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Commémoration du décès de Hocine Aït Ahmed : l’intervention de Hakim Belahcel

La Rédaction

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Nous reprenons ci-dessous l’intervention du premier secrétaire national du FFS, Dr Hakim Belahcel, lors du meeting commémoratif du 4e anniversaire du décès de Hocine Aït Ahmed.

Chers camarades
Chers amis
Honorable assistance
Salam Alaykoum, Azul dhamokrane felawen

C’est toujours un immense plaisir et un très grand honneur pour moi de me retrouver avec vous dans cette place mythique, qui représente symboliquement, l’épicentre des luttes pour la liberté et du combat démocratique ici à Tizi Ouzou.

Je ne peux pas entamer mon allocution sans vous témoigner ma grande joie et mon profond soulagement suite à la libération des détenus politiques et d’opinion hier à travers le pays.
Comment ne pas l’être alors qu’ il s’agissait de décisions judiciaires arbitraires et abusives prises sans fondement et sans raison valable ,contre des militants politiques et animateurs sociaux, contre des étudiants et des journalistes pacifiques et contre un symbole vivant et un grand Moudjahid de la guerre de libération nationale, Si Lakhdar Bouregaa.

Je tiens à rendre un hommage solennel au nom de la direction nationale et au nom de l’ensemble des militants du FFS, à ces vaillants détenus ainsi qu’à leurs familles respectives. Car ,au-delà de leurs engagements au profit de cette révolution populaire, il faudra reconnaître qu’ ils avaient subi une injustice incommensurable et des épreuves très éprouvantes .

Je tiens à rendre un hommage exceptionnel, à l’un des artisans de la glorieuse guerre de libération nationale et l’un des fondateurs du FFS historique, à savoir le commandant de la wilaya 4 historique Si Lakhdar Bouregaa.

Je vous prie de vous lever comme un seul homme en guise de reconnaissance à ce grand monsieur qui ne cesse de nous prodiguer des leçons de courage et de persévérance .
Par contre, il faudra mentionner et avec force, que ces libérations ne pouvaient être envisageables sans le soutien massif et continue du peuple algérien. Tout le mérite lui revient.

Aussi et c’est la chose principale. Nous espérons que cette ambiance euphorique combien même légitime et compréhensive ,ne devra en aucune manière nous distraire des revendications principales et initiales du Hirak. À savoir, le changement radical du système et l’avènement de la deuxième République, prélude de la construction d’un état de droit et de liberté.

Chers camarades et amis,

Il y’a seulement quelques mois, nous avions tenu ici même un grand meeting pour célébrer le 56e anniversaire de la fondation du front des forces socialistes. C’était un moment très important pour le parti car ,il coïncidait avec l’amorce d’une nouvelle initiative interne afin de remobiliser nos militants, ressouder nos rangs dispersés et redéployer nos effectifs et nos efforts dans la révolution populaire du sourire.

Plus que ça, c’était surtout un moment déterminant pour le peuple et le pays qui étaient engagés dans une révolution historique pour imposer le changement radical du système de gouvernance et l’amorce d’une alternative démocratique dans le pays .

C’est pour cet objectif majeur ,que plusieurs partis politiques de l’opposition ,des segments importants de la société civile et des personnalités politiques indépendantes s’étaient regroupés pour signer le pacte politique pour l’alternative démocratique.
Cette démarche consensuelle et inédite de rapprochement et de concertation politiques, constituait déjà l’un des indéniables acquis de ce grand soulèvement populaire .

Aujourd’hui encore ,nous nous retrouverons ici dans cet endroit , pour marquer une autre halte avec l’histoire afin de rendre un hommage particulier à un homme exceptionnel.

Effectivement ,nous sommes réunis aujourd’hui ici, pour évoquer le parcours et l’itinéraire inégalables de l’un des monuments de l’histoire contemporaine de notre pays. À savoir notre président légitime, feu Hocine Ait Ahmed.

Chers camarades et amis,

Quatre années sont passées depuis la disparition tragique de l’un des acteurs principaux du mouvement national algérien , l’un des piliers de la guerre de libération nationale et le précurseur du combat démocratique et politique en vue de l’avènement de la deuxième République et l’instauration d’un État de droit et de liberté.

Quatre longues années se sont écoulées, depuis l’éclipse de l’un des fervents défenseurs des droits de l’Homme et des causes justes à travers le monde .C’était l’ami fidèle des peuples opprimées et repère incontestable pour plusieurs générations de militants d’ici ou d’ailleurs ,épris de liberté et de justice sociale.

Il y a 4 ans, jour pour jour, le peuple algérien avait exaucé le vœux le plus profond du regretté
Si l’Hocine, qui était d’être enterré dans son village natal, sans fanfares et sans protocoles, car il escomptait seulement être accompagné dans sa dernière demeure avec sobriété et simplicité.

Résultat, Da l’Hocine a été inhumé par des centaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens sans parler des millions de nos concitoyennes et concitoyens qui, hélas, étaient contraints de suivre ces funérailles historiques et populaires retransmises en direct par plusieurs chaînes de télévisions.

Oui chers amis, chers camarades, ce fut un moment de grande ferveur et tristesse. Comme ce fut un remarquable moment de retournement de consciences et de conceptions chez beaucoup d’Algériennes et d’Algériens qui venaient de prendre connaissance de l’ampleur et de l’envergure d’un homme unique qui a été longtemps discrédité et maltraité par le régime algérien et ses machines propagandistes et mensongères.

Feu Hocine Aït Ahmed, Allah yerahmou, a consacré sa vie entière à se battre pour la liberté et la dignité humaine. Il a été un leader politique charismatique et emblématique non seulement ici en Algérie, mais dans le monde entier. Ses principes et ses idées, ses efforts et ses combats pour l’émancipation des peuples de l’emprise des diktats des régimes coloniaux et leurs façades locales, retrouvent tout leurs sens et crédits aujourd’hui. Il est de même, pour sa vision et ses prévisions pour l’édification d’un grand Maghreb des peuples qui consacrerait l’intégration sociale, économique et culturelle.

Il savait déjà, que face aux futurs défis mondiaux, face aux bouleversements économiques et géostratégiques ,il fallait se prémunir et s’unir à l’intérieur d’une entité maghrébine, naturellement enduite d’une symbiose culturelle, identitaire et religieuse. C’est un chantier colossal mais combien vital pour la pérennité de nos nations et de notre existence commune.

Mais il savait surtout, que pour construire une véritable carapace hermétique aux assauts d’une globalisation monstrueuse et des stratégies de réajustement et de repositionnement à l’échelle mondiale ,il fallait d’abord jeter les bases d’une véritable démocratie dans le pays et construire un État solide et inattaquable, car bâti sur un socle fait d’institutions légitimes et représentatives.

Loin des simulacres électoraux, des représentations fantoches et rentières et des exécutifs obsolètes et illégitimes.

Oui chers amis et camarades,

Da l’Hocine savait aussi que pour imposer ce changement radical et pour construire ce rapport de force social et politique qui permettra enfin à l’Algérie de s’inscrire dans une ère démocratique, il fallait d’abord installer une culture politique, des pratiques éthiques et un travail de conscientisation pédagogique. Car il savait que le marasme était profond et que la crise multiforme nationale ne pouvait être endiguée par une cascade de prières ou de bonnes intentions. Il fallait donc agir et vite.

C’est pour cette raison, que le regretté avait toujours priorisé le dialogue et la concertation comme moyens modernes, transparents et démocratiques pour déraciner les obstacles et créer des ponts de réconciliations et de compromis politiques. Comme il était surtout écarté de confondre compromis avec compromission et dialogue réel avec dialogue souterrain et obscur.

Ses multiples propositions de sortie de crise et ses nombreux appels à l’apaisement et à la Rahma témoignent de la noblesse de ses intentions et surtout de la justesse de son approche construite sur une énorme expérience d’écoute et de prospective politique et sociale.

À travers le FFS qu’ il avait jadis fondé avec de valeureux militants patriotes et engagés à l’image de Si Lakhdar Bouragaa pour qui nous dédions d’ici, nos pensées et nos salutations les plus reconnaissantes et profondes, feu Hocine Ait Ahmed avait proposé d’aller vers un véritable dialogue de nature inclusive, globale et sincère.

Naturellement, il avait récusé l’instrumentalisation des rapports violents et des politiques discriminatoires comme moyens de luttes ou stratégies sournoises pour se maintenir au pouvoir.

Pour lui ,la situation politique nationale recommanderait l’élection d’une assemblée constituante souveraine comme démarche politique profonde et représentative pour l’avènement de la deuxième République.

Aujourd’hui, nous constatons qu’après tant de temps perdu à subir les affres d’un pouvoir hégémonique et mafieux, après plusieurs décennies de luttes et de hauts sacrifices pour la liberté et l’autodétermination et autant d’années de promesses non tenues et d’espoirs égarés, la situation politique actuelle dans le pays demeure inextricable et les principes de l’irremplaçable Hocine Ait Ahmed restent toujours d’actualité.

D’ailleurs, après plus de 11 mois depuis l’éclosion de la révolution populaire algérienne, les mots d’ordre et les revendications des millions d’Algériennes et d’Algériens se recoupent et s’alignent derrière la nécessité impérieuse d’aller vers l’élection d’une assemblée constituante souveraine comme unique moyen démocratique qui sied aux exigences de la situation politique nationale.

Chers camarades, honorable assistance,

Le dernier coup de force électoral qui s’est déroulé à ciel ouvert et sous le regards complice et consentant de la communauté internationale ,a encore une fois ,monté une façade civile illégitime d’un pouvoir réel qui tient les commandes de notre pays depuis 1962.

Malgré le retentissant rejet populaire de cette énième escroquerie électorale et en dépit de la persévérance du peuple algérien dans ses gigantesques démonstrations de rue à travers le pays, le pouvoir algérien a décidé de maintenir le cap et d’occulter encore plus les aspirations légitimes du peuple révolté.

Après la date fatidique du 12 décembre, qui a aggravé le décalage entre le peuple algérien et les tenants du pouvoir réel dans le pays, la situation politique nationale est devenue de plus en plus dangereuse et compromettante pour l’avenir de notre nation.

Au lieu, de reconsidérer leurs positions aventureuses pour s’inscrire enfin dans le bon sens de l’ histoire et se réconcilier avec le peuple et ses aspirations, les décideurs d’aujourd’hui comme ceux d’hier, continuent à réprimer les manifestants pacifiques, à emprisonner et à harceler les militants politiques et à installer un climat de terreur et de division au sein des populations.

Grands maîtres dans la stratégie de la carotte et du bâton, ils viennent de lancer par le biais du désigné fraîchement installé au palais d’El Mouradia, un appel au dialogue.

Le FFS, cohérent avec sa ligne politique et ses principes fondamentaux et fidèle à son profond engagement aux côtés du peuple algérien révolté depuis presque une année maintenant, a vite rejeté cette offre de dialogue qui ne répond ni aux standards de transparence et ni aux préalables politiques nécessaires pour installer la confiance et la crédibilité dans une telle initiative de sortie de crise.

Le peuple algérien et le FFS refusent de crédibiliser ou de légitimer un faux dialogue qui a comme seule et unique vocation. Gagner du temps et duper l’opinion publique nationale et internationale.

Affligé par cette réaction prompte et sans concession du FFS, la machine propagandiste du pouvoir s’est vite mise en branle pour annoncer à tort ,l’adhésion de notre parti à cette nouvelle arnaque du pouvoir.

À partir d’ici de Tizi Ouzou, le bastion historique et traditionnel du combat démocratique et des luttes pour la liberté et la dignité, nous récusons ces allégations mensongères et ces tentatives malveillantes d’installer la confusion et l’incompréhension chez le peuple algérien.

Non, le FFS ne bradera jamais les aspirations légitimes du peuple algérien.

Non, le FFS ne renoncera jamais à ses principes et à ses idéaux qui ont fait de lui un parti fort de sa crédibilité et de la haute estime que lui porte le peuple algérien.

Non, le FFS n’acceptera jamais de s’inscrire dans un dialogue dont les tenants et les aboutissants sont forgés d’avance.

Non le FFS ne validera pas un dialogue factice aggravé par le maintien en détention arbitraire de plusieurs militants politiques et de leaders d’opinion.

Le FFS et plusieurs forces vives de la nation sont convaincus que seul un processus constituant et une véritable transition démocratique sont les seules et raisonnables solutions qui épargneront à notre peuple et à notre pays le péril et le chaos.

Car, ils prendront en considération les revendications légitimes du peuple algérien et mettront enfin, le peuple algérien au centre de toutes les décisions. Du coup, l’Algérie sera définitivement prémunie des plans diaboliques étrangers qui favorisent le maintien des régimes illégitimes pour mieux les asservir.

D’ailleurs et dans le même contexte, le FFS exprime son inquiétude suite aux derniers développements enregistrés aux niveaux de nos frontières avec la Libye.

Le FFS espère que la communauté internationale et les pays de la région tirent les conclusions idoines des expériences du passé et des tragédies humanitaires engendrées par la prolifération de la violence et du chaos. Le bilan est affligeant et désastreux ! Des nations entières sont déchiquetées et décimées et des millions de personnes se voient proies à la mort, à l’exode ou aux multiples trafics et exploitations .

Le FFS espère surtout que l’Algérie, pays majeur dans la région ne soit pas entraînée dans ces logiques guerrières et suicidaires. Aucune force au monde ne devra avoir l’amplitude de nous imposer des choix sécuritaires, économiques, diplomatiques ou politiques autres que ceux qui seraient définis exclusivement par nos intérêts stratégiques et nos principes de bons voisinages et de réciprocité.

Outrepasser ces principes et ces valeurs-là, c’est remettre en cause notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale.

À la fin, nous réitérons notre attachement et notre fidélité au patrimoine politique et historique légué par notre cher président feu Hocine Ait Ahmed.

Comme nous demeurons cohérents avec notre conduite initiale et originelle envers la formidable révolution populaire et pacifique.

Nous nous engageons devant vous, devant le vaillant peuple algérien et devant l’histoire de maintenir le cap et de continuer à nous battre pacifiquement jusqu’à l’avènement de la deuxième République et l’édification d’un État fort de ses institutions légitimes et représentatives.

Allah yeraham Si l’Hocine.

Merci beaucoup pour votre aimable écoute.
Thanmirth tamokrant .
Le combat continue.

Vive l’Algérie libre et démocratique
Vive le FFS
Gloire à nos valeureux martyrs

Intervention du premier secrétaire national du FFS, Dr Hakim Belahcel, lors du meeting commémoratif du 4e anniversaire du décès de Hocine Aït Ahmed, prononcé le 3 janvier.

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Mellah hocine

Un grand merci pour l’équipe DZVID pour avoir rapporté cette déclaration pure et porteuse de grand espoir pour une nouvelle Algérie telle que voulue par feu Hocine Ait Ahmed. Le combat continue.

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