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Hirak : libération des détenus et après ?

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Comment évoluera le mouvement populaire ou hirak après la libération des détenus d’opinion et pour port de drapeau amazih ? Lecture.

À la surprise générale, en ce 2 janvier de la nouvelle année, nous avons assisté à la libération des détenus du hirak arrêtés injustement pour leur opinion politique ou pour le port de drapeau amazigh. Si notre premier sentiment est, en effet, la joie de voir toutes ces personnes injustement et arbitrairement emprisonnées retrouver leur liberté et leur famille, il n’en demeure pas moins que cela soulève moultes interrogations.

Un acquis du hirak

D’abord, il faut souligner avec insistance, qu’il s’agit là, incontestablement, d’un acquis du mouvement populaire ou hirak. Faut-il rappeler que cette revendication a été au cœur du Hirak dès les premières arrestations ?

Cela révèle aussi l’échec de la politique du tout répressif du pouvoir. Le hirak a posé, comme préalable à toute initiative politique, la libération, sans condition, de tous les détenus. Il y a quelques semaines, le pouvoir, ses médias et ses clientèles traitaient ces détenus de tous les noms et les intégraient dans la catégorie « droit commun ». Je ne parlerai pas des outrances de certaines voix actionnées par des cercles proches du pouvoir dont le métier a été de dévier le mouvement en utilisant les méthodes les plus ignobles en cherchant, notamment, à diviser le peuple.

L’après-Gaïd-Salah

Pourquoi procède-t-on à cette libération des détenus du hirak maintenant ? Il y a deux éléments ou plutôt trois qui ont mené à cette initiative. D’abord, il y a la présidentielle imposée par l’état-major de l’armée, puis la disparition de Gaïd Salah son chef. Mais, ces deux faits n’auraient rien changé sans la poursuite de la mobilisation.

Rappelons que le vendredi dernier, beaucoup de manifestations ont été attaquées sans que cela n’émeuve personne en haut lieu. C’est vrai qu’il y a eu l’appel au dialogue du président désigné et la réponse du hirak qui exigeât la libération de tous les détenus d’opinion, mais il est difficile de croire que ce développement explique tout, car le jour même de l’investiture de Abdelmadjid Tebboune, on a condamné un jeune poète à 18 mois de prison ferme.

Le principal élément qui a changé la donne est, sans doute, la disparition de Gaïd Salah. A-t-il été l’homme à l’origine du blocage de la situation depuis des mois ? C’est certainement vrai d’autant plus qu’il a été l’unique « interlocuteur » du mouvement populaire en ne s’épargnant rien pour discréditer le mouvement et l’affaiblir. Il a constitué, depuis le départ forcé de Bouteflika, le seul homme fort du pouvoir et a concentré entre ses mains tous les pouvoirs ordonnant l’arrestation d’innocents et allant jusqu’à fixer lui-même la date des présidentielles.

Une autre question vient nous tarauder à savoir : est-ce que cette disparition va rabattre les cartes et changer les rapports entre les différents clans du pouvoir ? Les nouveaux développements nous poussent à répondre par l’affirmative. Les jours et les semaines qui viennent vont certainement apporter d’autres éclaircissements.

Poursuivre la mobilisation et affirmer clairement notre projet libérateur

La libération des détenus est, comme nous l’avons déjà souligné, un acquis non négligeable du mouvement populaire (hirak). Il faut l’affirmer haut et fort et s’appuyer dessus pour arracher davantage d’acquis.

Il ne faut en aucun cas baisser pas la garde, mais, au contraire, renforcer la mobilisation pour faire aboutir nos revendications. Nous avons, à maintes reprises, rappelé l’impérieuse nécessité au mouvement de s’organiser (à lui de choisir la forme) afin de préparer d’éventuelles négociations avec le pouvoir réel. Les craintes à ce sujet sont là et bien légitimes , mais l’histoire nous montré que l’organisation est nécessaire pour qu’une révolution soit victorieuse.

Il faut se battre pour une véritable période de transition qui va nous mener vers l’élection d’une assemblée constituante souveraine à la proportionnelle intégrale pour que tous les courants de pensée y soient représentés. Cette dernière doit réaffirmer le droit permanent du peuple au soulèvement ainsi que ses droits à une vie digne. Changer le système est une chose, mais qui mettre à sa place et pour quelle politique.

Nous ne pouvons concevoir un nouveau pouvoir politique sans rupture avec le passé, notamment au niveau économique. Les masses populaires qui sont le moteur du mouvement populaire ont, certes soif de liberté et de démocratie, mais elles ne seront satisfaites que lorsque leurs conditions de vie de tous les jours connaissent un changement radical : un travail avec un salaire digne, un logement, un système de santé gratuit et de qualité ainsi qu’une école moderne qui privilégiera l’enseignement des sciences et consacrera l’esprit critique.

– Vive l’unité populaire
– Seule la lutte permanente du peuple peut faire aboutir nos revendications.

Mohamed Arroudj

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Mellah hocine
Mellah hocine
8 mois plus tôt

Vous parlez de libération des détenus ? Non , aucune libération , puisque tous ces otages sont sortis avec des conditions qui les poursuivent. Aucune excuse de la part de l’État , si au moins ils avient bénéficié de la grâce présidentielle .Quant à Karim Tabou ,la question sur sa libération reste poser.

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