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Emeute et blessés à Bouira : Benflis est passé par là !

La Rédaction

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Des affrontements ont opposé mercredi à Bouira, dans le nord-est de l’Algérie, la police à des manifestants protestant contre un meeting électoral de l’ex-Premier ministre Ali Benflis, candidat à la prochaine présidentielle, dont la tenue est très contestée, selon des journalistes sur place.

« Il y avait, à l’extérieur de la salle où devait se tenir le meeting, des jets de pierres et des tirs de gaz lacrymogènes entre les manifestants et la police. C’était chaud », a raconté à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat, un journaliste algérien suivant la campagne de M. Benflis et qui a été contraint de s’éloigner rapidement des lieux.

Selon plusieurs journaux et sites d’information, plusieurs centaines de manifestants s’étaient, avant l’arrivée de M. Benflis, rassemblés devant la Maison de la Culture de Bouira (90 km au sud-est d’Alger), où il avait prévu d’animer une réunion électorale.

« La tension était palpable depuis la matinée. Ca a dégénéré à Bouira », a rapporté Le Journal d’El Mouradia, un compte Twitter animé par un journaliste de Bouira, faisant état de plusieurs blessés et de nombreuses arrestations. Le calme est revenu en fin d’après-midi. Des citoyens se sont même mobilisés pour nettoyer les rues. Dans la soirée, plusieurs sources parlent de dizaines de blessés dont des cas graves évacués vers des hôpitaux d’Alger.

Ancien Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika entre 2000 et 2003, Ali Benflis a finalement pu tenir son meeting du jour, selon une vidéo postée sur son compte Facebook intitulée « Bouira accueille le candidat indépendant Benflis ».

« J’ai su que des actes de violence avaient éclaté avant cette réunion. Je le regrette. Moi, je suis venu porteur de paix », déclare le candidat à la tribune, devant la maigre assistance d’une petite salle de moins de 100 places à moitié vide. Ci-dessous la vidéo qui prouve le peu d’assistance à ce meeting.

Ali Benflis était le premier ministre de Bouteflika en 2001 et 2002 quand la Kabylie a mené le printemps noir qui a coûté la vie à 127 jeunes Kabyles et des centaines de blessés. C’est dire qu’entre Benflis et la Kabylie la réconciliation n’est pas d’actualité.

Après avoir servi Bouteflika, Ali Benflis se présente comme un « opposant » depuis 2003 et sa rupture avec M. Bouteflika, contraint à la démission en avril, après 20 ans à la tête de l’Etat, par un mouvement populaire de contestation inédit du régime au pouvoir en Algérie depuis l’indépendance en 1962.

Mais ce mouvement de dissidence citoyenne le considère comme un pur produit du « système » au pouvoir et rejette l’ensemble des cinq candidats à un scrutin qu’il estime destiné à régénérer le régime en place.

La campagne électorale se déroule sous tension en Algérie. Malgré un fort déploiement policier, les meetings des candidats sont régulièrement perturbés par des manifestants. Plusieurs manifestations ont eu lieu un peu partout dans la journée. Dans la nuit, des villes comme Constantine, Alger, Tizi-Ouzou, Bejaia, etc ont vécu d’importants rassemblements de protestation contre la présidentielle et le régime en place.

Bouira est l’une des principales villes de Kabylie, région traditionnellement frondeuse et où le Hirak mobilise très fortement. Avec AFP

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