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L’AACC sommée de se présenter aux « Renseignements généraux »

La Rédaction

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L’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) nous a fait parvenir un communiqué dans lequel elle dévoile les dernières manoeuvres des autorités pour la soudoyer.

« Incroyable mais vrai ! Ils ont osé le faire : les pouvoirs publics ont contacté l’AACC au tout début du mois de novembre, et ce, par l’intermédiaire du Secrétaire général de l’ONPLC (Organe national – gouvernemental-, de prévention et de lutte contre la corruption) nous invitant à participer à une réunion – annoncée pour le 28 novembre 2019-, où serait présenté un projet de « Politique globale de prévention de la corruption », tout en nous informant que l’ONPLC allait demander au ministère de l’Intérieur de nous faciliter l’octroi de notre agrément. Rien que ça, 20 ans après, à un mois près !

  1. Car, pour rappel, l’AACC a adressé en décembre 1999 son dossier de demande d’agrément au ministère de l’intérieur par courrier recommandé, après que ce dernier eut décidé d’annuler un RDV, pourtant accordé, pour le dépôt du dossier.
  2. Puis ce fut le début de 20 ans de galère, de pressions, d’empêchements divers, d’harcèlements de toutes sortes, d’intimidations en tous genres, de mesures arbitraires, de menaces, de poursuites judiciaires même par un tribunal…militaire (!), de cambriolages « autorisés » et exécutés par des « baltagis » et des repris de justice, de mandats d’arrêts et de recherche, d’emprisonnements abusifs et injustifiés, d’interdits de participation à des réunions des Nations-Unies, etc.
  3. Si l’AACC – après toutes ces violences à son encontre et pendant 2 décennies-, n’a pas baissé totalement le rideau, c’est grâce au soutien, à l’apport et à la solidarité de dizaines de « hirakistes » avant l’heure et de toutes les régions du pays, mais le pouvoir aura réussi à limiter considérablement toute possibilité d’action.
  4. Et voilà qu’aujourd’hui, comme si de rien n’était, le pouvoir nous tend l’hameçon de l’agrément, mais sous conditions ! Pour la petite histoire, quelques jours après l’appel téléphonique de l’ONPLC, l’AACC a été sommée de se présenter aux « Renseignements généraux » (la police dite politique) auprès de la Sureté de la wilaya d’Alger afin de déposer un dossier pour obtenir l’agrément, et ce, nous a-t-on dit « sur instruction du ministère de l’intérieur » : sans aucune hésitation et de manière claire et nette, nous avons fait part de notre refus de « transiter » par ce service de police pour mettre à jour notre dossier d’agrément, tout en précisant que c’était aux services habilités du ministère de l’intérieur de nous joindre à cet effet, et ce, conformément à la loi relative aux associations non partisanes.
  5. Comme par hasard, suite à ces contacts téléphoniques avec la police et face à notre position, l’ONPLC qui s’était engagé à nous adresser des documents préparatoires pour la réunion du 28 novembre 2019, ne l’a pas fait et ne nous a pas envoyé d’invitation – invitation initiale que nous avions pourtant acceptée et nous avions même accepté de leur faire parvenir une contribution sur la prévention de la corruption.
  6. Nous avons appris par la presse que la réunion du 28 novembre 2019 s’est tenue entre l’ONPLC et la « société civile », comme nous avons appris aussi que le président de l’ONPLC doit remettre au gouvernement d’ici la fin décembre 2019 un projet de « Politique globale de prévention de la corruption » : ce qui ne nous avait pas été du tout précisé au début de la démarche de l’ONPLC en direction de l’AACC. Comment cette « initiative » de l’ONPLC peut-elle être crédible quand on prétend élaborer en à peine un mois ce que cet organisme gouvernemental n’a pas fait depuis son installation en 2011 ?

Finalement, à quelque chose malheur est bon : heureusement que l’AACC n’a pas participé à cette réunion, nous aurions été mis devant le fait accompli en cautionnant une démarche inacceptable sur la forme et sur le fond.

  1. Mais pourquoi ce cafouillage, cette tromperie qui ne dit pas son nom et cette précipitation de la part de l’ONPLC ? Est-ce que cela s’inscrit dans le calendrier électoral du pouvoir ? Ou y a-t-il un rapport avec la participation du gouvernement Algérien à la 8ème Conférence des Etats-Parties de la Convention des Nations-Unies contre la corruption qui doit avoir lieu du 16 au 20 décembre prochain? Ou les deux à la fois ? Pour rappel, le gouvernement a abusé de son droit de veto (Droit scandaleux inscrit dans le règlement intérieur de la Conférence) en bloquant la participation de l’AACC lors des dernières éditions des Conférences des Etats-Parties en question.
  2. L’AACC devait tenir son Congrès le 31 octobre dernier à Khenchela : elle n’a pas été autorisée à le faire. Les conditions politiques en 2020 seront certainement meilleures pour nous permettre de tenir notre congrès tant attendu par des centaines d’Algériens qui nous l’ont fait savoir ces derniers mois.

Djilali Hadjadj, porte-parole de l’AACC

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