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Belaïd Abane revisite la problématique du « politique » et du « militaire »

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« Le politique et le militaire : le présent à la lumière du passé. » C’est le thème de la conférence donnée par le Professeur Belaïd Abane au campus de Targa Ouzemmour de l’universite Abderrahmane-Mira, à Béjaïa.

Après un survol de l’histoire politique de la résistance algérienne du 19e siècle face à l’adversité coloniale, Belaïd Abane a exposé les différents aspects de la dualité entre la lutte politique des Algériens et la tentation de l’action militaire.

Le mouvement national, notamment dans son axe principal, le PPA-MTLD avait de tout temps oscillé entre l’action politique dans la légalité coloniale et le recours à l’action armée, soulignera le conférencier. Le tournant du 8 mai 1945 avait définitivement discrédité l’action politique auprès de la jeunesse activiste du mouvement national, ajoutera le conférencier. Le 1er novembre est le résultat en droite ligne du changement de doctrine dans les milieux activistes du mouvement national. Le « boulitique » est désormais discrédité et relégué au rang d’accessoire superflu, voire inutile.

La réhabilitation éphémère du politique par Abane et le congrès de La Soummam n’auront pas réussi à réinjecter durablement de l’esprit et de la raison politique dans la Révolution, fera remarquer le Professeur Belaïd Abane. L’élimination d’Abane en décembre 1957 installera pour de bon l’hégémonie militaire et l’esprit sécuritaire au cœur de la Révolution puis de l’Etat algérien. Le système algérien fonctionnera des lors, expliquera Belaïd Abane, selon un schéma bicéphale : un pouvoir politique formel de vitrine, doublé en arrière plan par un pouvoir militaire réel.

Abdelaziz Bouteflika avait réussi au bout de 4 mandats à réduire par des manœuvres diverses et variées le pouvoir de l’armée à une portion congrue. Mais le système Bouteflika a très rapidement été perverti par l’émergence d’une oligarchie qui s’est piqué de faire de la politique. La crise pluridimensionnelle née de la tentative indue du système de porter pour la 5e fois un homme usé au pouvoir ramènera l’armée au devant de la scène et le pays à la case départ.

Mais la situation a changé fera, remarquer l’orateur. Car un mouvement populaire politique est né qui campe depuis plusieurs mois sur sa position : le refus d’une élection présidentielle imposée, et la mise à bas définitivement du système qui a abîmé le pays depuis l’indépendance.

L’impasse politique avait du reste amené Belaïd Abane à lancer au cours de la semaine dernière un « Appel à l’ANP » dans lequel il rappelle sa position en 3 points :

  • L’élection présidentielle imposée par l’autorité militaire ne fera que différer la crise que vit le pays en reproduisant l’ancien système ;
  • La nécessité de passer par une période de transition pour remettre à plat les problèmes du pays en vue d’une refondation de l’Etat et de la nation ;
  • L’ armée a vocation, en tant que partenaire politique, à être associée au déroulement de cette transition.

Le conférencier, le professeur Belaïd Abane, répondra aux questions au cours d’un débat de deux heures parfois houleux mais toujours dans le respect réciproque et dans la courtoisie.

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