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Journalistes et militants écroués : la liberté sous les verrous

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La justice algérienne multiplie les poursuites contre des journalistes et des militants du mouvement de contestation, pour de simples publications sur les réseaux sociaux, dénoncent lundi des ONG citoyennes et de défense des droits de l’Homme.

Journaliste indépendant et militant de la Ligue algérienne de Défense des droits de l’Homme (LADDH), Saïd Boudour comparaît lundi devant le Parquet d’Oran (350 km à l’ouest d’Alger) « pour un écrit sur Facebook », rapportent la LADDH et le Comité national de libération des détenus (CNLD), qui milite pour la libération des « détenus d’opinion et politiques » arrêtés depuis le début du mouvement inédit de contestation du régime.

« Incontestablement, sur la question des droits fondamentaux comme la liberté d’expression, nous vivons une période pire que celle vécue sous l’état de siège. Les tenants du pouvoir ont des réflexes sécuritaires mais ne réalisent pas que cet épouvantail est peu mobilisateur dans des situations de crise interne et que la nature de la crise est purement politique et sa solution l’est forcément », soulignait Abdelaziz Rahabi dans un entretien à Tsa. Il ajoutait : « En Algérie, la demande de démocratie est endogène, elle n’est pas d’essence étrangère et n’est pas une menace pour nous pas plus que pour l’étranger. »

cinq militants du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ) ont été placés dimanche en détention provisoire, a indiqué lundi à l’AFP Abdelouahab Fersaoui, président de cette association citoyenne en pointe dans le « Hirak », le mouvement de contestation né le 22 février.

Ils sont inculpés d' »incitation à attroupement » et « d’atteinte à l’intégrité et l’unité du territoire », passible de 10 ans de prison, « sur la base de publications Facebook », a-t-ajouté, mais « pour les avocats, le dossier est vide (…) c’est un procès purement politique ».

Selon un de leurs avocats, Me Abdelhak Mellah, joint par l’AFP, les cinq militants ont été arrêtés vendredi dans un café, après la 33e grande manifestation hebdomadaire d’affilée.

« On leur reproche d’avoir participé à une manifestation et après +perquisition+ de leur téléphones, ont été trouvées +des vidéos subversives+ qui ne sont que des vidéos des manifestations », a poursuivi l’avocat, précisant avoir boycotté l’audience de mise en détention, la défense n’ayant pas eu copie du dossier.

Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, a indiqué à l’AFP que « la justice distribue les chefs d’inculpation à tort et à travers » et dénoncé des poursuites « sur la base d’interprétations ».

Le Parquet d’Alger a lui soutenu dimanche dans un communiqué que les dossiers traités « ne sont pas d’ordre politique » et assuré qu' »aucun détenu politique n’est incarcéré » dans sa juridiction.

Jeudi, Sofiane Benyounes, fondateur du groupe Facebook « Algérie Debout », très actif dans le Hirak, a indiqué à l’AFP avoir été convoqué – pour une raison qu’il dit ignorer – par la police mais refusé de préciser s’il comptait y répondre.

Responsable d’un parti d’opposition non reconnu par les autorités et figure du « Hirak », Karim Tabou a été inculpé fin septembre d' »atteinte à l’unité nationale et incitation à la violence » et écroué pour des publications sur Facebook.

Lundi, les Forces pour l’alternative démocratique, coalition de partis et associations réclamant une transition politique en Algérie, ont vu dans ces récentes arrestations un « arbitraire politique » qui « signe le refus des tenants du pouvoir de tout changement démocratique ». Avec AFP

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