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Les enseignants de la Fac de Tizi Ouzou dénoncent

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Le Collectif des enseignants de la Faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion (FSECSG) a rendu public le communiqué suivant que nous publions intégralement. Communiqué N°06

Le discours officiel, qu’il émane directement des tenants actuels du pouvoir ou de leurs marionnettes (les potiches du panel de la 25 heure, les pantins universitaires, les doctorisés de l3issaba), après 8 mois de mobilisation populaire, n’a pas changé d’un iota. S’attachant obsessionnellement à la Constitution – la Constitution est devenue une tabatière qu’on ouvre et qu’on ferme selon le bon vouloir du système -, insistant et surtout intimant l’ordre de convoquer le corps électoral pour le 15 septembre en vue d’organiser des présidentielles dans les plus brefs délais, ce discours est dangereusement schizophrenique, en total déphasage avec la dynamique historique en cours, laquelle aura réussi à :
– sonner le glas du système pourri d’Alger qui a empêché le peuple algérien de vivre librement et dignement dans son pays ;
– mettre en évidence la nécessité révolutionnaire d’une période de transition démocratique qui permette d’effectuer tous les changements exigés par le peuple : démantèlement du système et de sa matrice idéologico-institutionnelle, définition de nouvelles lois, de nouvelles règles, de nouveaux textes, somme toute une nouvelle Algérie, une Algérie libre, démocratique et sociale.
– disqualifier toutes les manœuvres criminelles visant à restaurer le système de l3issabat ;
– maintenir la mobilisation et le caractère pacifique de la révolution, en dépit de la répression, des arrestations, des intimidations, des provocations et des enlèvements…

Ce discours, particulièrement celui du chef de l’état-major, au ton brutal et autoritaire et aux prétentions impériales, nous renvoie aux époques des seigneurs féodaux et nous remémore tragiquement la sainte ignorance des peuples. Bien pire, ne considérant pas le temps historique que le mouvement révolutionnaire a produit, ses exigences de rupture avec le système mafieux d’Alger, sa volonté d’ouvrir de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives pour le pays, cette rhétorique de la folie, cette ritournelle de la déraison met le pays dans une situation aussi absurde qu’inédite, laquelle situation appelle plusieurs questions :
Comment est-ce possible, raisonnablement parlant, que des responsables au plus haut niveau de l’Etat, à qui le peuple demande de démissionner, se permettent d’empêcher les Algériennes et les Algériens de discuter entre eux, pendant qu’ils confient des missions de dialogue et de médiation, en déployant tous les moyens matériels de l’Etat et en engageant l’argent du trésor public prodigalement, pour financer un panel qui ne représente rien, un panel de l’absurde ? Une fable, quoi.

Cette fable de caniveau, de par sa forme et son fond, dégoute et déplait même aux esprits les plus sots. Habillée luxueusement, très tape à l’œil, elle est un trop-plein de mensonges. Elle ne peut rien contre la vérité suprême du peuple. Celle-ci n’a pas besoin d’habits, encore moins de luxes et de salons aux lambris dores. Elle est toute nue. La rue est son piédestal.

Est-il concevable et raisonnable d’écrire et de dire publiquement que c’est le peuple qui a revendiqué la tenue des élections présidentielles tout de suite ? Alors que le peuple n’a pas cessé de dire haut et fort : makach intikhabat m3a l3issabat. C’est hallucinant comme situation.

Peut-on, humainement parlant, songer un instant que le panel de la 25 heure, refusé, rejeté et désavoué par le peuple parce que issu de l3issaba, puisse piloter le dialogue et la médiation et oser synthétiser dans le rapport de la honte les revendications du mouvement révolutionnaire qu’il a essayé de contrer ? Ce cynisme vulgaire et anti-philosophique et cette ruse maladivement reptilienne ne peuvent rien contre la volonté de vérité du peuple. L’arnaque est aussi flagrante que honteuse.

Réellement le discours du pouvoir de fait est dans le travestissement de la vérité. C’est un déni de réalité terrible. Le pouvoir absolu, le pouvoir sans contre-pouvoir pousse inévitablement à l’abus de pouvoir, Montesquieu ne va pas se retourner dans sa tombe ; son hypothèse est corroborée par les preuves des faits. En termes très claires, cet abus pousse aux comportements démentiels. La psychanalyse n’est d’aucun secours, fût-elle freudienne, pour ces comportements névrotiques. La démence est à son stade ultime. Aucune guérison n’est possible.

Privé de liberté pendant longtemps et ayant résisté tragiquement à la démence de la dictature d’Alger, à ses violences, à ses injustices, à son arbitraire, à ses mensonges, à sa politique de division et de manipulation, le peuple algérien, comme un seul homme, grâce à sa détermination, à sa révolution, aura le dernier mot. Sa souveraineté s’imposera. Les lois de la dialectique historique sont implacables.

Nous, collectif des enseignants de la fac, convaincus de la cause du peuple :
– dénonçons ces manœuvres honteuses et manipulatoires, ces arrestations arbitraires et ces rapts ;
– appelons la communauté universitaire à renforcer toutes les forces et toutes les initiatives s’inscrivant dans la perspective d’une transition démocratique ;
– invitons les forces du mouvement révolutionnaire à riposter d’une façon intelligente à même de mettre en échec aussi bien les tentatives de normalisation du régime militaro-policier que son projet d’imposer des élections présidentielles par la force, l’intrigue, l’intimidation…

UMMTO, le 12 septembre 2019

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