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Mémoire

« Le 9 octobre 1988, des gendarmes tiraient sur Lounès », par Nadia Matoub

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Nadia Matoub, veuve de Matoub Lounès, l’artiste d’expression kabyle assassiné le 25 juin 1998 sur une route de Kabylie s’est recueilli sur le lieu où son défunt mari a été la cible de tirs de gendarmes. Nous publions son post.

Hier, le 9 octobre 2019, recueillement sur le lieu où Lounès Matoub fut criblé de balles par des gendarmes il y a trente-et-un ans alors qu’il distribuait, en compagnie de deux étudiants – Masin Ferkal et Mehdi Siam-, des tracts appelant au calme et à une grève générale suite aux événements survenus à Alger.

« Jamais je n’oublierai qu’il y a de cela trente ans un gendarme t’avait arrosé avec une rafale de kalachnikov près de Michelet, en Kabylie. Je ne saurai oublier ton sang que j’avais porté sur mes vêtements une semaine durant. Je n’oublierai pas toutes les souffrances – aussi bien physiques que psychologiques – que tu as endurées pour que tu puisses t’en sortir et guérir.” (Extrait du témoignage de Masin Ferkal)

Le 9 octobre 88, les gendarmes ont tenté de mettre un terme à la vie de lutte et d’engagement constant de Matoub Lounès. Avec leurs tenues vertes, les mêmes qui ont jeté sauvagement le corps meurtri de Lounès aux pieds de ses frères en l’insultant, ont provoqué, en 2001, un de ces traumatismes qui marquent à jamais l’histoire d’un peuple; l’assassinat de dizaines de kabyles qui n’avaient pour la plupart que quelques printemps de vie. Des jeunes devenus orphelins depuis l’assassinat de Lounès le 25 juin 1998, car le lien qui l’unit à son peuple est d’une profondeur exceptionnelle.

Son amour, son engagement, son authenticité et sa force ont fait qu’il était, et qu’il est toujours, considéré comme un père ou un grand frère protecteur. Voici ce qu’il dit à Mehdi et Masin ce jour-là pour les protéger : “Bon ! Donnez-moi tous les tracts en votre possession. Ne laissez rien sur vous !”, disait Lounès. “Oui, parce que si on m’arrête, moi je pourrais m’en sortir, mais pour vous ça sera plus difficile ! Il vaut mieux que les risques soient pris par moi ! En plus, si jamais nous sommes arrêtés, dites que je vous ai seulement pris en stop !”

On ne t’oubliera jamais.
La kabylie et Tamazgha ne t’oublieront jamais. Nadia Matoub

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