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Grève des magistrats : corporatisme

La Rédaction

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Près de neuf mois de Hirak et des dizaines de détenus et quand il a fallu que les magistrats se réveillent cela n’a été que pour… des intérêts de carrière et pour leur « stabilité sociale » mis à mal par la mainmise de l’Exécutif ! Jusque-là sinon, la Justice à leurs yeux était indépendante…

C’est là la substance du contenu des posts sur les réseaux sociaux au lendemain de la révolte des magistrats contre la chancellerie et qui observent une grève ouverte depuis hier dimanche.

Décidément, on ne l’a fait pas (on ne la fait plus ?) aux Algériens, particulièrement aux compatriotes internautes, qui réagissent au quart de tour avec une extraordinaire pertinence à chaque événement d’actualité politique. Rien ne leur échappe ! De la défiance à l’endroit de nos magistrats d’autant plus légitime, que le « peuple du vendredi » en attendait plus. Bien plus ! Bien plus qu’une rébellion corporatiste dont il s’agirait pour le département de M. Zeghmati d’en satisfaire les revendications, pour que nos juges reprennent leurs activités. Des activités dont le gros en ces moments est de présider aux procès des « hirakistes » emprisonnés et autres potentiels détenus d’ici au 12 décembre prochain… Et même après si ça se trouve.

De là à suspecter que les magistrats aient trouvé l’opportunité de la pression du hirak pour peser, surenchérir et faire pression sur la chancellerie au profit de leurs intérêts corporatistes, il y a un pas que beaucoup ont déjà franchi.

Parce qu’en en fait logiquement : si le département de Zeghmati décidait demain de satisfaire les revendications de corps de nos magistrats en grève, ces derniers arrêteraient leur action et reprendraient leurs activités: celles de juger les manifestants et prononcer leur incarcération.

Par ailleurs, l’opinion est d’autant plus intriguée par cette sortie des juges, que ces derniers ont eu l’audace de se rebeller contre leur hiérarchie administrative alors que pareille témérité leur est « légalement » interdite !

En effet, selon le ministère de la Justice qui s’est exprimé samedi, «le statut de la magistrature interdit au magistrat toute action individuelle ou collective de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement de la justice et que la participation à toute grève ou incitation à la grève est interdite au magistrat et est considérée comme abandon de poste».

Simple rappel d’une réalité que nous tous connaissions depuis des lustres. Juste, nous ne savions pas, ou étions-nous trop naïfs pour ne pas imaginer que ce dogme politico-administratif pouvait bénéficier d’une dérogation en fonction du… contexte.

Hakim Outoudert

Éditorial paru sous le titre « Corporatisme » dans le journal La Cité.

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