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Anis Rahmani : du potentat médiatique au mouton de l’Aïd

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La patron du groupe Ennahar, Anis Rahmani.

La lutte des clans visibles ou invisibles a jalonné l’histoire du pouvoir depuis l’indépendance. Une lutte cynique faite de complots, d’intrigues et de trahisons. Trahisons envers le peuple, envers le pays, envers d’anciens amis et évidemment envers les serviteurs les plus zélés.

L’agent funestement célèbre, Anis Rahmani, vient de l’apprendre à ses dépens. En vérité, le compte à rebours a commencé pour lui, lorsqu’il s’est compromis avec un clan des généraux dans le soutien de Azzedine Mihoubi au détriment de Teboune. Subséquemment, il mena une virulente campagne médiatique contre ce dernier. Il a été induit en erreur en misant sur Mihoubi, sa lâcheté légendaire ne lui aurait jamais permis de le soutenir si ses commanditaires ne lui avaient pas donné certaines assurances.

Devenu un potentat médiatique depuis plusieurs années, au prix de l’abandon de toute éthique journalistique et d’une soumission absolue au pouvoir, notamment au chef du moment. Son groupe médiatique est une parfaite synthèse entre le quotidien national nord-coréen « Rodong Sinmhun » et le quotidien fasciste de Mussolini « Il Popolo D’Italia ».

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Ennahar est devenu un puissant instrument de propagande au service du pouvoir. L’une de ses sales missions est d’entretenir une partie de la population captive à l’acceptation passive du système mafieux. Jour après jour, ses médias récitent de vraies-fausses informations, réinterprètent les faits, les tordent et les présentent de façon à se conformer à la commande et aux besoins du pouvoir.

Jouissant d’une totale impunité, ses médias de caniveau déroulent de façon obsessive et sans aucune retenue des campagnes de calomnies contre les cibles que lui désignent ses parrains militaires ou civils.

Toujours prêts à devancer les désirs de ses maîtres, il peut calomnier une personne, vénérée la veille et glorifier une personne traînée dans la boue l’avant-veille. Cet homme a un atout qui l’immunise contre les affres du doute et les tourments de la culpabilité : il ne connaît pas la honte !

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En contrepartie, il a bénéficié de considérables services promotionnels qui ont fait de lui un affairiste véreux et fortuné. Aujourd’hui, tout son édifice s’écroule sur sa tête. Il ne sera accompagné dans sa chute que par le bruit de casseroles qui collent à sa réputation (chantages, malversations, soupçons de collaboration avec des services de renseignement étrangers…). Les serviteurs de son espèce sont nombreux dans les institutions et structures de l’Etat. Tireront-ils les leçons de cet acte sacrificiel ou vont-ils attendre leur tour tel le mouton de l’Aïd ?

Ce qu’on appelle Etat dans notre pays est en réalité une simple couverture à un pouvoir militaro-mafieux qui n’hésite pas, pour survivre, à sacrifier un membre ou un groupe de ses membres, des plus puissants (Toufik, les frères Bouteflika, Tartag…) aux plus insignifiants (Anis Rahmani, Haddad, Kouninef…). C’est une règle folle et effroyable !

De façon cyclique, le pouvoir nous a habitués à jeter en pâture des personnes issues de ses rangs pour faire diversion et susciter le soutien du peuple à ses décisions. C’est une manœuvre devenue inopérante, notamment depuis le 22 février 2019. En effet, le Hirak ne rejette pas un clan ou un autre, il vise le départ de tout le système et ses symboles et l’avènement d’une nouvelle Algérie, digne, libre, fière et démocratique.

Le peuple algérien à travers le Hirak s’est persuadé d’avoir trouvé un allié : l’Histoire, « ce témoin des siècles », selon l’expression du philosophe humaniste Ciceron.

Abbes Hamadene

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