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Hirak : une année de combat

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Drapeau algérien
Le peuple algérien se bat depuis une années pour un Etat réellement démocratique et social.

La semaine qui arrive va clôturer une année de lutte et de combat pour une véritable libération du peuple des griffes de ceux qui ont fait main basse sur le pays dès l’aube de l’indépendance.

Depuis le 22 février 2019, bien des péripéties ont jalonné le mouvement populaire, le hirak, qui n’a, depuis cette date, jamais dévié de son chemin. Tous les 52 vendredis et mardis ont été le théâtre de manifestations populaires massives.

En effet, malgré les aléas de la nature et même le ramadan, les masses populaires se sont mobilisées et ont fait preuve d’une détermination sans faille. Il y a, certes, des moments de flottement et de déception, mais même au creux de la vague, la rue a répondu présente.

L’irruption inattendue du peuple

Au début de la mobilisation, le pouvoir pensait à un chahut de garnements qui allait vite s’estomper. Certain que le peuple était à jamais anesthésié et incapable de la moindre réaction, le régime n’a pas réprimé les premières manifestations. Effectivement, personne ne pouvait alors envisager les développements ultérieurs de la mobilisation, surtout en l’absence d’organisation et de leaders.

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Le peuple en général, mais surtout les classes populaires marginalisées même quand la rente atteignait son apogée ont repris confiance en eux-mêmes notamment devant la mobilisation sans ampleur des 1er et 8 mars. En effet, en ces deux vendredis, la mobilisation a atteint son apogée avec des millions de personnes dans les rues des petites et des grandes villes du pays.

Des observateurs locaux et internationaux ont parlé de vingt millions de manifestants.

Le peuple qui s’est soulevé contre le cinquième mandat de Bouteflika a vite compris qu’il pouvait exiger plus. Vite, on entendit le slogan: « le peuple veut la chute du régime.»

L’inquiétude gagna le sommet du pouvoir et les luttes entre les clans en son sein s’exacerbèrent. Des scénarios sont vite proposés çà et là pour couper l’herbe sous les pieds du mouvement, mais rejetés aussitôt par la rue.

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Devant la généralisation des manifestations à l’ensemble du pays, mais surtout leur ampleur extraordinaire, le pouvoir ne pouvait pas se résoudre de les réprimer au risque de replonger le pays dans une nouvelle guerre civile. D’ailleurs, le pouvoir sérieusement ébranle évoqua le risque du scénario syrien le risque du retour aux horreurs des années 90, évidemment pour créer un climat d’inquiétude.

Le pouvoir a également essayé la carte de la répression calculée, mais devant l’ampleur et la détermination des manifestants, il a vite déchanté, même s’il a continué à en user régulièrement.

Le pacifisme une marque du Hirak

Les Algériens échaudés par les horreurs islamistes de la décennie noire ainsi que par la répression qui s’en est suivie a refusé d’emblée tout recours à la violence, un art dans lequel excelle le régime en place. Les tragédies auxquelles ont conduit les révolutions arabes, notamment en Syrie et en Libye ont été pour beaucoup dans la stratégie du mouvement populaire.

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D’ailleurs, la rue a rejeté dès le départ toute immixtion étrangère dans les affaires algériennes. Cela a dissuadé les prophètes de malheur qui usaient de la ritournelle bien connue de la démocratie et des droits de l’homme pour ensuite encourager l’émergence de clans avant de partir laissant derrière eux des peuples exsangues livrés à des milices sans foi ni lois. Les Algériens ont vite compris cela et ont rejeté farouchement ce type de scénarios. Ainsi, la rue a su déjouer toutes manœuvres et les provocations du pouvoir.

Le pacifisme a été non seulement une philosophie de lutte, mais surtout un moyen efficace de mobilisation. C’est ainsi que les personnes âgées, les femmes et les enfants ont adhéré massivement aux démonstrations de forces hebdomadaires. La violence aurait certainement dissuadé ces pans importants de la société.

La chute de Bouteflika

Les manifestations ont vite fait la démonstration de l’absence du président. Face à la rue qui gronde, il n’y avait personne. La proposition de poursuivre le mandat pour une année avec à la clé des réformes démocratiques a été froidement accueilli par manifestants qui, en plus de demander le départ du président, exige à présent la chute du régime.

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La zizanie s’empara du système fortement secoué. Devant la menace qui devenait de plus en plus sérieuse, l’état-major de ce l’armée prend les choses en main et son chef devient le véritable chef de l’état et le seul « interlocuteur » du Hirak.

Gaïd Salah ou la volonté de sauver le système

Le chef de l’état-major de l’armée s’adresse indirectement au Hirak par l’intermédiaire de discours prononcés à partir des casernes et le Hirak lui répond lors des démonstrations de force du vendredi.

Cette prise en main de l’armée répond à un seul impératif: sauver à tout prix le système. Le nouvel homme fort de l’état exigea la démission de Bouteflika et en profita pour écarter ses proches.

Dans un premier temps, le général a utilisé le Hirak pour régler des comptes avec ceux qui faisaient de l’ombre. Il a ordonné leur arrestation et a décrété la fin de la Issaba. Cette même bande dont il était un membre actif en lui apportant la caution de l’armée.

Il a programmé des présidentielles pour le 04 juillet, mais la fermeté de la rue a conduit à leur annulation pure et simple.

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Depuis Le chef de l’état-major de l’armée a musclé son discours contre le Hirak en l’accusant d’être manipulé par les restes de la bande. Il n’a rien épargné à la rue. Il l’a qualifiée de tous les noms dans le but de la discréditer. Il a joué sur tous les registres pour diviser le mouvement et pays en s’attaquant aux porteurs du drapeau amazigh et en désignant à la vindicte populaire la Kabyle. Tous les médias ont été mis au pas et la répression s’est accentuée avec des dizaines de prisonniers parmi les animateurs du Hirak.

Il a fini par organiser des présidentielles fantoches malgré leur rejet massif du peuple. La mascarade a eu lieu et malgré un taux de participation très faible (10% selon les observateurs) et un président a été désigné.

Gaïd et l’état-major avait besoin d’une devanture civile, ils ont fini par l’avoir, mais cela n’a pas mis fin à la crise. Cette autre tentative de sauver le système butte sur la détermination de la rue qui exige plus que jamais la rupture radicale avec le système.

Gaid Salah n’a pas eu le temps de savourer ce qu’il considérait comme sa victoire. Il est décédé quelques jours après ses élections laissant un président sans projet, ni feuille de route.

Ce mouvement historique par sa longévité et son pacifisme a subi et continue à subir le black-out des médias internationaux inféodés aux puissants et aux états impérialistes. En effet, son ampleur, ses revendications ainsi que son rejet de toute intervention étrangère constituent une rupture par rapport aux autres mouvements qui ont souvent lorgné du côté des puissances régionales et internationales pour quémander du soutien.

(A suivre)

Mohamed Arroudj

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