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Hirak à Annaba : dépôt de plainte contre le wali et le chef de sûreté

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Des militants du hirak ont décidé de déposer plainte contre le wali de Annaba et le chef de sûreté de wilaya, suite aux violences commises par les baltaguia sur les manifestants pacifiques le vendredi 27 décembre, sous l’œil complice de la police.

Suite aux agressions et actes de violence dont ont été victime, vendredi 27 décembre, les manifestants pacifiques du hirak à Annaba, Mme Amel Nouaouria Bouharis, fondatrice du Comité d’initiative et de vigilance citoyennes (CICV), a décidé de porter plainte contre le wali Toufik Mezhoud, en sa qualité de président du Conseil de sécurité de la wilaya, et contre Boubir Kamar-Zaman, chef de sûreté de wilaya en sa qualité de premier responsable de la police.

Selon les témoignages des manifestants ayant pris part à la marche du 45e vendredi, les policiers ont joué un rôle « majeur » dans cette « opération de répression », en prêtant main forte aux « baltaguia ».

« A un moment, l’un des policiers avait sorti son Taser et l’a dirigé vers l’un des baltaguia, mais son chef est vite intervenu pour lui dire « celui-là est des nôtres ». On ne comprenait plus rien ! », témoigne un manifestant de 52 ans.

De son côté, Mme Nouaouria a tenu à témoigner sans cacher son identité. « Je n’ai pas peur de raconter les choses telles qu’elles sont », a-t-elle tenu à préciser avant de commencer son récit. « Quelques jours avant le 45e vendredi, nous avons eu vent d’une potentielle répression de la manifestation. Au niveau des militants actifs dans le Hirak, nous avions décidé de changer l’itinéraire de la marche ; un circuit qu’on emprunte pourtant chaque vendredi depuis le 22 février », explique Mme Nouaouria. Une décision motivée, non pas par la peur, mais par la volonté des manifestants de maintenir le caractère pacifique du Hirak populaire.

Ce qui s’était passé à Annaba

« Vers 13h30, on était sous le tunnel de la terrasse, près du Cours de la Révolution, et on s’apprêtait à aller vers la wilaya. Les troupes n’étaient pas encore nombreuses. La marche n’avait pas encore commencé. Seuls quelques dizaines de manifestants étaient rassemblés. Les baltaguia en ont profité. Ils regardaient de loin, d’un air menaçant. Des jeunes du Hirak étaient prêts à en découdre avec eux, mais nous avons réussi à les convaincre d’éviter l’affrontement pour ne pas nuire au caractère pacifique du Hirak. Nous leur avons demandé de nous devancer vers la wilaya. Une fois notre groupe devenu moins nombreux, les baltaguia nous ont attaqués. Deux hommes en costume, les donneurs d’ordres, apparemment, sont intervenus pour les sommer de ne pas s’en prendre aux femmes. Cela ne les a pas empêchés de nous insulter en usant de termes orduriers », raconte la fondatrice du CICV.

« Des fourgons de la police sont arrivés à ce moment. Nous étions soulagées de les voir venir. Une fois garés, des policiers antiémeutes en sont descendus. La situation était sous contrôle, avions-nous cru. Mais rapidement, les policiers ont montré leurs véritables intentions. Ils étaient là en soutien aux baltaguia, pour réprimer les manifestants pacifiques. Ils ont commencé à donner des coups de matraques sans distinction. Une femme médecin qui m’accompagnait a reçu des coups de matraque au niveau du dos et des côtes. Un jeune étudiant qui n’opposait aucune forme de résistance a été pris à part et roué de coups de matraque. Il était à terre, le pauvre, sans défense, il essayait de se protéger le visage à l’aide de ses bras pendant que des policiers s’acharnaient sur lui. J’étais impuissante. Je ne pouvais que crier : « Arrêtez, c’est votre frère !’’. Cette image me hante ! », rapporte, bouleversée, Mme Nouaouria, avant d’ajouter qu’elle a été vulgairement insultée par les policiers en uniforme qui n’ont pas hésité à la menacer du pire. « En plus de dix mois, le Hirak n’a jamais dérapé. Et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer », tient-elle à rappeler.

Le procureur refuse de délivrer un récépissé de dépôt de plainte

Il faut noter que les preuves de cette opération de répression et de violence menée par les baltaguia avec la complicité des forces de police ne manquent pas. En effet, de nombreuses vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent clairement des policiers en train d’insulter vulgairement ou en train de frapper des manifestants pacifiques.

La militante du hirak, Mme Amel Nouaouria Bouharis, fondatrice du comité d’initiative et de vigilance citoyennes (CICV), qui a déposé plainte contre le wali et le chef de sûreté de wilaya, s’est vu refuser la délivrance d’un récépissé de dépôt par le procureur près le tribunal de Annaba.

« Ce lundi 30 décembre, j’ai, en compagnie d’un collectif d’avocats, introduit une plainte auprès du procureur de la République près le tribunal d’Annaba contre les deux premiers responsables de la sécurité au niveau de la wilaya d’Annaba, à savoir MM. Toufik Mezhoud, le wali d’Annaba, et Boubir Kamar-Zamane, le chef de sûreté de wilaya. J’ai exigé d’avoir un récépissé de ma plainte, mais on me l’a refusé », indique Mme Nouaouria.

« Demain (mardi 31 décembre, ndlr), je vais déposer la même plainte auprès du procureur général de la Cour de justice d’Annaba », promet Mme Nouaouria qui n’entend pas lâcher prise face à cette injustice et cette tentative de faire déraper le hirak pacifique.

Mustapha Bendjama (*)

(*) Rédacteur en chef du journal le Provinçial et militant du hirak

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Ben
Ben
6 mois plus tôt

Voila une bonne raison pour que enfin le hirak ce dois d être organisé et surtout sécurisé afin que les manifestants ne puissent plus jamais être attaquer ni agresser de nul part.
Obliger les autorités à prendre leur responsabilité.
Sinon toute forme d agression deviendrait isolé!!!

Hirak révolutionnaire
Hirak révolutionnaire
6 mois plus tôt
Reply to  Ben

Constitue des milices au sein du hirak comme ça
les bâtards de baltaguia du pouvoir criminel. Ne peuvent plus commetre leurs crimes.

Mounir
Mounir
6 mois plus tôt
Reply to  Ben

Rentrez chez vous et mettez vous au travail.c’est ça votre contribution à l »édification de l’Algerie de demain….
On a assez perdu du temps….

Jamila
Jamila
6 mois plus tôt

Franchement à quoi sert de recourir à la manière forte….. La raison va avoir le dessus et tout va rentrer dans l’ordre très bientôt

Cheikh
Cheikh
6 mois plus tôt

On le disait avant l’indépendance : «  »Yewthiyi ouroumi cheth khagh ig mas ! » » J’ai été frappé par un français et je suis allé me plaindre auprès de son frère! » » Pauvre algérie tombée en de si mauvaises mains sans scrupules ! (Le dictionnaire demande que je mette algérie avec « a » majuscule mais il restera minuscule tant que l’algérie ne sera pas indépendante !

Salah
Salah
6 mois plus tôt

Le CICV est il agréé ?

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