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Hirak : l’association «Savoir +» appelle à préparer la grève générale

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L’Association « Savoir + » de Béjaïa appelle les composantes du hirak à préparer la grève générale active pour empêcher le coup de force du 12 décembre. Document.

La rentrée sociale et universitaire de cette année s’inscrit dans un contexte historique assez particulier, puisque marqué par le mouvement populaire en cours depuis près de 8 mois.

Les masses populaires, après avoir poussé à la porte une partie du pouvoir, dont l’ex-président Bouteflika, posent la revendication du recouvrement de leur souveraineté confisquée depuis l’indépendance nationale. Les acquis enregistrés depuis 8 mois de mobilisation, restent certes indéniables, mais fortement fragiles et incontestablement insuffisants.

Le rouleau compresseur de la répression est actionné avec son lot d’arrestations arbitraires de militants et de manifestants, le recourt systématique à la mise sous mandat de dépôt, les attaques contre nos acquis sociaux et nationaux et le rétrécissement de plus en plus prononcé du champ des libertés démocratiques avec comme toile de fond une présidentielle imposée au pas de charge afin de préserver le système libéral et autoritaire en place.

Hirak : la grève générale pour sauvegarder la souveraineté nationale

Dans le double objectif de doter leur régime d’une base sociale (en ratissant parmi les composantes libérales de la société) d’une part, et de quémander un soutien aux puissances étrangères d’autre part, les tenants du pouvoir ont concocté en vase clos deux projets de lois (Le PLF 2020 et la loi sur les hydrocarbures) qui hypothèquent la souveraineté nationale et remettent en cause les conquis sociaux. Se lançant dans une véritable guerre contre les masses populaires, ce PLF ne prévoit que l’accentuation du cours austéritaire amorcé par Sellal et Ouyahia avec une baisse de 12% du budget de fonctionnement et de 20% le budget d’équipement de l’Etat ; mesures dont les répercussions et implications ne peuvent être que désastreuses, avec notamment l’augmentation du chômage, y compris chez les diplômés, le gel du recrutement dans la Fonction publique, la précarisation du travail avec la généralisation des CDD au détriment des CDI, le maintien du taux faible du SMIG… Alors qu’au même moment on multiplie les cadeaux fiscaux aux plus privilégiés et aux multinationales avec des exonérations fiscales multiples et la suppression de la loi 49/51 avec un desserrage des vis des contraintes contenues dans l’innommable loi sur les hydrocarbures qui place notre pays dans un procès de néo-colonialisme avancé.

L’université a marqué d’une pierre blanche le Hirak populaire en imposant le mardi comme journée de protestation au côté du vendredi. La communauté universitaire, après avoir assuré la permanence de la protestation durant la saison estivale, renoue avec le cycle des mobilisations en entraînant dans son sillage d’autres catégories sociales. Combinant entre les revendications générales du hirak et celles particulières de l’université, les étudiants au côté des travailleurs de la communauté universitaire (enseignants et ATS) ont su donner un bond qualitatif au mouvement en jouant notamment le rôle de vecteur de politisation de la société en générale à travers des mots d’ordre qui font écho à ceux du Hirak du vendredi.

Hirak : la grève générale pour faire face aux politiques libérales

Mais aujourd’hui plus qu’hier, l’université subit des attaques en règle du pouvoir de fait incarné par l’état-major de l’armée qui réprime les manifestations étudiantes dont les participants se voient honteusement et injustement traduits en justice. Le régime, avec ses pratiques barbouzardes, et après avoir violé les franchises universitaires en s’introduisant à l’intérieur des campus comme ce fut le cas à la fac de droit d’Alger en avril dernier, augmente désormais la cadence des intimidations en arrêtant et en mettant sous mandat de dépôt nos camarades à l’exemple de « Dahmani N. » arrêtée lors de la 30e marche des étudiants.

En plus de cette répression physique, les étudiants subissent au quotidien les conséquences calamiteuses des politiques libérales des gouvernements successifs qui se désengagent du secteur public avec comme conséquence une détérioration nette des conditions sociales et pédagogiques d’étude, et que le PLF 2020 ne fera qu’accentuer. A cela viennent s’ajouter les pratiques anti-démocratiques, autoritaires et méprisantes d’une administration aux ordres, véritable prolongement de la « issaba » au pouvoir et l’un de ses piliers à l’université.

Le combat pour la démocratisation de l’université est indissociable du combat pour la souveraineté du peuple algérien. En effet, nous nous devons en tant qu’étudiants de porter et d’imposer un projet de démocratisation de l’université qui introduise entre autres le droit de révocabilité de tout responsable administratif, la constitution par élection démocratique des différents paliers de l’administration (avec notamment recteur, doyen, chef de département), adoption du régime déclaratif en ce qui concerne les activités associatives et syndicales, garantie du droit de grève, parité dans la gestion des affaires de l’université et dans les processus décisionnels entre toutes les composantes du corps universitaire (étudiants, enseignants, ATS), autonomie de l’université vis-à-vis du pouvoir politique, assurer un enseignement de qualité et qui corresponde aux besoins de la société en place et lieu de la marchandisation du savoir au profit du patronat…

Mais pour parvenir à imposer notre rapport de force, il est plus que nécessaire de s’organiser à la base à travers nos comités de facultés et de départements pour mieux affronter les combats à venir.

Hirak : seule la grève générale active…

Notre engagement auprès du Hirak populaire exige de nous que nous nous dotions d’organes de représentation au niveau local comme première étape pour la construction d’un organe représentatif des intérêts des étudiants au niveau national. Ces structures que nous nous donnons l’ambition de construire seront l’exemple et le premier pas pour bâtir des ponts entre l’université et les différents secteurs de la société en lutte (ouvriers, chômeurs, femmes…).

Il convient également de préparer activement les moyens de pressions pour faire face au passage en force du pouvoir pour imposer les élections du 12 décembre prochain, en généralisant le mot d’ordre de grève générale active. Le processus révolutionnaire en cours, dont l’université a été la figure de proue, reste ouvert, d’où la nécessité absolue de rester mobilisés pour pouvoir peser dans les rapports de force afin d’arracher notre souveraineté confisqué et de parachever notre indépendance nationale.

Vive le Hirak et la lutte des étudiants !
Pour une université gratuite, publique et de qualité !
Pour la libération immédiate de tous les détenus d’opinion !
Pour une grève générale afin de faire dégager le régime !
Vive la lutte car seule la lutte paye !

Association scientifique et culturelle « Savoir + »

Béjaia, le : 16/10/2019

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Hacene Saadi
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Hacene Saadi

L’Algérie compte sur son élite,le savoir doit primer dans tous les secteurs,l’université doit nous servir de guide pour la réussite du processus de changement démocratique de notre pays. Salutations.

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