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Économie

Accord Sonatrach-Engie : ce qu’il faut craindre

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Un accord a été conclu mercredi 20 novembre entre la compagnie algérienne Sonatrach et le mastodonte français Engie, un groupe issu d’une fusion entre Suez (belge) et Gaz de France.

Cette information concernant l’accord Sonatrach-Engie aurait pu paraitre anodine n’était le contexte tendu marqué, au plan interne, par l’adoption à la hâte d’une loi sur les hydrocarbures objet de toutes les colères et, au plan externe, par la cession des actifs africains du groupe Anadarko au profit de Total, cet autre géant français de l’énergie.

Au plan externe, il faut souligner que cette nouvelle cession fera de Total un partenaire de poids qui aura plus de 50% de la production algérienne en partenariat avec Sonatrach et environ 30% seul. Une position dominante sur un marché local en manque de profondeur où l’on peut compter les intervenants sur les doigts d’une main, vu l’inattractivité et les coûts d’exploration et d’exploitation des gisements. Ceci sans compter ses positions en aval avec l’activité de transformation à Arzew en partenariat avec la société algérienne des hydrocarbures.

Au plan interne, la loi sur les hydrocarbures a introduit plusieurs amendements et nouveautés qui pourraient avoir un effet attractif pour les investisseurs étrangers et ouvrent des perspectives énormes pour des multinationales qui se préparent à un changement profond du modèle énergétique européen dans les 10 années à venir. L’un de ces volets est le partage de production entre investisseurs comme option quand ceux-ci sont associés dans des projets d’exploitation. Jusque-là, tout semble aller bien car l’Algérie dispose déjà d’un réseau de canalisation dense.

C’est dans ce contexte que intervient l’accord entre Sonatrach et Engie, cet un autre bras de la politique énergétique française. Engie qui exploite déjà des gisements de gaz dans le Touat et qui était déjà client de l’Algérie en gaz a décidé d’entrer en négociations avec la Sonatrach en février dernier autour de plusieurs sujets dont le solaire et la maximisation de la gestion du gaz torché. Il faut dire qu’Engie est un client exigeant quant au respect des cahiers de charges sur la livraison du gaz algérien à destination de la France. Ses responsables se sont déjà plaints durant l’hiver 2017 des coupures d’électricité dans le sud de la France en accusant l’Algérie de non-respect des volumes exigés dans les précédents contrats.

Nous ne pouvons alors que nous poser des questions sur l’opportunité pour Sonatrach de signer un tel accord avec Engie dans une conjoncture marquée par la baisse tendancielle de la production de gaz et de pétrole. Il est connu que le secteur a souffert ces dernières années du manque d’attractivité et surtout avec des indicateurs de production à la baisse. Tout indique, qu’au vu des données actuelles, il sera très difficile à Sontrach d’honorer ses engagements ! D’autant que les besoins internes ont explosé ces dernières années.

La réponse est à notre avis dans l’ampleur des implantations de Total et d’Engie dans la zone limitrophe s’étendant jusqu’au Golf de Guinée. Total, avec ses acquisitions de gré à gré et dans le secret de son top management, est en train de devenir un mastodonte africain que les États ne pourraient contrecarrer que collectivement.

A ce titre, il faut retenir l’acquisition en mars 2018 du libyen Waha Petroleum ayant des champs limitrophes à l’Algérie, de champs dans le portefeuille Afrique d’Anadarko en Guinée, une présence au Gabon et en Côte d’Ivoire et surtout en mer Egina au Nigeria où Total exploite 15% de la production de ce géant africain du pétrole.

Au final, tout porte à croire à un tissage de toile autour du Sahel comme future zone de canalisation. Une pièce théâtrale à plusieurs actes. Total en premier pour la production. Engie fait son entrée dans le 2e acte pour mettre la pression pour que l’Algérie honore des engagements difficiles à honorer. Dans l’acte 3, le partage de la production permis par la nouvelle loi sur les hydrocarbures mettra sur le tapis le dossier de la demande de canalisation. Dans le 4e acte, il sera question du contrôle des canalisation : sera-t-il français ou verra-t-on l’entrée en lice des multinationales de la canalisation américaines friandes du contrôle des zones stratégiques d’échange.

Un scénario à prendre au sérieux au vu du calendrier politique intérieur d’une Algérie en quête de légitimité démocratique plus que jamais nécessaire pour défendre sa souveraineté.

Saïd Bahi

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zineb hamm
Invité

Vous occuperez notre espace LE SUD pour sa richesse. Votre but est celui de nous démunir et nous appauvrir.
Nous occuperons vos espaces dans vos pays LE NORD.
Ceci apaisera peut-être ceux qui ne le savent pas.
A Marine Lepen de mettre de l’ordre dans la tête des Français et à son homologue Italien de faire pareil en Italie.
Quant au reste.. tous les autres pays…
Je dis. À bon entendeur salut.

Pagnol
Invité
Pagnol

Article incompréhensible ! C’est bourré de fautes, c’est incompréhensible !

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