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Algérie : jeunesse étudiante et processus révolutionnaire en cours

Samir Larabi

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Depuis le début du processus révolutionnaire au mois de février 2019, la jeunesse et le mouvement étudiant ont joué un rôle important dans les mobilisations populaires qui ont contribué à ébranler le régime algérien.

Certes, les mobilisations estudiantines ont été amorcées via les réseaux sociaux, mais rapidement un élan d’auto-organisations s’est vite mis en place, notamment dans les grandes universités d’Algérie.

De grandes mobilisations jamais vues depuis le mouvement estudiantin de 2011. Des dizaines de comités ont vu le jour en un laps de temps, des représentants élus et des plateformes ont été élaborées. Pendant ce Hirak populaire, le mouvement étudiant s’est imposé comme force incontournable dans la construction d’un rapport de force en faveur du peuple en lutte, tout en dépassant le corporatisme dominant au sein de la population estudiantine. Une alliance objective et sur le terrain des luttes s’est construite avec les enseignants, les ATS, voire même avec le peuple. Les marches du mardi se sont transformées en manifestations populaires.

Au début du hirak, le mouvement étudiant était d’une grande force mobilisatrice, une mobilisation qui connait depuis quelques mois un net recul, malgré un regain timide à l’occasion des élections présidentielles du 12 décembre 2019.

De la nature de la vie estudiantine

La jeunesse étudiante n’est pas une classe sociale mais une catégorie contenant plusieurs origines sociales (bourgeoisie, petite bourgeoisie et ouvrière). Pendant la période de scolarisation, l’étudiant n’est pas soumis à un processus d’exploitation ou d’extorsion de la plus-value. il vit de l’argent des parents et des moyens octroyé par l’Etat sous forme d’aide directe ou indirecte, en plus des aides des parents. Les étudiants ne sont pas aussi maltraités que les travailleurs. Ce statut ne dure pas aussi dans le temps dans la mesure où l’apprenant ne passe que quelques années à l’université, c’est à dire une moyenne de quatre à cinq année, une durée qui se rétrécit avec la reforme LMD. Une catégorie qui évolue dans des conditions meilleurs que les travailleurs et les sans emplois et les autres secteurs de la jeunesse non scolarise et exclus du circuit économique, sociale et politique. Malgré cela, les masses étudiantes sont parmi les franges les plus actives et les plus révoltés des sociétés contemporaines.

Du rôle de l’institution universitaire

La fonction de l’université est de produire des élites gestionnaire du capitalisme et former une main d’œuvre qualifie réclames par le patronat et les grandes firmes, homogénéiser et structurer la pensée sociale selon les besoins idéologiques des classes dominantes, et reproduire les inégalités de classe. Enfin reproduire les rapports de domination et les conditions de sa reproduction.une fonction qui s’est accentuée a l’ère de la mondialisation capitaliste et de la révolution technologique, ou les institutions éducatives fonctionnent comme des entreprises.

En Algérie le rôle de l’université s’est radicalement transformé, de l’université anticolonialiste au service du développement national en une institution au service de la bureaucratie d’état et du patronat. Avec l’introduction de la reforme LMD qui la soumet au diktat du marché, l’université joue le rôle de productrice de main d’œuvre qualifiée pour les entreprises économiques.

La promulgation de la nouvelle loi d’orientation de l’enseignement supérieur qui légalise les universités privée et la création des pôles d’excellences consacrant ainsi l’enseignement a double vitesse. Et en ouvrant les services a l’initiative prives, l’état consacre la marchandisation de l’institution. L’université est un marché énorme dans le consommable informatique et chimique, dans la papeterie, dans l’équipement scientifique lourd et tous ses marchés méritent un regard très critique de la part des instances de contrôle du Trésor et de l’Etat.

Quant au contenu idéologique des enseignements dispensés. Il sacralise le capital, l’ irrationaliste et réprime de tout esprit critique. Les programmes pédagogiques sont ajustées pour légitimer l’ordre établit.

La raison de la colère

La révolte étudiante est un phénomène universel dans le monde d’aujourd’hui, montrant ses racines économiques et sociales, dirigé essentiellement contre les conséquences aliénantes de la prolétarisation du travail intellectuel dans la société marchande. La révolte étudiante est une réaction objective aux contradictions des rapports de production capitaliste basés sur la propriété prive des moyens de production et son incapacité à répondre aux besoins élémentaire de cette jeunesse de plus en plus qualifie.

A savoir un emploi digne et une insertion sociale. On appel ça une crise structurelle. S’ajoute a cela les mauvaises conditions de travail et de prise en charge des étudiants avec un niveau inégale entre les pays [riches et pauvres] entre les écoles et les universités notamment publiques. Cette crise s’ accentue dans les pays dit du tiers monde auquel on a impose les politiques d’ajustements structurel. Des ajustements qui a poussé les états à réduire les budgets alloués aux services publics, notamment a l’enseignement.

La révolte estudiantine trouve aussi son origine dans le fonctionnement non démocratique de l’institution universitaire ou l’apprenant est soumis pendant tout sont cursus a une aliénation accrue dans la mesure ou il ne contrôle le processus d’apprentissage et ne participe pas dans les débats et décisions le concernant en tant qu’ universitaire notamment dans une période ou l’université est soumise au marche capitaliste.

Un avenir incertain

Sortir de l’université à la fin des études, même avec un diplôme est devenue pour les jeunes diplômés universitaires est un véritable cauchemar. Des sa rentrée a la fac la majorité des étudiants savent pertinemment qu’aucune situation ne les attend. Sauf le chômage et la précarité de l’emploi .une situation qui les mets dans des situations les plus angoissantes. Et la période d’insouciance devient un souvenir lointain, et la peur du lendemain est quasi permanente sans avoir une solution clef en main devant le désinvestissement économique et la flexibilité de l’emploi. Même si les pouvoirs publiques rassurent a chaque occasion, des millions d’emplois vont être crées et la réforme LMD permettra a chaque étudiant d’avoir un boulot. Et cela en pleine crise mondiale.

D’ailleurs, plusieurs responsables du ministère de l’enseignement supérieur ont reconnu qu’entre 140 000 et 150 000 diplômes universitaire sont injectes dans le marche sans aucune perspective, notamment avec les plans d’austérités amorcés depuis 2014. Quant au mode de recrutement il se fait dans l’opacité, selon plusieurs rapport de l’ONS.

Des tâches actuelles du mouvement étudiant

Devant le recul des mobilisations étudiantes, la disparition de l’extrême majorité des comités et collectifs construits au début du Hirak populaire, il est plus que vitale de reconstruire ces structures sur des bases démocratiques et combatives. Il n’existe pas de recettes précises, mais ce processus peut être amorcé selon les données propre a chaque campus ou cité universitaire. Un processus de construction qui peut se faire dans un premier temps par la création de noyaux de débats, de collectifs, d’associations etc..Cependant avec une perspective d’élargissement au sein des campus et lieux de résidence. C’est à dire faire des assemblées générales, débattre, produire des plates formes et élire des délégués représentatifs.

Le processus de reconstruction doit veiller a ne pas tomber dans toute forme de sectarisme qui met les militants dans une position de donneurs de leçons aux masses, qui du point de vue du militants (sectaire) elles doivent laisser de coté les revendications immédiates considères comme des revendications secondaires.

Dans le même sillage l’avant-garde doit expliquer aux masse estudiantines que l’amélioration de leurs conditions générale et le salut de leurs familles, l’augmentation des salaires la disparition du chômage, les privatisations et toutes formes d’oppressions est impossible tant que ces parasites qui nous gouvernent et l’ordre prédateur dominants ne disparaît pas a jamais.

Le mouvement étudiant doit aussi impérativement approfondir son analyses du milieu estudiantin, du rôle de l’université et des transformations qu’elle subit actuellement, les origines sociales des étudiants, les conditions de vie mais également des conditions d’études de ces derniers, le niveau de qualification offerts par l’institution universitaire algérienne et les perspectives de formation universitaires pour les étudiants et le processus de transformation du système universitaire opère par l’état. Une analyse qui va lui permettre de dépasser cette phase de recul que connait le mouvement étudiant en lutte.

De nos tâches intermédiaires

Comme nous l’avons affirme précédemment il nous faut des revendications intermédiaires qui servent de pont entre les revendications immédiate du mouvement étudiant et le Hirak populaire en cours, et élaborer dans la mesure du possible un contre projet universitaire qui puisse rassembler les masses estudiantines au niveau national et créer les cadres unitaires selon les réalités des uns et des autres.

Parallèlement a ce processus de reconstruction et de redynamisation des structures de lutte, le mouvement étudiant révolutionnaire peut se contenter de quelques revendications et mots d’ordre intermédiaires :
– pour un enseignement public, de qualité pour tout les enfants du peuple et la suppression de tout enseignement sélectif et a double vitesse. Et contre toutes les mesures et tentatives de marchandisation de l’université et des œuvres sociale. Ainsi que la généralisation de l’utilisation des TIC.
– l’augmentation conséquente du budget alloué au secteur et l’augmentation des bourses des étudiants [6000 DA].Un budget destinée a l’amélioration des conditions socio-pédagogiques des étudiants et l’ouverture des postes budgétaire pour l’encadrement et tout types de fonctions.
– pour le plein emploi stable et durable et la suppression du service militaire.
– La défense des libertés démocratique, la libération des détenus politique et d’opinions, des franchises universitaires et du droit a l’auto organisation et le retrait de toutes lois et réglementations répressives. Une condition pour le développement de la pensée critique et la construction d’un mouvement étudiant autonome, démocratique et combatif. Il faut aussi imposer le contrôle étudiants sur la gestion de l’université par les comités d’instituts et les comités de cites.
– combattre toutes formes de discriminations, de hogra et toute forme de harcèlement.
– Tisser des liens solides et de solidarité avec la jeunesse non scolarisé en lutte.

Des luttes conjuguées avec la remise en cause de l’ordre marchand dominant, déconstruire le discours libéral dominant, le soutiens aux luttes des travailleurs et populaires, et prendre part a toutes les batailles démocratiques et anti-impérialistes. Une approche globale qui va permettre au mouvement étudiant en lutte d’avoir un ancrage dans le milieux étudiants et de la jeunesse, de faire avancer les luttes et de regagner les masses a la lutte révolutionnaire pour un changement démocratique et sociale.

Samir Larabi

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