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Le 48e vendredi : la révolution des Algériens en force

Lahouari Addi

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Ceux qui ont prédit l’échec de la révolution du sourire après le scrutin administratif du 12 décembre ne connaissent pas la nature du hirak. Pour échouer, il faut avoir un ennemi, or le hirak n’a pas d’ennemi.

Ni l’armée, ni l’Etat ne sont ses ennemis car ils sont son armée et son Etat. Le hirak veut entreprendre la deuxième étape de la construction de l’Etat. Depuis l’indépendance, l’Etat a été réduit au pouvoir exécutif dominé par sa branche militaire, ce qui a bloqué l’avenir du pays en le menant vers la corruption et le gaspillage.

Le hirak veut reconstruire le pouvoir exécutif en le faisant dominer par le pouvoir législatif, ce que refusent pour le moment le commandement militaire et son personnel civil. Abdelmajid Tebboune dit que je veux entreprendre cette tâche, mais le hirak lui dit qu’il n’a pas la légitimité électorale pour s’imposer à la branche militaire du pouvoir exécutif qui l’a désigné à sa fonction.

Pour entreprendre les réformes demandées par la révolution du sourire, il faut avoir une autorité sur le commandement militaire qui bloque le processus de rénovation des institutions.
Si Tebboune veut gagner la confiance de la population, il lui faut donner des preuves qu’il est un président à part entière exerçant les prérogatives que lui donne la constitution. Il lui suffit de faire un discours public à la télévision dans lequel il déclare que tout militaire âgé de plus de 65 ans est désormais mis à la retraite, y compris les membres de l’Etat-Major dont le général Chengriha. La mesure prenant effet dans l’immédiat.

Elle n’est pas révolutionnaire, elle ne fait qu’appliquer un texte règlementaire bafoué par la branche militaire du pouvoir exécutif. Avec une telle décision de bon sens, Tebboune pourrait être un président de transition. Il prendrait attache avec des représentants du hirak pour discuter des réformes à apporter en vue de reconstruire le champ politique.

L’objectif sera de créer les conditions pour que les élections donnent naissance à un vrai pouvoir législatif souverain qui veille à l’indépendance du pouvoir judiciaire et qui contrôle le pouvoir exécutif.

Cette demande de la transition vient des profondeurs de la société, dans sa composante urbaine et rurale, et le hirak ne s’arrêtera qu’avec sa satisfaction. Parler d’échec du hirak, c’est méconnaître la société et ses aspirations.

Le hirak est puissant par plusieurs facteurs: son nombre (des centaines de milliers de manifestants), son pacifisme (djeich, chaab, khawa-khawa), son unité autour d’un objectif commun (yetnahaw ga3), la maturité de ses slogans (dawla madania, la ‘askaria), son encadrement informel (le rôle des étudiants), son ancrage dans le passé anti-colonial (ya ‘Ali, klaw el bled), et enfin sa conscience nationale (mzabi, chaoui, kbaili, ‘arbi… koulouna wled ‘Amirouche).

Le match est parti pour durer. Pour l’instant le score est : Hirak:48 – Pouvoir Exécutif: 0

Lahouari Addi

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