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Chronique

Moi, l’assassinée : aux « démocrates » qui ont abdiqué devant l’Islamisme

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Je m’appelle Nabila, Amel, Katia, Sadia, peu importe. Des mutants m’ont tuée alors que je descendais d’un bus, un soir d’automne lorsque la ville passait sous la lumière crépusculaire.

J’étais saine de corps et d’esprit mais Madani Mezrag et Abdelhak Layada m’avaient condamnée parce que j’étais étudiante ; parce que je ne portais pas le foulard ; parce que tout simplement, j’étais une femme. Je vous épargne la douleur de connaître les circonstances de mon exécution, elles sont dures à raconter et pénibles à écouter.

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De là où je suis, je subis votre original panégyrique à ces deux assassins, subitement vos alliés dans la condamnation du pouvoir qui est au fait le suzerain souverain de vos alliances. Quand ces islamistes crachent leur profession de foi, je vois que vous y croyez et désormais, importe peu pour vous, le sang versé pour hisser haut l’esprit qui fomente le crime. Votre reddition aujourd’hui légitime leurs conférences publiques.

Dieu, quel genre de poussière cachez-vous sous le tapis pour faire pleurer ainsi le colosse sur le registre de notre rude combat ? Une volte-face, fût-elle tactique, ne sert pas à tirer la notoriété du feu, affirmer le contraire, c’est mettre l’intégrité au pilori. De quelle dignité oseriez-vous prétendre ?

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Le terrorisme, les viols, les mises à mort, les tortures, les souffrances, les horreurs tournoient à la place du vent et vous acceptez de cosigner une darse d’insultes envers la mémoire par un pacte avec l’incivisme. Cette mémoire que vous tentez, vaille que vaille, de souiller et de frauder pour pousser votre conscience à accepter la compromission que vous imposez à l’opinion et à son insu.

Alors que partout dans le monde les terroristes sont pourchassés, voilà que vous devenez leurs recrues de choix en vous proposant têtes d’affiches au scénario qui prépare leur néfaste retour. Souffrez-vous de paraphasie, ou alors, seriez-vous devenus séniles au point où vous ne remarquez pas que vous avez achevé ce qui reste de votre crédibilité ?

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Je pensais que par passion de la liberté le duel entre vous et le fascisme était à la mort et je vous ai suivis ; il fallait bien rejoindre la famille qui avance. Je constate, hélas, que vous avez procédé à une analyse systématique de votre famille, car vos ambitions se décident à morceler les bravoures qui naissent en déchirant les espoirs. Est-il donc si écrasant pour vous de rester droit d’une réciprocité digne avec notre idéal ?

Peut-être qu’entre vous, le pacte consiste à ne jamais nommer ce à quoi vous avez renoncé pour d’obscures illusions. Demain, avec Tebboune, l’indu élu président, Feu Tamazighte, feu laïcité, feu la liberté de conscience, feu l’égalité des sexes. Vous m’avez abandonnée, mortels fragiles, chenapans, vous vous êtes retirés du combat sans vous gêner d’engouffrer ma voix dans le trouble vaseux des étreintes contre nature en dédiant mon nom au registre des pertes et profits.

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J’ai eu une courte vie mais embellie du beau rôle de martyre, avouez ! Avouez théoriciens de la résignation, ne repoussez pas des bras la raison, sinon, avez-vous conscience de votre déficience ?

La bougie que mes proches ont allumée à ma mémoire brûle dans mon intérieur à la manière d’un volcan que vous ne pourrez obturer. Morte et je capitalise encore la douleur organique et psychique. Passivement active, je voudrais crier à déséquilibrer votre entrain, mais beaucoup de substances manquent à une disparue pour calmer sa colère.

Oh, il est inutile de jeter à votre tour l’anathème sur moi et vos amis assassins ne peuvent prendre conscience de mon corps, se jeter à mon cou et m’égorger encore une fois, je suis morte déjà. C’est fini. Pour vous aussi, c’est fini, votre honneur a entamé son dernier repas. La mémoire collective réexamine vos sentiments depuis que vous enrôlez le criminel dans le genre humain pour que le reniement puisse modifier les chiffres de votre carte de crédit. Les vaniteux, dirions-nous, ne s’embarrassent point de principes.

Sereine, je patiente que le renoncement dans sa splendeur vous étreigne au plus fort des accolades ! Qu’il vous entraîne en compagnie des assassins dans la nuit pleine de rages et de colères des victimes, car ce jour-là, vous aurez des « Si » en réserve. En attendant, tout comme au moment de mon assassinat, mon sang je vous le dédie, il est à vous, je vous le donne… Mais ne demandez pas à mon mort d’être moins redoutable, elle redoublera de férocité à chaque parole que vous prononcez de votre bouche que vous avez cédée à l’ennemi pour l’illusion d’arriver au pouvoir.

Djaffar Ben
juin 1994 (un peu revu)

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Kebaili
5 mois plus tôt

L’extremisme,la haine des autres, la culpabilité des autres, La recherche des boucs émissaires, dans l’objectif d’imposer par tout les moyens Un projet de société, étranger, à notre société conservatrice, Aux valeurs conservatrices familliales millénaires Ne peuvent en aucun cas construire une démocratie crédible de respects de toutes Les couleurs, et les franges de la société, sur l’exclusion, et les tombes des autres taxés « d’islamistes », de « réactionnaires », de « moyen-ageux », d' »arriérés », Une minorité intellectuelle éradicatrice de la bourgeoisie moyenne de gauche Ne peut imposer un projet de société libérale, libertine, laique sans détruire Le tissu sociale conservateur de la société familliale algérienne… Lire plus »

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