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Hirak : dialogue, transition et pacte politique consensuel

La Rédaction

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Le syndicaliste et militant politique Nouredine Bouderba revient dans cette réflexion portant sur le hirak sur les notions de dialogue et ses préalables, de transition et sa finalité et enfin sur le pacte politique consensuel et son contenu. Contribution

Le mouvement populaire, né le 22 février 2019, a ouvert une nouvelle perspective historique pour la nation algérienne. Il y a à peine 4 mois rares sont les personnes qui pouvaient imaginer ce potentiel populaire révolutionnaire et pacifique, expression d’un désir profond de construire une Algérie unie, démocratique, tolérante et de justice sociale.

Cette nouvelle perspective historique promet de relever les défis majeurs qui se dressent devant notre pays. En premier lieu, il s’agit de dépasser l’impasse politique, économique et sociale dans laquelle nous a confiné un système politique prédateur et sa base d’oligarques tout en évitant de tomber dans le jeu des mouvements réactionnaires ou fractionnistes qui proposent des fausses solutions à des vrais problèmes.

Ensuite il convient de ne pas sous-estimer le danger, réel, d’interférence étrangère dans un pays comme l’Algérie, dont la position géostratégiques ne laisse pas indifférentes les puissances étrangères. Cela ne veut pas dire que l’Algérie doit vivre en vase clos, chose impensable à l’ère de la mondialisation et des NTIC.

Mais la bataille n’est pas gagnée pour autant, loin de là, face aux réactions du système et des forces réactionnaires qui se trouvent objectivement alliés, dans leurs efforts diviser le Hirak, le vider de tout contenu démocratique, progressiste et social.

C’est pourquoi notre présente initiative doit s’inscrire résolument dans le soutien, sans équivoque, aux aspirations profondes au changement, exprimées par le peuple durant ces 18 dernières semaines. Il nous appartient de faire en sorte que notre démarche ne soit pas perçue comme une alternative au mouvement populaire ni qu’elle ait la prétention de le représenter. Notre action doit avoir pour finalité la contribution effective des forces démocratiques et de progrès, pour réaliser le changement radical, revendiqué par des millions de voix durant ces quatre derniers mois et pour lequel ont milité et se sont sacrifiés des centaines de militant(e)s et de syndicalistes durant de nombreuses années.

Il n’est pas question que des forces non mandatées par le peuple usurpent le pouvoir. Mais il n’est pas question non plus d’entamer un dialogue tant que les symboles du système, rejetés par le peuple, demeurent en place, tant que des mesures d’apaisement ne sont pas prises et tant que des messages forts ne sont pas délivrés en direction du peuple montrant que le changement revendiqué a pris une trajectoire irréversible.

Aussi aucun dialogue sérieux ne devrait être envisagé sans l’assentiment du peuple et du Hirak qui doit continuer à manifester pacifiquement, et dans l’unité, jusqu’à la concrétisation du changement. Aucune solution politique, aucune issue à la crise actuelle ne peut se concevoir si toutes les parties ne se rendent pas à l’évidence que le changement du système est devenu impérieux, que le peuple n’acceptera plus jamais d’être gouverné comme avant le 22 février 2019.

La transition vers ce changement n’est pas un choix, elle est déjà une réalité car aucune solution n’est dorénavant possible dans le cadre de la Constitution actuelle qui est dépassée dans le fond et dans la forme. La finalité de cette transition, au-delà des formes et des dénominations, est d’être un tremplin pour le passage du système anti démocratique actuel à un système démocratique. Cette transition ne sera réussie que si elle aboutit à la consécration de la souveraineté populaire pour construire un état libre, démocratique et social au service de l’émancipation de tout le peuple algérien.

Une transition apaisée ne peut réussir sans dialogue. Mais on ne peut envisager le dialogue en l’absence de mesures d’apaisement préalables et de volonté politique, clairement exprimée, du pouvoir réel pour satisfaire les aspirations profondes du peuple algérien au changement.

Parmi ces mesures d’apaisement, la libération de tous les détenus d’opinion dont les derniers emprisonnés pour avoir brandi l’emblème amazigh qui ne constitue en aucun cas une atteinte à l’unité nationale, la levée de l’interdiction de s’exprimer librement, de se réunir et de manifester ainsi que l’ouverture du champ médiatique, notamment public. Enfin la levée des étouffements des libertés syndicales par la reconnaissance du libre exercice du droit syndical aussi bien pour les syndicats autonomes que pour l’UGTA. Pour cette dernière, les travailleurs demandent au pouvoir de lever la main de l’UGTA et de les laisser décider librement de la voie que doit suivre cette organisation.

Ensuite il s’agit de définir les contours et le contenu de cette transition dans un pacte politique consensuel entre les forces politiques et sociales acquises à la démocratie, au progrès et à la justice sociale.

Ce pacte politique doit impérativement contenir des garde-fous consensuels qui s’imposeront aux futures institutions. Des garde-fous qui auront pour fonction de protéger le pays, la société et les institutions contre toute dérive despotique. Ce pacte politique devra constituer un véritable socle de consécration définitive de la volonté populaire et de la construction de la république démocratique et sociale rêvée. Il favorisera les solutions consensuelles tout en érigeant des garanties contre toute dérive autoritaire.

Ce pacte devra consacrer, énumération à titre non limitatif, les principes suivants :

  • Le peuple comme unique source du pouvoir
  • Les libertés individuelles, collectives et syndicales ainsi que le droit de grève
  • La liberté de la presse
  • La non utilisation de la religion à des fins politiques
  • Le principe d’égalité entre toutes les citoyennes et tous les citoyens
  • La séparation effective entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire
  • L’équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire
  • Le respect de l’alternance au pouvoir
  • L’état social dont la revendication constante du peuple algérien n’a pas encore vu le jour.
  • La souveraineté populaire sur les richesses naturelles de la nation
  • Le rôle de l’État dans la conduite du développement national et la lutte contre les inégalités et la pauvreté.
  • Le refus de toute forme d’ingérence étrangère.

Avec un tel pacte, les différends entre les différentes feuilles de route proposées, en matière d’agencement du calendrier électoral entres élections présidentielles et processus constituant (ou constituante) seront relativement aplanis. Enfin il s’agira de préparer les conditions d’élections qui exprimeront réellement la volonté du peuple. Parmi ces conditions la révision de la loi électorale, celle du dispositif électoral et la mise en place d’une commission indépendante d’organisation et de contrôle des élections.

Vive l’Algérie, libre, souveraine, démocratique et sociale.
Vive le soulèvement populaire pacifique, uni et fraternel
Gloire aux martyrs.

Bouderba Nouredine
Syndicaliste et militant politique
Contribution présentée lors de la réunion des forces de l’alternative démocratique, tenue à Alger, le 26 juin 2019

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Dr Abdelkader Saadallah
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Dr Abdelkader Saadallah

Négocier ?!?! De très fortes pressions sur le Hirak, et des manœuvres visant à l’émietter en petits blocs, disent les uns aux autres ?! Beaucoup de questions qui se posent à tout le monde. Je pense qu’il faut en discuter et y réfléchir, en petits groupes, là où on peut, et partager autant que l’on peut à travers les réseaux sociaux et directement face à face. A mon avis il y a des conditions qui doivent surgir tout de suite pour créer une atmosphère favorable aux échanges pour pousser le pays vers l’avant. Parmi ces conditions il est évident qu’il… Lire plus »

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