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Conférence de Madrid sur le changement climatique: pas sans l’Afrique !

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Limiter le réchauffement de la planète à moins de deux degrés sera le thème central de la Conférence mondiale sur le climat qui se tiendra à Madrid du 2 au 13 décembre 2019.

Une solution possible qui sera discutée à Madrid est l’établissement d’un commerce mondial des droits en matière de pollution. En principe, l’échange de droits d’émission est un moyen raisonnable de réduire les émissions de CO2 au niveau global. Dans la pratique, ce principe se heurte toutefois à des problèmes récurrents, tels que les prix temporairement bas des certificats, qui ne sont pas toujours suffisants pour que les pollueurs réalisent les investissements nécessaires en faveur du climat.

En Afrique, le problème est double : Premièrement, il n’existe pas de réseau national d’approvisionnement en énergie dans lequel les producteurs pourraient injecter de l’énergie. Deuxièmement, l’électricité est produite de manière décentralisée par des générateurs diesel. Cette pratique n’est pas seulement absurde d’un point de vue économique, elle est aussi extrêmement discutable d’un point de vue écologique. Et ce problème n’est pratiquement pas abordé par un système d’échange de droits d’émission, quel qu’il soit.

En plus, environ 40 pour cent de la population africaine n’a aucun accès à l’électricité – et donc à l’éducation, aux soins de santé et à une participation suffisante à la vie sociale, culturelle et économique.

Cela illustre l’extraordinaire dimension de la question énergétique africaine, parce qu’en Afrique il y a beaucoup plus en jeu que « seulement » la limitation du réchauffement climatique. 

La question de l’énergie en Afrique ne peut être résolue par la seule amélioration de l’échange des droits d’émission : En raison des grandes différences de développement, l’Afrique a besoin de solutions décentralisées adaptées spécifiquement à son continent.

Dans le même temps, la technologie solaire moderne, par exemple, représente une opportunité pour l’Afrique de se développer économiquement de manière indépendante. Les réfugiés qui affluent en Europe à travers la Méditerranée depuis des années ne sont pas seulement des réfugiés de guerre et de crise ; ce sont aussi des déficits éducatifs, de mauvaises opportunités et, en définitive, des réfugiés climatiques.

L’utilisation intelligente de l’énergie solaire, une ressource illimitée en Afrique, est une technologie clé en Afrique qui procurera la base pour de prochains investissements en industrie, santé et éducation. Afin de développer davantage cette technologie, des engagements financiers contraignants de la part des investisseurs du secteur privé, des ONG et des gouvernements européens sont nécessaires. 

La sensibilisation du secteur financier à ce problème, qui représente également une opportunité dans le contexte de la politique mondiale de faible taux d’intérêt, devrait également être abordée à Madrid – et lors des sommets climatiques ultérieurs.

L’auteur : Christian Wessels vit et travaille au Nigeria depuis plus de 10 ans. Il est le fondateur et directeur général de Daystar Power, une société qui fournit des systèmes d’énergie solaire respectueux de l’environnement à des propriétés à travers l’Afrique de l’Ouest depuis sa base au Nigeria. Son séjour en Afrique a commencé comme directeur chez Barclays Africa, où il a travaillé dans de nombreux pays africains. Il est consultant chez Bain & Company et soutient la croissance de Bain en Afrique subsaharienne, où il était auparavant associé. En 2012, Christian Wessels a été nommé Young Global Leader (YGL) du Forum économique mondial. Il est membre de la Young President Organization et directeur fondateur de l’European Business Organisation (EBO) au Nigeria, qui représente les intérêts des entreprises européennes au Nigeria.

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