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Benflis, Tebboune, Mihoubi et Bengrina, cibles de vives critiques

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Un nouveau meeting d’Ali Benflis, l’ex-Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika, a été perturbé lundi, au 2e jour d’une campagne qui s’annonce agitée pour tous les candidats à une présidentielle massivement rejetée par le mouvement de contestation inédit dont l’Algérie est le théâtre depuis neuf mois.

Les meetings d’Ali Benflis, que les protestataires surnomment Ali Benblis sont systématiquement chahutés, dénoncés et le théâtres de rassemblements de protestation.

Trois personnes ont été interpellées lundi à Souk Ahras (450 km à l’est d’Alger) après avoir l’une après l’autre interrompu une réunion électorale de M. Benflis, a indiqué à l’AFP un journaliste local.

Elles « se sont levées à tour de rôle pour crier +Vous avez pillé le pays, voleurs! » et « ont immédiatement été interpellées par des policiers en civil présents dans la salle », a-t-il précisé.

La veille, des centaines de personnes s’étaient rassemblées aux cris de « Benflis, dégage! » devant une salle de Tlemcen (450 km au sud-ouest d’Alger) où M. Benflis a lancé sa campagne.

Avant de se présenter pendant 15 ans comme le principal adversaire électoral du président Abdelaziz Bouteflika –contraint à la démission par la rue en avril–, M. Benflis fut l’un de ses plus proches collaborateurs et son Premier ministre entre 2000 et 2003.

Pour le « Hirak« , le mouvement de contestation qui bat le pavé depuis le 22 février, M. Benflis est surtout un produit du « système » au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962, dont il veut se débarrasser.

Aux côtés d’Ali Benflis se présentent les candidats Azzedine Mihoubi, Abdelaziz Belaid et Abdelkader Bengrina, ainsi qu’un autre ex-Premier ministre, Abdelmajid Tebboune.

Ce dernier est attendu lundi à Adrar (à plus de 1.200 km au sud d’Alger) pour son premier meeting, après l’annulation de celui de la veille à Sidi-Fredj, dans la banlieue d’Alger.

Dimanche à Adrar, Azzedine Mihoubi, chef d’un des principaux partis de l’alliance ayant soutenu M. Bouteflika jusqu’à sa démission, avait été accueilli par des quolibets de manifestants, selon des sites d’information en ligne et les réseaux sociaux. « Dégage Mihoubi! » ont-ils scandé, face à un cordon de policiers antiémeutes.

Candidat d’un petit parti islamiste, Abdelkader Bengrina, seul à s’être risqué dans la capitale, n’a fait qu’une brève apparition dans la rue, sous forte escorte policière, et sous les huées de manifestants, selon les médias algériens.

Le général Ahmed Gaïd Salah, homme fort du pays depuis la démission de M. Bouteflika, et le haut commandement militaire refusent tout autre scénario de sortie de crise qu’une élection présidentielle et rejettent la mise en place d’institutions de transition comme réclamé par les manifestants. Avec AFP

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