Connectez-vous avec nous

Actu

Mathilde Panot : Lettre aux détenus d’opinion d’Algérie

Publié

le

La députée de La France insoumise, Mathilde Panot, qui était en séjour en Algérie, a rendu publique une lettre ouverte aux détenus d’opinions algériens que nous publions ci-dessous.

La députée du Val-de-Marne et vice-présidente du groupe parlementaire La France Insoumise, Mathilde Panot, était venue en Algérie « en tant que militante de la révolution citoyenne » avec son suppléant Mourad Tagzout « rencontrer les acteurs et actrices du mouvement populaire pour comprendre, apprendre et exprimer » sa solidarité avec la « révolution du sourire ». Document.

Lettre aux détenus d’opinion d’Algérie, par Mathilde Panot

À vous qui êtes privé de liberté, c’est en toute fraternité que je vous écris. De retour d’Algérie, je prends la plume, car vous habitez mes pensées ; vous, courageux militantes et militants de l’émancipation de votre peuple et de la justice sociale. Maintenant que je me suis rendu sur place, je mesure et je dis à quel point est inacceptable le silence coupable et intéressé qui, partout ailleurs, couvre vos luttes et malheurs. Je le ressens d’autant plus vivement, que beaucoup d’entre vous ont mon âge et même beaucoup moins. Il faut que des voix libres relayent les vôtres et que vos combats soient internationalement connus. C’est en cela que je peux aider et c’est à cela que je vais m’atteler.

Le peuple algérien mène une lutte digne, fier et debout contre un régime à bout de souffle, qui tente tant bien que mal de se maintenir en place. Au cœur de ce combat, une jeunesse admirable d’engagement de générosité et d’abnégation. La lutte pour la justice sociale et la dignité populaire est le plus beau des combats.

Pour se pérenniser, le pouvoir en place ne recule devant aucun moyen. Vos camarades de combat me l’ont dit : prisonnier d’opinion vous vous comptez par dizaines dans le pays. À Alger, où s’opère l’essentiel des arrestations, vous n’êtes pas loin d’une centaine et le chiffre grossit. Ils m’ont dit comment vous regardiez vos juges droit dans les yeux ; comment il est arrivé que des magistrats vous avouent leurs impuissances. Dans les manifestations vos concitoyens dénoncent que vous soyez retenus en otages d’un odieux chantage à l’arbitraire. Mais, les Algériennes et les Algériens tiennent bon.

Mes camarades, car je sais que je peux vous appeler ainsi. Nous menons le même combat. Certes dans des conditions différentes, mais notre combat et celui de la libération et de l’émancipation humaine. Mes camarades, même en prison vous ne baissez pas les bras. Depuis quelques jours vous êtes nombreux à observer une grève de la faim. Un moyen de lutte bien périlleux qui, il y a quelques mois, a coûté la vie à Kameleddine Fekhar, l’infatigable combattant des droits humains. Dans votre combat, vous avez à vos côtés le commandant Lakhdar BOUREGAA et Djamila BOUHIRED des acteurs de votre guerre d’indépendance. Des combattants aujourd’hui largement octogénaires. Leur présence symbolise la symbiose générationnelle qui fait la force de votre révolution du sourire.

Samira, Billal, Amine, Karim, Samir, et tous les autres, je vous adresse les plus profonds saluts de fraternité et de solidarité, espère votre rapide libération et votre victoire prochaine pour le changement profond et radical auquel vous vouez votre engagement.

De mon côté, je me bats aussi contre une autre oligarchie, en France. Beaucoup, de cette rive de la Méditerranée, notre mer commune, ont été arrêtés abusivement, éborgnés, mutilés sans raison du fait du mouvement de révolte populaire qui traverse le pays. C’est aussi pour cela que je me sens le devoir de faire écho à votre combat. Je ferai ce qui est à ma portée pour m’acquitter de cet impératif. 

Je vous partage une conviction : ils ne pourront arrêter les Révolutions citoyennes qui viennent. Condamner quelqu’un pour son opinion, c’est s’assurer qu’elle soit diffusée. Leur bêtise ne peut rien contre notre volonté, où que ce soit, de construire une société organisée dans l’intérêt du grand nombre. 

Salut et fraternité,

Mathilde Panot

1 Commentaire

1
Poster un Commentaire

avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses au fil
0 Les abonnés
 
Commentaire le plus réagi
Fil de commentaire le plus chaud
1 Commenter les auteurs
amr aliou Commentaires récents des auteurs
  S'abonner  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des
amr aliou
Invité
amr aliou

bien ecrit au moins vous vous avez compris l injustice que vivent les algerien s nes depusi 62 des assasins et voleurs sont au pouvoir et ont divisé le peuple et l ont appauvri jusqua ce que le vase deborde

Publicité

A La Une

Articles récents

Populaires