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Chronique

Ô ma muse !

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Je continue en prose, le plaisir de me redire.

Il arrive, ma muse, que mes forces se fâchent et se lâchent dans l’attente lente d’une mélodie gracieuse quand la mélopée des vents se dérobe sous l’aube annonciatrice d’une solitude qui amarre.

Il faut savoir nous repentir par dépit sentimental avant que nos amours folles ne dessèchent par débit de sagesse. Déploie donc tes arcs-en-ciel et éclaire ma nuit de tes sourires en aquarelles.

Sais-tu, ma muse, qu’un poète vieillissant est semblable à un lundi d’automne qui luit en après-midi d’été avec envie d’éternité ? Murmure tes appétences qui exultent le jasmin, ainsi, les éclats du temps poétiseront notre idylle jusqu’à ne rien refuser aux bras des charmes qui s’ouvrent sans crainte.

Ô ma muse, il te faut faire frémir ma plume et lui faire avouer le susurrement de ta bouche quand nos émois se déchaînent, quand nos corps s’enflamment. La flamme quand elle s’allume dans les yeux et brûle les lèvres, les oracles à peau de chagrin n’ont plus qu’un seul destin, celui du vent d’extase où les regards des amants se croisent et chavirent dans les rivages du désir.

Sers-moi du vin, ma muse, n’est-ce pas que la treille fait valser les aises de notre romance ? N’est-ce pas que les effluves des pampres repoussent les lois qui conditionnent l’exquis fantasme d’un visage retrouvé lorsque les interdits sont bravés ?

Ô ma muse, sais-tu que la tendresse d’un amant dort paisiblement à l’ombre du regard conquis ne serait-ce qu’un instant ? Ouvre-moi tes bras, tends tes mains et prends-moi dans l’aura de ton sein auréolé du feu de mes lèvres. Ouvre-toi à mes caresses qui cherchent un accès silencieux à ton intérieur et laisse-moi boire encore à la source de ta bouche l’élixir des baisers qui me manquent. Je ne suis fanatique que de notre idylle pour laquelle je m’engage par passion d’aventures joyeuses. Prends-moi comme un trophée arraché aux serres de l’oppression car ton regard trouble les tabous qui nous guettent et qui bavent à nous enrôler dans la torpeur fade d’un couple d’amoureux en gémissements pétulants et sonores. Refusons à nos corps le frissonnent timidement dans une pitié à la fois sourcilleuse et sacrée sans la conviction ludique aux tendances instinctives.

Ô ma muse, j’ai peur que les cœurs s’étanchent de langueur et se ferment à double tour. J’ai peur que la mémoire éructe sa poésie et s’évapore comme des bulles de savons. J’ai peur que les mots soient maltraités et que la poésie ne soit plus qu’une amante de substitution et une fois déchue, elle régalera la poussière en révolte emportant la prose séduisante de nos premières étreintes…

Djaffar Ben

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