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Lahouari Addi : l’assassinat comme méthode de gouvernement

Lahouari Addi

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Lahouari Addi revient dans ce texte sur l’assassinat comme méthode de gouvernement, de Abane Ramdane à Abdelkader Hachani, en passant par Mohamed Khider et Ali Mecili.

Le texte ci-dessous écrit par Hocine Ait-Ahmed donne une idée sur la nature d’un régime qui a privatisé l’autorité publique pour en faire un moyen de jouissance et de domination au-dessus des lois des hommes et de l’éthique divine. Tout pouvoir qui ne se donne pas de limite constitutionnelle piétinera la vie pour se perpétuer.

Le régime algérien n’a pas hésité à tuer même les pères de l’indépendance : Khider, Boudiaf… Il n’hésite pas à tuer aussi ceux qui l’ont servi dès lors qu’ils veulent corriger des défauts du système : Medeghri, Merbah… La guerre de libération a malheureusement attiré des exaltés qui ont sacralisé la politique. Une divergence politique devient une trahison punie de mort. Ailleurs, la politique débouche sur des compromis et charge l’électorat de désigner temporairement la majorité et la minorité. En Algérie, la politique tue en utilisant des truands et des repris de justice réhabilités pour services rendus au pouvoir. Un pouvoir inhumain où il n’y a pas de chef et qui a fait de l’Etat un budget à piller.

L’Etat est devenu un système désincarné où les acteurs n’obéissent qu’à l’instinct de survie. Toute la stratégie du système aujourd’hui est de répondre à la question suivante: comment survivre au hirak ? Comment l’affaiblir et lui faire peur ? Comment l’amadouer ? Comment le détourner de ses revendications ? Aucun dirigeant n’envisage la possibilité de répondre aux revendications légitimes du hirak. Pourquoi ? Parce que le système fonctionne sans dirigeants. Il n’y a pas de chef d’Etat, ni de chef de l’armée. Il n’y a que des fonctionnaires qui servent un système sur lequel ils n’ont aucune prise.

Tebboune est juste le chargé d’affaires de l’administration gouvernementale. Le général Chengriha ? C’est un haut-fonctionnaire du ministère de la Défense qui n’a aucun pouvoir en dehors du système. Et si jamais il veut le changer, il sera éliminé et remplacé par un haut-fonctionnaire plus fidèle au système. La logique du système depuis l’indépendance est de n’avoir recruté que des médiocres pour le servir afin qu’il les domine.

Le système domine ses acteurs, mais depuis février 2019, il a face à lui un acteur puissant qui le changera, c’est le hirak. Le hirak fera du président un vrai président et du général un vrai général. Ils ne seront plus dominés par le système qui aura une autorité supérieure: le corps électoral. Et l’Etat n’aura plus besoin de recruter des repris de justice et des baltagias pour assassiner. Le hirak va réhabiliter l’Etat en lui ajoutant, outre la légitimité, la dimension humaine qui lui a manqué.

Lahouari Addi, L’assassinat comme méthode de gouvernement

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Mellah hocine

Le système Algérien , le régime Algérien , le pouvoir Algérien , trois entités qui s’imbriquent pour en faire, au final, une seule. Le système Algérien , édifié depuis 1962 ,est issu de l’élimination pure et simple du GPRA. Ce système est basée sur la violence , l’élimination physique , donc par les armes pour s’accaparér les richesses et les institutions Algériennes. La question de citoyenneté reste étrangère aux acteurs du système. Le pouvoir exécutif , qui appartient au président chef suprême des armees , s’accapare le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif qui ne ne sont qu’une façadeou une… Lire plus »

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