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Fragile cessez-le-feu en vigueur en Libye, après des mois de combats

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Un cessez-le-feu à l’initiative d’Ankara et de Moscou est entré en vigueur dimanche en Libye, pays ensanglanté par plus de neuf mois de combats aux portes de sa capitale, après un intense ballet diplomatique suscité par la crainte d’une internationalisation accrue du conflit.

Un cessez-le-feu pour l’instant fragile, est annoncé. L’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui tente depuis avril sans succès de s’emparer de Tripoli, a proclamé ce cessez-le-feu, peu avant son entrée en vigueur prévue à minuit.

Son rival Fayez al-Sarraj, chef du Gouvernement d’union nationale (GNA, basé à Tripoli) a annoncé quelques heures plus tard qu’il acceptait lui aussi une cessation des hostilités, tout en soulignant le « droit légitime » de ses forces de « riposter à toute attaque ».

Soucieuse de rester à « équidistance » des deux camps, Alger a rejeté toute ingérence étrangère en Libye et a exhorté toutes « les parties libyennes à retourner rapidement à la table des négociations ».

Lundi dernier, en recevant le chef du GNA, Fayez El Serraj, le président Tebboune a eu à réitérer « l’attachement de l’Algérie à préserver la région de toute ingérence étrangère » au moment où la Turquie avait décidé de déployer des troupes en Libye « en soutien » au GNA. Pourtant rien n’était évident dans une Libye aux prises à des interventions étrangères puissantes.

Des tirs d’artillerie ont été entendus peu après minuit depuis le centre de Tripoli, avant qu’un calme précaire ne règne sur la banlieue sud de la capitale, théâtre des combats depuis plusieurs mois, selon des journalistes de l’AFP et des témoins.

Contacté par l’AFP en milieu de journée, un porte-parole des forces pro-GNA, Moustafa al-Mejii, a fait état d’une « situation calme jusqu’ici sur les fronts ».

Dans un communiqué, le GNA a précisé avoir relevé des « violations » de la part des « milices pro-Haftar dans les régions de Salaheddine et Wadi al-Rabii, au sud de la capitale, « quelques minutes après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ».

Il a par ailleurs rappelé « sa position immuable » selon laquelle « toute initiative de cessez-le-feu ne peut réussir sans le retrait de l’agresseur (les pro-Haftar, NDLR) d’où il est venu », c’est à dire de l’est et du sud du pays.

Si aucun mécanisme de surveillance du cessez-le-feu n’a été annoncé, le GNA a appelé dans un autre communiqué « les commissions militaires proposées par les deux camps à préparer les mesures relatives au cessez-le-feu, sous l’égide de l’ONU ».

Situation « calme »

Les présidents turc, Recep Tayyip Erdogan, et russe, Vladimir Poutine, avaient pris l’initiative mercredi d’appeler les camps rivaux à cesser les hostilités.

Dimanche, Ankara a estimé que les deux parties s’efforçaient « de respecter » la trêve, évoquant une situation « calme », dans un communiqué du ministère de la Défense.

Depuis le début de l’offensive des pro-Haftar, plus de 280 civils ont été tués, selon l’ONU. D’après la même source, plus de 2.000 combattants ont en outre péri et 146.000 Libyens ont dû fuir les combats, dans un pays en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

L’entrée en vigueur du cessez-le-feu intervient après un intense ballet diplomatique cette semaine, emmené par la Turquie et la Russie, devenus des acteurs clé.

Les deux camps semblent avoir cédé aux pressions diplomatiques, face aux craintes d’une internationalisation accrue de ce conflit sur la rive sud de la Méditerranée.

Craintes d’une « seconde Syrie »

Alors que l’Europe redoute que la Libye ne devienne une « seconde Syrie », la chancelière allemande Angela Merkel s’est entretenue samedi à Moscou avec M. Poutine.

Mme Merkel a salué les efforts russo-turcs et dit espérer pouvoir bientôt lancer « les invitations pour une conférence à Berlin sous l’égide de l’ONU ».

Dans la soirée de samedi, MM. Poutine et Erdogan ont en outre discuté par téléphone et réaffirmé leur « volonté de (…) fournir une aide sur tous les aspects pouvant permettre de faire avancer le processus du règlement politique », selon le Kremlin. Ankara avait demandé plus tôt à Moscou de convaincre le général Haftar de respecter le cessez-le-feu.

Au début du mois, la Turquie a déployé des militaires pour soutenir le GNA et est accusée d’avoir envoyé des combattants syriens pro-turcs combattre les pro-Haftar.

La Russie est de son côté soupçonnée d’avoir envoyé des centaines de mercenaires soutenir les troupes du maréchal Haftar, qui bénéficient également de l’appui des Emirats arabes unis et de l’Egypte.

M. Poutine a une nouvelle fois rejeté ces accusations, samedi.

Les Etats-Unis ont eux dénoncé samedi soir le « déploiement de mercenaires russes (…) et de combattants syriens soutenus par la Turquie », dans un communiqué de son ambassade.

Celle-ci a en outre indiqué que de hauts responsables américains avaient rencontré séparément, jeudi à Rome, le maréchal Haftar et le ministre de l’Intérieur et homme fort du GNA, Fathi Bachagha, pour « encourager » une « désescalade » et une reprise d’un dialogue interlibyen.

Accélérant ses efforts diplomatiques, l’Algérie avait accueilli le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, dans le cadre d’une visite officielle axée essentiellement sur la Libye. Les entretiens avaient été axés notamment sur des « moyens à mettre en oeuvre pour éviter (…) une aggravation de la situation » en Libye.

Le ballet diplomatique centré sur le règlement de la crise libyenne s’est poursuivi jeudi à Alger avec l’arrivée des chefs de la diplomatie égyptienne et italienne, Sameh Choukri et Luigi Di Maio.

En parallèle aux efforts et au rôle pivot de l’Algérie, le Conseil paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a décidé il y a quelques jours de se réunir en sommet début février pour examiner la situation en Libye et au Sahel, en proie à des actes terroristes. Avec AFP/APS

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