfants.

Mohamed Arroudj

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