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Sofiane Babaci : « Ils m’ont roué de coups au commissariat »

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Dans un communiqué publié aujourd’hui dimanche, Maître Kader Houali, avocat au barreau de Tizi-Ouzou, apporte le témoignage glaçant sur les tortures qu’a subies le jeune Sofiane Babaci au commissariat.

Le militant du mouvement de dissidence populaire Sofiane Babaci, âgé de 26 ans, a subi l’innommable au commissariat, si l’on lit ce que révèle le communiqué son avocat.

« Aujourd’hui 1er décembre 2019, j’ai rendu visite au détenu Sofiane Babaci, à la prison de Bordj Menaïel. Après avoir constaté des traces de violences sur son visage et la difficulté de se tenir debout, je lui ai demandé de me relater ce qui lui est arrivé. Voilà ce qu’il m’a raconté:

« Le mardi 26 novembre 2019, alors que je me rendais chez moi, j’étais violemment interpellé par des policiers en civil qui m’ont embarqué au commissariat de la ville de Laaziv, sans me signifier les raisons de cette interpellation.

Arrivé sur place, ils m’ont roué de coups jusqu’à évanouissement. Ils m’ont ensuite transféré au commissariat central de Boumerdès, où j’ai passé la nuit dans cet état.

Le lendemain, mercredi 27 novembre 2019, j’ai été présenté devant le procureur près le tribunal de Boumerdes. Après m’avoir entendu, il m’a envoyé chez le juge d’instruction qui a décidé de me placer sous mandat de dépôt. Ce jour-là, j’avais fait un malaise devant le juge d’instruction qui n’a pas bougé le petit doigt pour me porter secours ou appeler un médecin. »

Les droits de Sofiane Babaci, notamment le respect de son intégrité physique pourtant garantie par la loi, ont été violés. Après sa garde à vue, il devait subir une visite médicale, conformément à la loi. Un droit qui lui a été refusé aussi bien par les policiers, que par le procureur et le juge d’instruction.

Au moment où je lui ai rendu visite, les traces de violences étaient encore visibles sur son visage; des bleus partout et l’œil gauche enflé. Il a aussi une fracture à la jambe gauche qui l’empêche de se tenir debout. À ce jour, et jusqu’au moment de ma visite, il n’a pas été examiné par un médecin, et il n’a reçu aucun soin nécessité par son état.

Compte tenu de l’état physique très dégradé de Sofiane Babaci, nous exigeons une expertise médicale en urgence, pour constater les traces encore visibles des sévices qu’il a subi, et nous permettre ainsi de poursuivre devant la justice les auteurs de ces pratiques barbares, condamnées par la loi et la morale.

Maître Kader Houali, avocat au barreau de Tizi-Ouzou.

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