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Chronique

Hirak : une centrale syndicale aurait fait la nuance

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Un peu d’histoire pour savoir pourquoi la centrale actuelle a fini par prendre le visage hideux que nous lui connaissons. Visage qui l’a exlu de fait des luttes en cours.

L’Ugta, fondée pour organiser les travailleurs algériens et les mobiliser autour du FLN/ALN et dans la lutte de libération nationale, elle réalisa des prodiges.

A l’indépendance, elle continua de soutenir le FLN pour construire le pays et mener à bien les fameuses Tâches d’Edification Nationales (TEN), jusqu’à ce que dans les années 1970 éclatèrent les premières grèves dans le secteur public, celles du port et de la Régie des transports algérois (RSTA), qui feront date.

A ce moment là, feu Houari Boumediene, le président du pays, a posé ou s’est posé la question de savoir « à quoi servait l’UGTA si les grèves se multiplient ».

L’UGTA fut remaniée, adaptée au contexte, elle put revendiquer, dans certaines limites. Alors, s’est ouvert une ère où on la consultait sur tout ce qui touchait à la gestion économique. Les élus des travailleurs, filtrés par l’article 120 des statuts du FLN qui obligeait les élus à être militants de ce parti, pouvaient participer à la direction des entreprises, à travers la « Gestion Socialistes des Entreprises », la GSE.

Avec la fin du « socialisme », initiée par le gouvernement « réformateur » de Mouloud Hamrouche, l’UGTA fut toujours associée aux Conseils de Direction des sociétés à capitaux publics et à leurs Conseils d’administration. Ceci, toujours dans ce rôle, adaptable aux modifications de la nature de l’Etat, de partenaire social dont l’originalité est de veiller à être un soutien sans faille aux politiques du pouvoir.

Ce sera, à ce titre, que l’UGTA sera de toutes les campagnes électorales en faveur du candidat choisi par ce qui reste du FLN.

Tant pis, si le vent hamrouchien, les « réformes », lui avait déjà fait perdre une très grande partie de sa base sociale, par le démantèlement du secteur public économique, étant donné que dans le secteur privé la notion de syndicat est inconnue ou relève du casus belli.

Ce furent, ensuite, la naissance d’une multitude de syndicats corporatistes qui viendront lui disputer sa place dans la fonction publique. Tout en divisant les travailleurs de ce secteur.

Et voilà que le pouvoir a introduit « un équilibre entre les intérêts des travailleurs et ceux des employeurs », entièrement dicté par le rapport de force imposé par le capitalisme mondial triomphant. De plus, l’UGTA ne « participe » plus à la gouvernance des entreprises publiques. Un coup dur pour sa base qui perd là une puissante motivation de promotion, sans préjudice de l’effet que la mesure produira sur le statut des syndicalistes, habitués à être introduits jusqu’ici dans les coulisses de la décision.

Pour l’UGTA, donc, le métier devient de plus en plus difficile à tenir. Quant aux patrons, il y avait comme une impression qu’ils restaient sur leur faim.

Les changements, qui ont été introduits dans le droit du travail, n’ont pas consacré la flexibilité voulue, dont l’écrasante majorité des travailleurs du secteur privé vivent l’atroce réalité en matière de non-droit. Il aurait fallu, certainement, pour les satisfaire que soit laissée toute la liberté à la relation « employeur-employé », en laissant jouer à fond la « liberté d’entreprise ».

Plus loin, avec le mouvement du 22 février, un espoir est né, de voir la base ouvrière reconstruire un syndicat de classe. Un espoir vite avorté. Les travailleurs, inaudibles, ne participent au hirak que fondus dans le nombre.

Au grand bonheur des prédateurs qui rêvent de se poser en dirigeants des manifestants et en propriétaires d’une « transition » qui leur offrira de configurer à leur guise les rouages du régime à venir.

Ahmed Halfaoui

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