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Politique

Saïd Sadi : des chiffres et des êtres : 22 / 1-11 / 12-12

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Ce n’est ni un code ni, hélas, un jeu. Est-ce alors un hasard ? Probablement pas. A eux seuls, ces chiffres concentrent les grandeurs et les turpitudes d’une Algérie démocratique qui peine toujours à naître.

Ils étaient 22 à avoir décidé de déclencher la guerre de libération nationale en 1954. Ils sont autant à vouloir enterrer l’espoir démocratique le 12 décembre prochain. Cette égalité numérique n’est probablement pas fortuite. Il ne s’agit plus seulement de déposséder l’Algérien de ses référents symboliques. Il faut les souiller. Pour que le plus indigne des hommes puisse se comparer au plus glorieux. Cette ignominie confirme l’ampleur du désastre national. Aucune valeur, aucun socle, aucun signe n’est épargné. Le replâtrage n’est plus possible. Il faut tout reterrasser.

Le 24 juin 1954, 22 patriotes, jeunes pour la plupart, se réunissent dans une petite masure située dans ce qui s’appelait alors Clos Salembier pour préparer la libération de leur peuple. Ils devaient, pour ce faire, affronter l’une des plus grandes armées du monde et dépasser une crise déchirant depuis de longs mois déjà le plus important parti nationaliste qui avait perdu le fil de l’Histoire.

Les 22 étaient isolés mais ils avaient cette noblesse d’esprit qui repère et investit les moments féconds où la vie de l’Homme, pour être accomplie, sait s’élever à la hauteur des grandes causes qui le dépasse en tant qu’être singulier. Les 22 jeunes de 1954 ont gagné la plus belle des batailles : celle qui octroie une place dans l’Histoire.

Le 27 octobre 2019, 22 individus déposent leur dossier pour s’engager dans une imposture électorale condamnée par la quasi totalité du peuple algérien.

Les citoyens expliquent le rejet de ce sacrilège par le fait qu’ils y voient une opération commanditée pour maintenir le pays sous le joug d’un système politique aussi inique que celui contre lequel se sont levés leurs parents en 1954.
Images inversées des pionniers de notre liberté, les 22 usurpateurs qui croient pouvoir jouir de leur racket mémoriel le 12 décembre prochain sont motivés par des objectifs rigoureusement inverses de ceux qui ont mobilisé les militants de novembre 1954. Eux aussi rentreront dans l’Histoire. Pas par la même porte. Pas pour les mêmes raisons.

Pour rendre justice à la Nation et à ses martyrs, chacun de nous, où qu’il se trouve, se doit, en ce premier novembre, de s’associer avec celles et ceux qui honorent nos héros et condamnent les spoliateurs de leur âmes. Les deux démarches participent d’un même et unique combat : le devoir de sauvegarde de la Patrie.

Saïd Sadi
Le 30 octobre 2019.

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