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Netanyahou mis en examen pour corruption et fraude

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La décision du procureur général d’Israël pourrait avoir des conséquences politiques pour le Premier ministre sortant, qui n’a pas pu bâtir de majorité.

Électrochoc politique en Israël. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre, a été mis en examen par le procureur général du pays pour corruption, fraude et abus de confiance dans différentes affaires, a annoncé jeudi soir le ministère de la Justice. « Le procureur général Avichaï Mandelblit a décidé d’inculper le Premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance dans l’affaire 4 000 », a indiqué le ministère dans un communiqué.

« C’est un jour triste » pour Israël, a déclaré Avichaï Mandelblit qui rentre dans l’histoire comme le premier procureur à inculper un chef de gouvernement israélien en exercice. L’ancien Premier ministre Ehoud Olmert avait déjà été inculpé, il y a une décennie, mais après avoir quitté ses fonctions.

Pour Benjamin Netanyahou, 70 ans, une affaire est particulièrement sensible. Dans l’ « affaire 4 000 », aussi appelée dossier « Bezeq », du nom d’un groupe israélien de télécoms, la justice soupçonne Benyamin Netanyahou d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de Bezeq en échange d’une couverture médiatique favorable d’un des médias de ce groupe, le site Walla.

Netanyahou dénonce un « coup d’État »

Le procureur général a aussi décidé de mettre en examen Benjamin Netanyahou pour « fraude et abus de confiance » dans les deux autres dossiers sur lesquels il devait se prononcer, soit les affaires « 1 000 », dans laquelle le Premier ministre est soupçonné d’avoir reçu de luxueux cadeaux de la part de richissimes personnalités, et « 2 000 », dans laquelle ce dernier aurait tenté de s’assurer une couverture favorable dans le plus grand quotidien du pays. Dans la première, le Premier ministre est soupçonné d’avoir reçu de luxueux cadeaux de la part de richissimes personnalités. Dans la deuxième, il est suspecté d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable dans le plus grand quotidien payant du pays, le Yediot Aharonot.

Après l’annonce de son inculpation, Benjamin Netanyahou a aussitôt dénoncé une tentative de « coup d’Etat », alors que s’ouvre un nouveau round de pourparlers crucial afin de doter Israël d’un gouvernement et que le pays semble dans une impasse politique depuis les élections de septembre. « Ce qui se joue ici est une tentative de mener un coup d’Etat contre le Premier ministre », a-t-il déclaré, dénonçant de « fausses accusations motivées par des considérations politiques » et assurant qu’il « n’abandonnera pas ».

Le grand rival de Benjamin Netanyahou, le centriste Benny Gantz, a lui aussi évoqué un « jour très triste » mais sur Twitter, le hashtag le plus tendance en Israël jeudi soir était « Youm samer » (« jour heureux »). Dans les minutes qui ont suivi l’annonce de l’inculpation de leur champion, des dizaines de partisans du Premier ministre se sont toutefois réunis devant sa résidence officielle en scandant : « Nous sommes tous Netanyahou ! »

Trois semaines pour trouver un nouveau Premier ministre

Cette inculpation pourrait remettre en cause la pérennité du règne de Benjamin Netanyahou alors que les députés israéliens ont maintenant trois semaines pour trouver un Premier ministre qui a le soutien d’au moins 61 d’entre eux sur 120. Selon la loi israélienne, il peut demeurer Premier ministre malgré cette mise en examen mais il ne peut pas devenir simple ministre dans un éventuel gouvernement de coalition. Cette inculpation pourrait toutefois diminuer ses chances de rallier à sa cause une majorité de députés de la Knesset et compliquer son maintien au pouvoir. AFP

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