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Hirak : notes sur le mouvement populaire

La Rédaction

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Quelques notes et remarques sur le hirak ou mouvement populaire en cours depuis le mois de février 2019 et des pistes à explorer pour mener la révolution à bon port.

En ce mois de décembre, les événements politiques s’accélèrent de plus en plus en Algérie. Une période qui s’est distinguée essentiellement par la remonté des mobilisations du Hirak populaire, de la réussite partielle de la grève générale, du rejet massif des élections présidentielle du 12/12/2019 et le pouvoir de fait qui impose Abdelmadjid Tebboune comme président formel. Sa cooptation est la garantie de la continuité du régime libéral prédateur.

La crise d’hégémonie politique du régime demeure

Le rejet des élections et la répression ont été des éléments déterminants dans cette remontée exceptionnelle des mobilisations dans les quatre coins du pays. La semaine du 08 au 13 décembre 2019 a été la plus importante en termes de combativité. Elle a été marquée par des marches quotidiennes, une grève générale, à l’initiative des syndicats et des collectifs citoyens de Béjaïa, qui a été massivement suivie en Kabylie mais sans grand impact ailleurs et un rejet massif des élections présidentielles.

Face à ce rejet des élections et du régime, ce dernier tente de faire miroiter un pseudo « dialogue » avec le Hirak et d’exploiter honteusement la mort de Gaïd Salah pour sauver un régime en crise, au nom de l’unité nationale, tout en continuant sa politique répressive, les cas d’Oran et Annaba en sont les exemples plus édifiants.

Lors du « deuil national » officiel décrété par les autorités, des voix alliées du régime se sont élevées pour appeler les « Hirakistes » à observer « le deuil » et faire une sorte de « trêve » et ce, en annulant les manifestations du mardi estudiantin. L’objectif était de créer la confusion à l’intérieur du Hirak afin de l’imploser, l’affaiblir. Les marches post élections ont été une cinglante réponse à ces apprentis sorciers. Mais nous ne devons pas être euphorique, la vigilance reste de mise.

Recomposition au sein du Régime

Malgré la fissuration des édifices du Régime lors de ce processus révolutionnaire toujours en cours, le régime se maintient encore grâce aux appareils de l’Etat, notamment l’appareil répressif. Certes, nous avons affaire à un régime en crise, mais depuis la destitution de Bouteflika, le régime, par le biais du commandement militaire, reprend de plus en plus l’initiative politique et se recentre davantage.

Depuis quelques mois, il arrive « partiellement » à gagner du terrain en tractant de nouvelles alliances avec les anciens alliés du régime, des associations patronales, une partie des islamistes, la nouvelle direction de l’UGTA et certains syndicats autonomes, voir même certains acteurs qui se réclament du Hirak. La nouvelle interface politique du régime va essayer vaille que vaille de ratisser large pour étendre ses alliances et élargir sa base sociale dans le cadre de la continuité de ce régime autoritaire et libérale. La nomination du nouveau gouvernement, les « réformettes » politiques annoncé »s et les mesures économiques libérales qui vont venir vont être les moments d’aboutissement de ces nouvelles alliances.

De l’auto-organisation

Face à l’agressivité du régime, aux contradictions et limites du hirak populaire, l’auto-organisation démocratique est plus que vitale pour sa survie, son développement et la reprise de l’initiative politique. L’élan d’organisation en Kabylie, notamment dans la wilaya de Béjaïa, a démontré son efficacité dans la mobilisation populaire et la possibilité de jonction entre les secteurs mobilisés, à savoir les couches populaires, les syndicats et les organisations politiques dans des luttes concrètes pour le recouvrement de la souveraineté populaire.

Oui, Béjaïa montre la voie et l’exemple concret pour étendre l’expérience à l’échelle nationale, vu sa large mobilisation et le contenu démocratique et sociale de cette dynamique au niveau de cette localité. Notre Hirak populaire a tout intérêt à faire ce saut qualitatif pour exercer réellement sa souveraineté sur les affaires de la collectivité nationale et mettre un coup d’arrêt sec à la répression en cours. Ce sont ces cadres d’organisation qui vont imposer la voie la plus démocratique du changement radical. Un changement qui peut passer par l’élection d’une Assemblée constituante souveraine, alimenté par la force mobilisatrice de ces cadres organisationnelles en lutte.

L’organisation est un impératif

Ces cadres d’organisations seront les lieux privilégiés pour les débats démocratiques populaires et dans les lieux de travail et d’études. Ils seront les lieux de production des tactiques et stratégies du peuple algérien en lutte afin de se défendre et « dégager » ce régime.

Ces espaces doivent être les lieux d’expression de cette volonté profonde du peuple en lutte à asseoir les bases d’une deuxième République démocratique et social au sens radical. Une République sans concentration de pouvoir où toute décision doit être prise en toute démocratie, dont le peuple est la source du pouvoir législatif par le biais d’élus révocables. Une République où règne l’égalité entre citoyens et citoyennes. Un pays qui bannit toute forme de ségrégation et toute forme d’exploitation, et garantit une économie au service des besoins sociaux des masses populaire. Enfin, une République où les mots autoritarisme, archaïsme, pauvreté, dépendance… seront bannis à jamais. Voici les principes qui doivent guider notre action et combat dans les jours à venir.

Samir Larabi

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Mellah hocine
Invité
Mellah hocine

Pourquoi vouloir , à tout prix, ramener tout ce MOUVEMENT dans une organisation traditionnelle, alors que les revendications sont si bien exprimées au niveau national . L’organisation s’est traduite par un programme partagé par tous , à savoir des marches tous les vendredis et les mardis sur des itinéraires immuables, les slogans sont partout les mêmes au niveau national. La plate forme existe bel et bien avec des exigences bien exprimées. Vouloir renfermer ce hirak dans une organisation type partisane c’est vouloir sa désintégration en le décapitation. Si dialogue il y a , il se fera par les détenus d’opinions.… Lire plus »

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