Connectez-vous avec nous

Actu

Hirak : retour sur le contexte

Publié

le

Hirak Khenchela
La population a arraché le portrait de Bouteflika de la façade de l’APC à Khenchela.

Le premier anniversaire du Hirak arrive à grands pas. Une occasion pour revenir sur cette année de lutte qui est en train de transformer en profondeur la société algérienne ainsi que son paysage politique.

Alors que les clientèles du régime, notamment les partis de l’alliance présidentielle, l’oligarchie qui s’est gavée durant les 20 années de Bouteflika s’apprêtaient à organiser leur foire habituelle pour introniser un homme malade et très diminué physiquement, pour la cinquième fois, pensant que le peuple était définitivement hors jeu, les Algériens, se sentant humiliés, ont levé la tête qu’ils ont maintenu, malgré eux, baissée pendant des années en raison des multiples et dures épreuves qu’ils ont vécues durant les décennies précédentes.

En effet, la barbarie islamiste qui s’est abattue sur des pans entiers de la société et la réplique du pouvoir faisant fi de toutes les règles ont fini par tétaniser tout le pays.

Les germes de la révolte étaient là, et l’insurrection de 2001 en Kabylie en était la première expression.

Le mandat de trop de Bouteflika

Par ailleurs, le lancement des préparatifs des élections prévues pour le 18 avril 2019 a donné lieu à un spectacle hideux, animé par de piètres candidats exhibés par le pouvoir pour créer l’illusion d’une véritable élection. Ce triste carnaval a fini par ulcérer les Algériens qui n’en pouvaient plus.

À côté de cette dérive inouïe, la crise économique exacerbée par une baisse drastique du prix des hydrocarbures a mis à nu le roi et ses bouffons.

Il faut noter que le règne sans partage de Bouteflika et de sa bande a laminé les forces vives (partis politiques, syndicats, associations de la société civile…). Même les associations sportives n’ont pas échappé à la mainmise du pouvoir. L’argent est distribué en fonction des allégeances. Les médias ont également été mis au pas. Aucune voix dissonante n’était tolérée.

Les manifestations à Alger et dans plusieurs autres villes sont interdites et brutalement réprimées par la police. Cette ère bouteflikienne a prospéré, durant les trois premiers mandats, sur des prix du baril particulièrement élevés. Les milliards de dollars de la rente n’ont malheureusement servi ni à développer le pays, ni à favoriser une économie productive, et encore moins à sortir les services publics (santé, éducation, culture…) de l’agonie.

Une corruption généralisée

Hormis la réalisation de quelques projets structurants (autoroute Est-Ouest, modernisation des chemins de fer…) devenus de véritables gouffres en raison d’une corruption généralisée, ces milliards ont servi à gaver une oligarchie arrogante exhibant ses fortunes mal acquises de façon obscène. La corruption est devenue un modèle de gestion du pays et de son économie. Elle a tout gangréné et les Algériens qui subissaient impuissants à toutes ces dérives voyaient jour après jour le pays se diriger tout droit vers l’abime.

La résistance

Tout au long de ces années, il y eut sans cesse des résistances qu’il ne faut guère minimiser. Le mouvement insurrectionnel de 2001 en Kabylie a été réprimé dans le sang et dévoyé par des élites locales aveuglées par des intérêts partisans et une volonté de faire main basse sur toute la région.

Des grèves historiques ont eu lieu comme dans le secteur de l’éducation. Elles ont permis, entres autres, des augmentations de salaires consistantes.

C’est dans ce contexte que le refus de l’autocratie de Bouteflika qui travaillait en profondeur la société et qui s’est manifesté de façon timide à l’occasion du quatrième mandat prend forme de façon massive en février 2019 d’abord à Kherrata, cette petite ville symbole, théâtre du crime contre l’humanité commis par la puissance coloniale en mai 1945, puis par l’arrachage d’un portrait géant de Bouteflika accroché à la façade du siège de l’APC de la ville de Khenchela . C’est le 22 février, suite à des appels sur les réseaux sociaux, que les manifestations qui sont à leur 51e acte ont commencé dans plusieurs villes du pays.

L’espoir d’une rupture profonde

Les révoltes éparpillées des années durant, mais non moins significatives, qui ont jalonné le règne de Bouteflika, ont convergé pour constituer un mouvement national en passe de transformer radicalement la société algérienne.

En effet, on assiste à une irruption sans précédent des masses populaires et de la jeunesse sur le devant de la scène politique. La détermination est sans faille et la volonté de réaliser la rupture avec le pouvoir et ses pratiques est inébranlable.

Toutes les manœuvres du pouvoir et de ses clientèles ont été déjouées par le mouvement populaire qui continue à mobiliser, chaque semaine, des millions de personnes. (à suivre)

Mohamed Arroudj

1 Commentaire
S'abonner
Me notifier des
guest
1 Commentaire
plus anciens
plus récents plus de votes
Inline Feedbacks
View all comments
Mellah hocine
Mellah hocine
4 mois plus tôt

La profondeur du hirak est telle que des Hommes de la trempe de Hocine Ait Ahmed peuvent se reposer en toute quiétude dans l’au delà , car ils ont laissé des sillons profonds de maîtrise politique du quotidien. La société Algérienne, dans son écrasante majorité, à su se prendre en charge pour réclamer son indépendance, sa liberté et son savoir vivre afin de s’assurer un avenir radieux. Le hirak est un mouvement béni de Dieu , un mouvement révolutionnaire sans effusion de sang , sans violence , un mouvement qui assurera un « cleaning » du système politique. Le hirak à été… Lire plus »

ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Publicité
Coronavirus dans le monde

ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

A La Une

Articles récents

Coronavirus en Algérie

Populaires

1
0
J'adorerais vos pensées, veuillez commenter.x
()
x