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Le commandement militaire doit rendre le pouvoir au peuple

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Le général Gaïd Salah continue de s’opposer aux revendications exprimées par la majorité du peuple algérien qui exige la fin du pouvoir militaire, le départ de tous les symboles du système et l’organisation d’une vraie transition démocratique.

A la place, Gaïd Salah veut imposer une mascarade électorale et imposer un Président-marionnette que lui et le commandement militaire pourront manipuler à leur guise.

Rappelons que ce même Gaïd Salah, en sa qualité de chef d’état-major de l’armée, avait soutenu la réélection de Bouteflika en 2014 pour un quatrième mandat et a essayé de l’’imposer pour un cinquième mandat, alors qu’il était inapte physiquement et mentalement à exercer la fonction de Président depuis plusieurs années.

Personne n’oublie que Gaïd Salah s’est fait le serviteur des frères Bouteflika pendant 20 ans, avant de les lâcher sous la pression populaire.

Jamais dans l’histoire de notre pays, la Constitution n’a été autant piétinée que lors de ces derniers mois. Alors qu’il n’est que vice-ministre de la Défense, Gaïd Salah s’est arrogé le droit de désigner Bensalah au poste de Président par « intérim », prendre la parole en conseil des ministres avant le Premier Ministre, donner des instructions aux juges, au ministre de la Justice, à condamner des personnes sans aucun texte de loi, à faire des discours politiques dans les casernes sous forme de fetwas militaires.

Gaïd Salah veut soumettre tout un peuple à ses caprices. Son attitude est celle d’un Pharaon despotique qui considère l’Algérie comme sa propriété et les Algériens comme ses sujets. Il ne connait qu’une seule vérité : la sienne.

Pour lui, l’Algérie est une société disciplinaire, l’obéissance en est le pilier. Une société dans laquelle l’autorité ne se partage pas, elle s’arrête au chef de qui l’ordre émane. Les Algériennes et Algériens doivent être soumis à une obéissance entière et de tous les instants. Dans son monde, réfléchir, c’est désobéir. Nulle place pour la parole du peuple, sa volonté, sa liberté, sa dignité, ses espérances.

Bouffi d’orgueil, son arrogance l’empêche de voir que sa « main de fer » inquiète, mais ne fait pas peur. Il est honni par la quasi-totalité du peuple algérien. Lui, comme le reste de sa bande.

La petite minorité de courtisans et chiyatines qui le soutiennent sont les mêmes qui se prosternaient devant « le cadre » de Bouteflika. Ils se sont brisé le dos à force de trop le courber pour briguer les faveurs du maître du moment. Hier, c’était Bouteflika aujourd’hui, c’est Gaïd.

A l’image de ces cinq bouffons candidats à la farce électorale du 12 décembre, tous serviteurs zélés du système mafieux depuis des années. Tel un radoteur impertinent, le général Gaïd Salah prononce le même discours à une semaine d’intervalle. Toujours dans des casernes devant un parterre d’officiers qui prennent des notes, personne ne sait pourquoi ! Il a jeté en prison les représentants d’un clan de la mafia (Saïd Bouteflika, Toufik, Tartag, Ouyahia…), mais continue de protéger les membres de son clan. Lui-même et ses enfants sont soupçonnés d’être impliqués dans des dossiers de corruption très lourds. Le peuple a accueilli ces arrestations avec scepticisme, il a compris que c’était l’affaire d’un clan qui a profité du Hirak pour éliminer un autre clan. Ces deux clans sortent du ventre de la même mafia.

Les centaines d’arrestations et condamnations de manifestants pacifiques ne font que renforcer la détermination du peuple. Cependant, l’arrestation du commandant Bouragâa, un héros et un symbole de la guerre de libération, est le plus grand des déshonneurs pour le pouvoir.

Gaïd Salah a joué avec le feu de la division en lâchant ses aboyeurs officiels contre la Kabylie, région héroïque dans la lutte contre le colonialisme français. Les Algériens se rendent comptent aujourd’hui combien est immense la haine de cette mafia vis-à-vis de la Kabylie, ils comprennent aussi que cette haine est liée au fait que cette région ne s’est jamais soumise au pouvoir militaire depuis 1962, comme peuvent l’attester tous les mouvements de protestation portés par la population de cette région (1963, 1980, 1981, 1985, 1988, 2001…).

Aux campagnes racistes, aux tentatives diaboliques de division, les Algériens répondent « khawa khawa ». Le peuple est plus que jamais uni et déterminé dans son combat pacifique contre le pouvoir des généraux.

L’élection présidentielle du 12 décembre a déjà échoué, ce qui devait être une campagne électorale s’est transformée en une véritable bouffonnerie, les candidats se déplacent sous escorte et sont conspués et chasés sur tout le territoire national. Aujourd’hui, Gaïd Salah s’est perdu et il a perdu. Il est temps qu’il parte ! Notre armée mérite d’être dirigée par des chefs dont le profil est en adéquation avec le 21e siècle.

Dans la quasi-totalité des pays du monde le poste de chef d’état-major de l’armée est réservé à des personnes qui remplissent des conditions très strictes :
-D’abord un chef d’état-major est un homme qui se respecte parce qu’il a conscience que sa fonction l’exige.

Il doit être dotée d’une solide expérience interarmées.

Il doit jouir d’une haute tenue intellectuelle avec des formations et des diplômes obtenus dans les grandes écoles militaires.

Il doit avoir une vision fine et approfondie de la stratégie et des enjeux liés à la défense et à la sécurité nationales, en plus d’une connaissance approfondie des enjeux géostratégiques militaires régionaux et internationaux.

Il doit posséder une bonne hygiène de vie pour préserver son équilibre physique, cognitif et mental.

Il doit posséder les valeurs militaires : courage, abnégation, loyauté à son pays et à son peuple…

Il doit posséder une humilité par rapport à l’argent.

Il doit faire preuve d’un dévouement irréprochable à la patrie et défendre les intérêts du pays avant les intérêts des puissances étrangères.

Il doit se soumettre à un devoir d’exemplarité sans faille en sachant garder un comportement digne et honorable. Il ne doit être ni corrompu, ni corruptible pour pouvoir garder intacte l’indispensable crédibilité vis-à-vis du corps militaire et de la Nation.

Il doit se montrer digne de confiance, cette condition est une obligation morale pour garantir l’homogénéité et le moral des troupes. Dans cette institution, subordonnés (djounouds) et chefs (officiers supérieurs) doivent se sentir avant tout des frères d’armes au service du peuple.

Il doit respecter les lois et règles de la République.

Il doit garder sa place pour assurer la sécurité du pays et du peuple et ne jamais s’ingérer dans le processus politique. Et pour terminer un chef d’état-major doit avoir un âge raisonnable.
Pour s’en convaincre voici une liste de quelques chefs d’état-major dans le monde avec leurs âges respectifs :
-Martin Edward Dempsey âgé de 67 ans, à la tête de l’Armée américaine la plus puissante du monde.
-Li Zuocheng âgé de 66 ans à la tête de l’Armée chinoise
-Abdelfattah Louarak âgé de 64 ans, à la tête de l’Armée marocaine.
-Fernado Alejandre Martinez âgé de 63 ans, à la tête de l’armée espagnole
-Enzo Vecciarelli, âgé de 62 ans, à la tête de l’armée italienne.
-Kaïs Saïed, âgé de 61 ans, à la tête de l’armée tunisienne.
-Nick Carter, âgé de 60 ans, à la tête de l’armée britannique.
-Amadou Fall est âgé de 59 ans, à la tête de l’armée sénégalaise.
-Ricardo Martinez Menanteau, âgé de 59 ans, à la tête de l’armée chilienne.
-François Lecointre, âgé de 57 ans, à la tête de l’armée française.
-Micael Byden, âgé de 55 ans, à la tête de l’armée suédoise.
-Jonathan Vance, est âgé de 55 ans, à la tête de l’armée canadienne.

En cette fin 2019, l’Algérie est l’un des derniers pays au monde où l’état-major de l’armée continue de jouer un rôle central dans les décisions politiques. Depuis l’indépendance, le commandement militaire s’est arrogé le droit d’interpréter les aspirations du peuple et de prendre les décisions à sa place.

Depuis le 22 février, le peuple est sorti de son indolence, il ne veut plus du pouvoir militaire et a décidé de marcher résolument vers son but final : récupérer son indépendance confisquée. Le peuple ne veut employer aucune autre arme que celle de la parole, il ne veut en aucun cas voir le sang des Algériens couler à nouveau. Il est resté digne et a fait honneur à l’Algérie.

L’institution militaire est un bien commun à tous les Algériens, elle ne peut pas continuer à être instrumentalisée pour défendre les privilèges d’une minorité clanique.

Le peuple fait preuve d’une admirable maturité et a assumé convenablement sa responsabilité devant l’Histoire. Il appartient au commandement militaire d’assumer la sienne en rendant le pouvoir au peuple.

Abbes Hamadene

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KHALLEF CHAFIA
KHALLEF CHAFIA
1 année plus tôt

Bravo pour cet article qui résume la situation de l’Algérie et la confiscation du pouvoir par une militaire corrompue et soumise aux puissances extérieures

Adlen
Adlen
1 année plus tôt

Le pouvoir doit être remis aux peuples dans les plus brefs délais afin que les algérien vives en paix

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