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Politique

Lahaouri Addi : la mobilisation populaire s’inscrit dans la durée

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Les principales villes d’Algérie ont encore vibré le vendredi 7 février au son des clameurs des dizaines de milliers de personnes qui, depuis près d’un an, demandent le changement du régime.

La dynamique de la protestation populaire ne va pas s’arrêter car les dirigeants, c’est-à-dire les généraux, ne veulent faire aucune concession et refusent l’idée de transition démocratique. Le régime ne veut pas changer: il a modifié la façade civile qui n’a aucun pouvoir, sinon de gérer les affaires courantes, et qui reçoit des instructions d’un groupe de généraux qui, illégalement, font obstruction aux institutions.

Le dernier épisode d’un chef de la douane nommé par un décret signé par Tebboune et relevé de ses fonctions moins de 48h plus tard, signifie que le président en Algérie, même désigné par les généraux, n’a pas le pouvoir que lui confère la constitution. Les Algériens se sont soulevés pacifiquement pour mettre fin à cette situation qui empêche l’Etat de fonctionner dans le respect des hiérarchies institutionnelles. L’Etat algérien est dans l’incapacité de mobiliser les ressources matérielles et humaines pour développer le pays parce qu’un groupe de généraux refuse d’obéir à l’autorité véhiculée par les institutions.

Dit clairement, la branche militaire du pouvoir exécutif perturbe la hiérarchie des institutions de l’Etat. Malgré les arrestations d’anciens ministres (qui seront libérés dès que la protestation populaire s’arrêtera), malgré la désignation d’un nouveau président, qui a l’avantage sur le précédent de ne pas être sur une chaise roulante, le régime n’a pas changé d’un iota et il montre tous les jours sa volonté de pas changer.

La branche militaire du pouvoir exécutif considère toujours que les seuls représentants du peuple sont les généraux. Ces derniers refusent d’être de hauts fonctionnaires du ministère de la Défense et sont hostiles à l’idée d’obéir à une autorité civile issue des urnes.

Tant que les généraux sont dans cet état d’esprit, la mobilisation populaire continuera. Et elle continuera pacifiquement parce que le hirak ne veut pas donner aux généraux le prétexte d’utiliser l’armée dans ce conflit. La population estime que c’est son Armée, c’est son Etat.

L’armée appartient à l’Etat et non l’inverse. Comment ne pas se rappeler de cette phrase de Mohammed Harbi : « Les Etats ont une armée, et l’armée en Algérie a un Etat ». Le hirak veut mettre fin à cette anomalie héritée des vicissitudes de l’histoire. Le hirak ne s’arrêtera pas tant tant que le commandement militaire n’obéit pas à une autorité civile issue des urnes. La nation n’a pas créé une armée pour détenir la souveraineté à sa place. Elle l’a créée pour défendre les frontières.
Lahouari Addi

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