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Gaz de schiste : Tebboune poursuit le projet de Bouteflika !

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L’exploitation du gaz de schiste est extrêmement compliquée. Elle repose sur l’utilisation de la technique de fracturation hydraulique « fracking » qui a très peu évolué depuis son apparition en 1940.

Cette technique consiste à briser la roche de schiste enfouie sous terre en injectant, sous haute pression, des quantités phénoménales d’eau mélangée avec des substances chimiques. L’eau injectée dans les puits est mélangée avec des produits dont la composition chimique est un secret commercial (Certaines études parlent de dizaines de substances chimiques !).

Pour atteindre les roches contenant du gaz de schiste, les forages sont très profonds et ouvrent davantage les fissures préexistantes. Parfois, ces forages traversent des couches contenant des minerais radioactifs (uranium, radium). Une fois libérée, la radioactivité finit toujours par remonter à la surface et l’on ne sait pas combien de temps elle met pour se dissiper.

En effet, la radioactivité en fonction de sa composition, peut mettre des heures, des mois ou des milliards d’années avant de disparaitre.

Il faut ajouter que les gisements étant généralement de très petites tailles, les sociétés d’exploitation sont amenées à forer un très grand nombre de puits pour arriver à extraire des quantités conséquentes et financièrement rentables.

Europe : une technique bannie

Au début des années 2000, beaucoup de pays européens se sont lancés dans l’exploration du gaz de schiste (Pologne, France…). Face aux alertes lancées par des organisations de défense de l’environnement et de la santé publique ainsi que les fortes mobilisations populaires, les pays européens, dans leur majorité, ont décidé d’arrêter ces explorations potentiellement très risquées.

Même le gouvernement conservateur britannique, pourtant très favorable au gaz de schiste, a décidé d’arrêter les travaux d’exploration de ce gaz depuis le 02 novembre 2019. Il était contraint à prendre cette décision suite au tremblement de terre qui a eu lieu en août 2019 près de Blackpool, dans le Lancashire (nord-ouest de l’Angleterre). Ce séisme était la conséquence directe des travaux d’exploration du gaz Schiste.

La Ministre chargée des entreprises et de l’énergie, Andrea Leadsom, avait expliqué avoir pris cette décision à la suite d’un rapport établi par l’organisme de régulation indépendant OGA (The Oil and Gas Authority). Ce dernier a étudié l’activité sismique récente près du site où a été pratiqué la fracturation hydraulique. Dans son moratoire, la Ministre a écrit : « Après avoir examiné le rapport de l’OGA, il est clair que nous ne pouvons pas exclure de nouvelles conséquences inacceptables pour la population locale. Pour cette raison, j’ai conclu que nous devrions instaurer un moratoire sur la fracturation hydraulique avec effet immédiat. »

En Allemagne, une loi a été adoptée en mars 2015, elle rend impossible l’exploitation du gaz de schiste, tant les restrictions sont nombreuses. Tandis que la France interdit cette activité sur son sol depuis 2011.

USA : une catastrophe écologique, sociale et sanitaire

Plusieurs rapports d’organisations indépendantes tirent l’alarme depuis plusieurs années sur les conséquences de l’exploitation du gaz de schiste aux USA, particulièrement dans certains Etats : Pennsylvanie, Texas et la Louisiane. Le coût sur les plans environnementaux, sociaux et sanitaires est très élevé.

1-Sur le plan de l’environnement :
La multiplication des forages de gaz de schiste aux USA provoque des destructions massives des paysages, la pollution des eaux, la prolifération de plantes invasives, et l’émission dangereuse de méthane et autres gaz toxiques à effet de serre.

L’autre conséquence qui inquiète l’opinion américaine concerne les séismes à répétition, en 2015 en Oklahoma près de 900 tremblements de terre ont été recensés.

2-Sur le plan social et sanitaire : La pollution de l’air et des eaux souterraines engendrée par cette activité est fort probablement à l’origine d’une augmentation de pathologies respiratoires (asthme), de cancers, de naissances prématurées.

La seule solution pour de nombreuses familles touchées par l’intoxication est de vendre leurs biens à des prix dérisoires et de partir loin de leur région. Les compagnies exploitantes font tout pour taire cette situation, elles vont jusqu’à offrir des sommes alléchantes à ces familles pour garder le secret.

Cette pratique mafieuse a éclaté au grand jour suite aux révélations faites par le journal « Pittsburg Post Gazette » en août 2013. Ce journal a révélé que le couple de la famille Hallovwich avait attaqué en justice la compagnie pétrolière Range Resources affirmant que les produits chimiques utilisés par cette société pour le forage des puits près de leur ferme ont eu des conséquences sur la santé de leurs deux enfants. Cette famille qui habitait dans la région du Marcellus Shale (Pennsylvanie) s’est vue offrir une compensation de 750 000 dollars contre le silence de tous les membres de la famille jusqu’à la fin de leur vie.

Les procès contre les sociétés énergétiques sur cette question se multiplient à l’exemple de la condamnation de la société Aruba Petroleum à verser à une famille victime la somme de 2 millions de dollars de dommages sanitaires.

Algérie : Tebboune sur les traces de Bouteflika

Après la loi abjecte sur les hydrocarbures dictée par les grandes firmes pétrolières, le pouvoir veut poursuivre le projet d’exploitation du gaz de schiste lancé par Bouteflika en mai 2014. Ce projet a été repoussé grâce à la mobilisation de la population et notamment à la valeureuse résistance des habitants d’Aïn Salah.

C’est un nouveau cadeau que veut faire le pouvoir à ses maitres occidentaux et en même temps ouvrir de nouvelles perspectives pour de nouvelles et prometteuses opérations prédatrices.

L’équation reste toujours la même : les grandes puissances dilapident les richesses du pays et en contrepartie apporte un soutien au pouvoir et contribuent au montage et mise en place de réseaux de corruption pour lui permettre de détourner des milliards via des paradis fiscaux.

Au mois de mars 2019, des contrats avec le français Total et l’Américain Exxon Mobil étaient en cours de finalisation dans le domaine du gaz de schiste. Le Hirak n’est certainement pas étranger à la suspension de ces contrats.

Le 5e mandat de Bouteflika était censé mettre en place un programme énergétique dont l’un des axes les plus importants est l’option gaz de schiste, c’est de toute évidence ce programme que Teboune veut relancer.

Teboune et Bouteflika c’est Moussa El Hadj et El Hadj Moussa. Ce n’est certainement pas en relançant le projet gaz de schiste et en présentant « El Batata » comme un axe programmatique qu’il va convaincre les Algériens du contraire.

Les Algériennes et Algériens savent que l’extraction du gaz de schiste peut engendrer des risques sérieux sur la santé des habitants et des situations graves et irréversibles sur la nappe phréatique de l’Albien (70% sur le territoire algérien). Cette nappe est la plus grande réserve d’eau douce au monde, elle constitue un trésor inestimable pour les futurs générations et peut devenir un moteur pour le développent du pays.

Abbes Hamadene

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Djamel
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Djamel

Ce ne serait pas raisonnable de dire d’emblée non au gaz naturel « non conventionnel ». Le gaz de schiste c’est du méthane, le même que celui que nous consommons aujourd’hui. Ce qui le diffère du gaz naturel dit « conventionnel » c’est la technique d’extraction. Savez vous que nous tirons notre pétrole grâce au gaz naturel qu’on ré-injecte sous pression dans les puits de pétrole ? Savez vous que la plus part des gisements (réservoir d’huile) sont noyés en dessous des deux couches qui composent l’aquifère, le complexe terminal et le continental intercalaire, de loin plus étendu que le premier. Tout… Lire plus »

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