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Monsieur le Désigné

La Rédaction

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Ahcène Oumeddah s’est inspiré du « Déserteur » de Boris Vian pour rédiger une lettre ouverte à l’indu Berzidan (Président) intitulée « Monsieur le Désigné ».

A monsieur le Désigné par la grande muette
même si la pie a battu la carpe
je vous adresse cette missive
qui sera jetée à la poubelle
par les sbires de votre faiseur de képi
mais je vous l’envoie quand même

J’ai reçu ce matin vos salamalecs
via l’inique unique « Yatima »
me rappelant que j’étais enfin Algérien
J’ai sauté de « joie » me sentant enfin reconnu
Monsieur le Désigné, je ne vous reconnais point
Je n’ai voté ni pour vous ni pour votre mascarade
Je ne l’ai pas fait pour ne pas souiller le sang des martyrs
je ne suis pas votre came à sniffer dans l’urne de la honte
Vous aurez une meilleure avec votre fils et son boucher

Ce n’est pas pour vous chatouiller
Il faut que je vous dise
je m’en vais me rebeller
Depuis que je suis né
je n’ai pas vu la photo de mon oncle
tué par le joug colonial comme tant de ses frères
j’ai vu des braves opposants liquidés ou exilés
j’ai vu tant de veuves pleurer leurs enfants et leurs maris
J’ai vu tant de jeunes à qui on a volé leurs rêves
J’ai vu tant d’artistes se faire délester de leur imaginaire
J’ai vu tant de femmes privées de leurs droits
J’ai vu tant de cadres valeureux avaler vos couleuvres

Je suis un digne fils de ce peuple vaillant
Vous m’avez volé ma jeunesse
Vous m’avez chassé dans la tiédeur de l’exil
Vous m’avez privé de la chaleur des miens
Vous avez tourmenté mon âme
Avec tous ces supplices, j’ai survécu
Dans la résilience et l’amour de ma montagne
Pour ne pas trahir « anza » de cette généreuse terre

Demain de bon matin
je fermerai ma porte
au nez des années mortes
J’irai sur les chemins pavés de vos sales besognes
Je crierai mon indignation et ma révolte
pour vous mettre à nu et à terre
d’Alger à Ain Guezzam
d’El Kala à Maghnia
A monsieur le Désigné
Et je dirai aux gens
Refusez le diktat du Képi
Refusez toutes les hontes bues
N’allez pas applaudir les nouveaux Caïds
Refusez de vous avilir à côté d’eux
Refusez de courber l’échine
Laissez leur cette souillure sur leurs figures

Monsieur le Désigné
vous êtes un piètre apôtre de ce fossoyeur de notre révolution
Si vous me poursuivez
Prévenez-le ainsi que ses mercenaires
que je n’aurai point d’armes
sauf ma plume et ma conscience
qu’ils pourront tirer
Là où je tomberai naîtront des millions de bourgeons
qui en finiront enfin avec votre diktat
pour qu’enfin l’Algérie brillera de mille feux.

Ahcène Oumeddah
20 décembre 2019

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