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Politique

Le mouvement populaire face à de nouveaux défis

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Le mouvement populaire va bientôt clore son 11e mois de mobilisation et sa détermination demeure toujours intacte. La désignation par l’état-major de l’armée de Tebboune comme président n’a rien changé à la crise politique née le 22 février 2019.

De son côté, le pouvoir qui campe sur ses positions et sa stratégie du pourrissement, dans l’espoir d’un essoufflement du mouvement populaire, n’a pas évolué d’un iota.

Le pouvoir cherche à gagner du temps

Depuis sa désignation, Tebboune envoie des signaux en direction du Hirak et reçoit des personnalités qui ont, à un moment ou un autre, évolué au sein du système (Rahabi, Hamrouche, Benbitour, etc. Il a également évoqué l’idée du dialogue et celle d’un changement constitutionnel.

Mais à la lumière de l’évolution de la situation sur le terrain, il est clair que la stratégie du pouvoir demeure la même. Il est dans la manœuvre. L’objectif est de créer des brèches dans la mobilisation et de travailler à la diviser. Il se nourrit de l’espoir que le mouvement populaire va finir par s’effilocher. Les signaux envoyés ciblent en priorité la clientèle du régime et les opportunistes qui rodent dans le mouvement et qui n’attendent que le moindre geste du pouvoir pour tourner leur veste. La réaction d’un certain Sofiane Djillali en est une parfaite illustration.

La rue continue à rejeter le président désigné et refuse de lui accorder le moindre crédit. Elle réserve le même sort à ses propositions. Comment faire autrement d’ailleurs, alors que le pouvoir continue à bloquer tous les accès vers Alger et les grandes villes aux citoyens qui souhaitent y manifester pacifiquement.

Les arrestations des activistes et des animateurs du mouvement se poursuivent, alors que les médias publics et privés continuent leur cabale contre le Hirak. Ce dernier a raison de manifester son refus et sa fermeté face au pouvoir. En réalité, la rue ne veut négocier que le départ du système. C’est la revendication première et fondamentale des masses populaires depuis le début du mouvement.

L’état de la mobilisation

Depuis quelques semaines, des voix se font entendre, et tels des oiseaux de mauvais augure, prétendent que la révolte pacifique a échoué. Que répondre à ces voix qui ont toujours pris le peuple algérien de haut ? Ceux-là même qui veulent décider à la place du peuple, lui dicter sa conduite.

En réalité, ces gens sont dépassés par l’ampleur du mouvement, sa longévité et surtout par son obstination à faire aboutir ses revendications. D’ailleurs, ils n’hésitent pas à qualifier ce Hirak qui tient à ses revendications de minorité de radicalisés, une formule qu’avait utilisée le défunt chef de l’état major de l’armée à maintes reprises. Ils se seraient certainement contentés de petits changements cosmétiques qui les propulseraient aux postes de commande.

En fait, ils n’ont pas compris que les Algériens veulent une rupture totale avec le système en place. La mobilisation massive, lors du 48e acte qui a eu lieu ce vendredi 17 janvier, apporte un démenti cinglant à ceux qui veulent enterrer rapidement un mouvement populaire inédit et historique.

Ils étaient des millions d’Algériens à battre le pavé dans les grandes et petites villes du pays. Les tentatives d’intimidation, à travers des attaques organisées par des cercles occultes, contre les manifestations dans plusieurs villes du pays n’ont en aucun entamé la détermination des citoyens. Au contraire, tous ces dérapages ainsi que les manœuvres dilatoires du régime ont occasionné un regain considérable de la mobilisation. Le débat qui continue au sein du mouvement participe à l’amélioration de la conscience politique et les semaines et les mois qui passent conduisent à la décantation nécessaire.

Les Algériens veulent leur Constitution

La rue a clairement exprimé son rejet du dialogue proposé par le système. Elle ne veut non plus rien entendre des changements constitutionnels auxquels il fait allusion. Les Algériens veulent une nouvelle constitution, après un débat profond au sein de la société.

Une nouvelle constitution qui va consacrer tous leurs droits et il n’y a qu’une nouvelle assemblée qui peut rédiger une nouvelle loi fondamentale et la proposer au peuple pour adoption. Ils ne veulent pas se contenter de quelques bricolages comme ceux qu’on a maintes fois opérés à l’occasion des différentes crises que le pays a vécues. En fait, ils veulent prendre leur destin en main.

S’organiser pour faire face aux défis de l’heure

Le mouvement populaire fait face à de nouveaux défis et leur ampleur ira crescendo au fil du temps. Pour y faire face, il doit, en plus de la résistance nécessaire, trouver les moyens à même de le mener à la victoire. En effet, il ne peut continuer à faire l’impasse sur la question de son organisation. Les modalités et les formes sont nombreuses et c’est à lui de faire ses choix. Toutes les révolutions victorieuses se sont données, à un moment de leur évolution, une direction politique.

Il nous semble vital que les animateurs du mouvement engagent, sans plus tarder, un débat sur cette question. Les craintes que cela soulève sont légitimes, mais elles ne doivent pas constituer un frein. Il faut opter pour des structures collégiales et révocables à tout moment. Ces structures doivent agir sous le contrôle de la rue. Les expériences de quartiers de certaines villes doivent servir d’exemple. Si le mouvement populaire parvient à se donner une représentation, il va constituer une véritable alternative au pouvoir en place.

Mohamed Arroudj

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