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Hirak : vivement les comités populaires !

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« Non à l’élection présidentielle ! Unité pour organiser le Boycott du scrutin et la grève générale pour en finir avec le Régime ! Organisons-nous dans les usines, les universités et dans les quartiers en comité populaire pour imposer notre volonté ! La parole au peuple ! Assemblée constituante souveraine ! Gouvernement des travailleurs.

Le régime a osé. Le système a convoqué le corps électoral pour « son » élection présidentielle qu’il a fixée au 12 décembre prochain. « Le discours à la nation » de Abdelkader Bensalah a apporté une preuve incontestable de ce que le régime n’a nullement l’intention de satisfaire les aspirations du peuple tout entier en prenant la porte de sortie que lui montrent, chaque semaine depuis près de sept mois, des millions d’Algériennes et d’Algériens qui disent simplement et avec force : « système dégage ! La parole au peuple ».

Depuis la démission de Abdelaziz Boutelika, une victoire du mouvement populaire, les résidus du système, sous la direction du chef d‘état major de l’ANP, ont rusé, conjuguant la flatterie à l’égard du Hirak et la répression sélective. Les  maitres mots de leur feuille de route ont été de « tout changer pour ne rien changer ! Changer des personnalités trop visibles du système par d’autres pour assurer la continuité du régime». Dans ce cadre, « l’élection présidentielle » en constituait le point nodal.

Toutes ses institutions illégitimes au regard de la démocratie ont été utilisées par le régime pour arriver à ces fins : le Conseil constitutionnel pour prolonger illégalement le régime, la présidence de l’Etat, l’APN et le Conseil de la nation pour confisquer « la souveraineté populaire ».

Avec le « Panel », il a également obtenu la collaboration directe de personnalités politiques liées peu ou prou au système pour conduire une mystification, « le dialogue et la médiation pour sortir de la crise », et qui finalement n’a été qu’une marche à pas forcé pour conforter la voie choisie par le régime : l’organisation au plus vite de l’élection présidentielle.

Le contenu « du dialogue » volontairement limité aux conditions du déroulement du scrutin, les personnalités qui y ont participé, ses résultats, et dont la moindre n’est pas la désignation de Mohamed Chorfi, ancien garde des sceaux du gouvernement Bouteflika/Benflis à la tête de la nouvelle « autorité électorale » ne laisse planer aucun doute sur l’objectif et l’issue du scrutin.

« La classe politique », dans son ensemble, organisée dans trois alliances (« le forum pour le changement » ouvertement en faveur du régime, « le forum de la société civile », tentative de pont entre le régime et le Hirak et dans lequel la CSA et les associations du pouvoir ont joué un rôle décisif dans la mise en œuvre de la feuille de route du système, notamment dans la désignation des personnalités du Panel, et enfin « les forces de l’alternative démocratique », alliance composée  d’organisations ouvrières et d’avocats de la bourgeoisie et de l’impérialisme ») en se prêtant aux exigences du prétendu dialogue ont favorisé cet « état de fait ».

La CSA, les organisations et partis ouvriers, les personnalités syndicales qui se sont fourvoyés en faisant cause commune, selon les cas, avec des associations « cache sexe » du régime où avec des avocats du FMI et de la banque mondiale, ont interdit aux masses la seule voie susceptible d’exprimer leurs aspirations : la lutte pour l’assemblée constituante souveraine, trois mots introuvables dans « le pacte politique »  signé le 26 juin dernier notamment par le PT, le PST avec le RCD et l’UPC.             

La date de « leur élection présidentielle » a été fixée. Est-ce pour autant que le régime a remporté une victoire sur le peuple tout entier ? Rien n’est moins sur.

En vérité tout est encore possible !

Les marches et les manifestations de vendredi dernier dans toutes les villes du pays, le développement actuel des luttes ouvrières et citoyennes sur des revendications sociales et pour de meilleures conditions de vie, a montré que la mobilisation populaire, rassemblant des millions d’algériennes et d’algériens, est intacte. Les aspirations exprimées à gorges déployées sont aux antipodes de celles du régime. Les premières réactions au discours de Bensalah ne laissent aucun doute que le peuple va combattre.

Alors et maintenant ?

Le Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes (COSI) a toujours estimé que la force du nombre dont fait preuve le peuple algérien, aux premiers chefs les travailleurs, les étudiants et les jeunes était  insuffisante au regard de la lutte à mener contre un régime vacillant mais organisé et qu’il fallait transformer  « la force du nombre » en force organisée pour interdire au système toute capacité de manœuvre.

Dans cette voie les organisations syndicales, les partis se réclamant des travailleurs avaient  une responsabilité celle d’ouvrir la voie de la lutte indépendante et organisée, celle d’accompagner le mouvement des masses..

A vous tous qui parlez  aux noms des travailleurs rompez avec les avocats de la bourgeoisie et de l’impérialisme !  Quittez toutes les alliances contre nature ! Agissons  dans l’unité pour organiser le boycott du scrutin ! Agissons  dans l’unité pour préparer et organiser la grève générale pour en finir avec le régime et pour la satisfaction de toutes les revendications démocratiques et sociales ! Agissons dans l’unité pour mettre en place des comités populaires dans les usines, les universités, dans les quartiers ! Agissons dans l’unité pour les coordonner à tous les niveaux de la base jusqu’au niveau national  dans « l’Assemblée nationale des délégués des comités populaires » ! 

Les militants du COSI, là où ils sont, ont toujours combattu sur cette orientation qui ne prend en compte que les seules aspirations des masses. Et que veulent-elles ?

Pour une Assemblée constituante souveraine ! Pour un gouvernement des travailleurs !

Qu’est-ce qu’ont clamé nos compatriotes  depuis presque sept mois dans les rues d’Alger, de Bejaïa, de Constantine, de Annaba, d’Oran…

Qu’avons-nous tous crié par millions ? Nous avons dit d’abord « non au 5e mandat ». Et à ce mot d’ordre s’en est rapidement ajouté un autre : « Régime, dégage !  Système, dégage ! ». Oui, c’est le système politique tout entier, c’est le régime et toutes ses institutions en place qui sont mis en accusation par la mobilisation de l’immense majorité.

Ce que veut le peuple, ce n’est pas que les personnages à la tête des institutions cèdent la place à d’autres personnages, ce que veut le peuple, c’est d’autres institutions. « Système, dégage ! Régime, dégage ! » pour laisser la place à un autre régime, à un autre système.

S’il s’agit que le peuple se dote de nouvelles institutions, alors c’est au peuple d’en décider. Il n’y a pas d’autre moyen pour cela que la convocation d’une Assemblée constituante souveraine par laquelle les représentants du peuple, mandatés et contrôlés par lui décideront de ce que doivent être les nouvelles institutions de l’Algérie nouvelle.

Oui, c’est une Assemblée constituante souveraine sans limite, sans restriction autre que le respect du mandat confié par ses mandants ; une assemblée constituante non pas dans deux ans, non pas issues d’on ne sait quelles combinassions obscures et décidées d’en haut et d’ailleurs, c’est une Assemblée constituante souveraine maintenant, tout de suite, qui doit prendre l’avenir du pays entre les mains.

Il n’y a pas de réponse qui prenne en compte les aspirations démocratiques et sociales des masses en dessous de l’Assemblée constituante souveraine ; Les masses ont fait preuve de leur maturité et de leur responsabilité dans les manifestations qui se multiplient depuis près de sept mois sont  assez mûr et responsables  pour conduire un processus constituant sans tutelle, c’est au peuple de s’ériger en peuple constituant et souverain à travers son Assemblée constituante souveraine.

En même temps, le Comité d’organisation des socialistes internationalistes (COSI) qui puise ses orientations dans les leçons qu’il tire de deux siècles de luttes de classes notamment de la révolution algérienne dont l’indépendance nationale chèrement acquise  le 5 juillet 1962 a vu le peuple en être exproprié, ne cache pas que les aspirations démocratiques et sociales des masses ne peuvent être pleinement et totalement réalisées que par un gouvernement de la majorité c’est-à-dire un gouvernement représentatif des intérêts des travailleurs, des étudiants, des jeunes et des couches paupérisées des villes et des campagnes.

Car dans le combat pour une assemblée constituante souveraine se joue à la fois la revendication démocratique et la revendication nationale. Il s’agit de préserver la souveraineté du peuple et du pays, en particulier de la préserver des appétits des grandes multinationales, américaines, françaises et autres qui veulent mettre la main sur les richesses du pays ; il s’agit de restituer à la nation ce qui lui appartient, de permettre que ses richesses aillent à ceux qui les produisent et non à ceux qui en profitent et que cessent les privatisations ; il s’agit de permettre que soit renationalisé ce qui a déjà été largement cédé au privé, que soient consacrées aux urgences sociales, du logement, de l’éducation, de l’emploi, les richesses disponibles et celles qui peuvent surgir des ressources naturelles du pays ; il s’agit de préserver la paix et de résister aux pressions extérieures de ceux qui n’ont jamais renoncé à entrainer l’Algérie dans le chaos et la désagrégation provoquées par les guerres d’intervention impérialistes et néocoloniales.

Pour le Comité d’organisation des socialistes internationalistes (COSI), cette voie commence par la rupture de toutes les organisations syndicales et partis ouvriers avec la bourgeoisie et l’impérialisme, leurs agents et leurs avocats quelque soit la forme qu’ils prennent et qu’ils réalisent leur unité pour  l’organisation de la mobilisation populaire sous toutes les formes d’organisation indépendante. Dans cette phase les axes sont tirés de la lutte elle-même :

  • Refuser l’élection présidentielle du 12 décembre prochain,
  • Organiser le boycott du scrutin,
  • Appeler à la grève générale pour en finir avec le régime et la satisfaction de toutes les revendications démocratiques et sociales contre tous les plans du FMI et de la banque mondiale, la préparer et l’organiser,
  • Pour la convocation et l’élection de l’assemblée souveraine,
  • Constituer dans les usines, les universités, et les quartiers des comités populaires ; les coordonner à travers les délégués à tous les niveaux de la base au niveau national dans « l’assemblée nationale des délégués des comités populaires ».
  • Pour un gouvernement d’unité des travailleurs et de leurs organisations. 

Alger 16 septembre 2019

Déclaration du Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes d’Algérie (COSI).

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